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11/07/2016
Risque pays et études économiques

Les Emirats Arabes Unis entament une nouvelle ère de croissance plus faible

Les Emirats Arabes Unis entament une nouvelle ère de croissance plus faible

Malgré la diversification de leur économie, les Émirats Arabes Unis ne sont pas épargnés par la chute des prix de l'énergie et les secteurs de la distribution et du tourisme ont des défis à relever

  • La diversification de l'économie, la stabilité politique et un système financier solide limitent les effets de la baisse des prix du pétrole
  • La part des activités non liées aux hydrocarbures dans le PIB des Émirats atteint 75 % en 2015
  • Les prévisions des dépenses des ménages de nouveau en hausse pour 2016
  • Le secteur de la distribution attire les investissements directs étrangers mais fait face à des problèmes de financement et de saturation
  • Le tourisme pâtit de la dépréciation du rouble russe et de l’euro
  • La Chine et l’Inde représentent près d’un quart du commerce total des ÉAU

Les Émirats arabes unis, l'économie la plus diversifiée de la région du Golfe

Même si le secteur des hydrocarbures reste le noyau de l'économie des ÉAU, d’autres activités contribuent au produit intérieur brut, elles permettent d’atténuer les effets de la baisse des prix de l’énergie sur la croissance. En effet, depuis plusieurs dizaines d'années, les Émirats arabes unis investissent dans les infrastructures, le transport, les services financiers, le commerce et la construction, afin de renforcer le niveau de diversification de leur économie. Cette diversification se révèle indispensable depuis que les prix du pétrole ont chuté, au milieu de l’année 2014. La part des autres secteurs dans le PIB a atteint près de 75 % en 2015, contre environ 65 % au milieu des années 2000.

« L'économie des Émirats arabes unis est la plus diversifiée de la région du Golfe », souligne Seltem Iyigun, économiste spécialisée dans la région MENA pour Coface. « Son niveau relativement élevé de diversification économique l’a rendue moins vulnérable au choc des prix du pétrole. Ces efforts ont permis au gouvernement des Émirats de s’armer de solides dispositifs de sécurité financière pour continuer à soutenir d’autres secteurs, tels que l’immobilier, la construction, le commerce, la vente au détail et le tourisme. »

Outre cette diversification, les ÉAU bénéficient d'une stabilité politique et d’un système financier résistant, qui permettent de limiter les conséquences négatives de la baisse des prix de l’énergie. Pour Seltem Iyigun, « l’économie des Émirats arabes unis continue d'attirer les investisseurs internationaux grâce à un environnement commercial favorable qui repose sur une forte productivité, d’excellentes infrastructures, de solides relations avec le marché mondial et un secteur privé dynamique. »

Même si la chute des prix du pétrole a inquiété les investisseurs à la fin de l’année 2015, la consommation des ménages est restée stable, grâce à une liquidité abondante, à des taux d’intérêts bas et au maintien des recettes touristiques. Les prêts octroyés au secteur privé ont augmenté de 8,5 % sur un an en février 2016. La diversification économique du pays soutient ces prévisions, car le ralentissement du secteur pétrolier a moins d'incidence que prévu sur les niveaux d’emploi.

La distribution et le tourisme restent les secteurs clés, malgré quelques défis à relever.

 

La distribution confrontée à des problèmes de financement et de saturation

Aux Émirats Arabes Unis, les ventes de détail ont atteint 173 milliards de dirhams en 2014, soit une hausse de 6 % par rapport à 2013. En 2016, les dépenses totales des ménages devraient atteindre 267,1 milliards de dirhams, contre une estimation de 241,8 milliards de dirhams pour 2015. Cette croissance a été soutenue par le niveau élevé de revenus disponibles et une solide base de consommateurs aisés, alimentée par les habitants locaux, les expatriés et les touristes.

Seltem Iyigun estime que « le secteur de la distribution attire actuellement 23 % des entrées totales d’investissements directs étrangers aux Émirats Arabes Unis. Malgré sa saturation, le secteur de la distribution offre toujours des possibilités d'investissement, étayées par l’infrastructure robuste, l'environnement avancé et des projets de développement gigantesques»

Néanmoins, la hausse des loyers restreint les marges bénéficiaires et la baisse continue des prix du pétrole pourrait déstabiliser les investissements dans ce secteur à long terme. Les banques sont également confrontées à une détérioration des conditions d’obtention de liquidité et à une pénurie de dollars, due à la chute des dépôts des administrations publiques suite à l’effondrement des cours du pétrole.

