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10/12/2012
Publications économiques

Suisse : l'économie plie mais ne rompt pas

Suisse : l'économie plie mais ne rompt pas
Panorama Suisse

Les investisseurs en ont fait l’un de leurs refuges favoris en cette période de crises à répétition, de la finance mondiale à la dette souveraine de la zone euro. Une stabilité politique proverbiale, une saine gestion des finances publiques, un régime fiscal complexe mais attractif, de nombreuses petites entreprises très innovantes et un marché du travail flexible. Sans oublier, bien sûr, une place financière de renom qui en fait un acteur de poids sur la scène internationale dans les activités de gestion de fortune… Autant de forces qui se transforment parfois en faiblesses.

Economie très ouverte, la confédération a été confrontée à une appréciation massive du franc suisse que seul un arrimage audacieux à l’euro a permis de limiter. Les exportateurs ont pu ainsi limiter les dégâts, tout en réduisant leurs coûts et leurs marges. Mais l’immobilier est entré dans une zone dangereuse et, s’ils ne sont pas une fatalité, les risques de bulle ne peuvent être exclus. Alors même que certains experts estiment le franc suisse encore surévalué.

Pour les banques, rouage