 

Le tourisme sous pression à cause de la baisse des prix de l’énergie et la dépréciation du rouble russe et de l’euro

Aux Émirats Arabes Unis, les sommes dépensées par les visiteurs s'élèvent à 23,5 milliards de dollars en 2014 et à 26 milliards de dollars en 2015 - soit 60 % des exportations de services et 5,4 % de toutes les exportations, marchandises et services compris. Ce chiffre devrait augmenter de 3,3 % en 2016, car les le pays prévoit d’accueillir plus de 15 millions de visiteurs étrangers. Pour favoriser la construction d’hôtels de catégorie moyenne, le gouvernement a décidé d’exonérer de la taxe locale de 10 % (pour une durée initiale de 4 ans, à compter de la date de l’octroi du permis de construire) ceux dont la construction a commencé entre 2013 et 2017. Dans le secteur du tourisme aussi, les investissements devraient augmenter de 2,8 %, pour atteindre 28,2 milliards de dirhams en 2016.

Pourtant, des problèmes persistent. Au cours des deux premiers mois de 2016, le taux de remplissage des hôtels n’a pas progressé à Dubaï par rapport à l’année précédente, à 84 %. La hausse de la concurrence et un dollar fort ont tiré vers le bas le prix moyen de la nuitée, qui est passé de 272 à 237 dollars au cours de la période.

En outre, la baisse des prix de l’énergie et la dépréciation du rouble russe et de l’euro par rapport au dollar font des Émirats Arabes Unis une destination plus coûteuse pour les visiteurs russes et européens. Cette situation met sous pression les performances des sociétés du secteur hôtelier.

 

Immobilier et construction : perspectives positives

L’immobilier constitue l’un des principaux piliers de la stratégie de diversification du gouvernement des Émirats Arabes Unis. À Dubaï, les préparatifs de l’Exposition universelle de 2020 jouent un rôle moteur pour la croissance du secteur de la construction. « Malgré la baisse des prix de l’énergie, Abou Dhabi et Dubaï vont continuer à investir dans des projets d’infrastructure qui devraient attirer des promoteurs privés dans la région », indique Seltem Iyigun.

Bien que les perspectives restent positives pour la construction, le secteur ressent le ralentissement de l’économie dans son ensemble. Aux Émirats Arabes Unis, les résultats du marché résidentiel sont inférieurs à ceux des dernières années. Au total, 7 800 unités résidentielles ont été livrées à Dubaï en 2015, alors qu'au début de l’année, les promoteurs prévoyaient d’en livrer quelque 25 000.

 

Commerce : renforcement des relations commerciales entre l’Afrique et les Émirats Arabes Unis

Les investissements dans le secteur des infrastructures ont permis de créer des ports et aéroports modernes, qui comptent parmi les plus grands points d’accès des pays du Conseil de coopération du Golfe. Les ports de Dubaï permettent à eux seuls de traiter près de 55 % des échanges internes au CCG.

La hausse des échanges, au sein du CCG et avec l’Afrique, étaye également le développement du secteur commercial aux Émirats Arabes Unis. Les États du Golfe investissent massivement dans les secteurs de la construction, des infrastructures et des services, afin de diversifier leurs économies pour qu’elles ne reposent plus uniquement sur le pétrole et le gaz. D’après le FMI, la valeur totale des échanges des Émirats Arabes Unis avec l’Afrique et le Moyen-Orient est passée de 56,7 milliards de dollars en 2010 à 82,8 milliards de dollars en 2014. Les relations d’investissement entre l’Afrique et les Émirats aussi connaissent un renforcement. Les investissements, et en particulier Dubaï, représentent plus de 6 % du total des dépenses d'investissement effectuées en 2014 dans le cadre de nouveaux projets d’IDE en Afrique. L’Inde, la Chine et le Japon font partie des principaux partenaires commerciaux des Émirats arabes unis, et la Chine et l’Inde représentent à elles seules près d'un quart du commerce total des Émirats.

 

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  • Economic diversifica-tion: a buffer against lower energy prices
  • GCC currency peg: how sustainable?
  • Sector barometer

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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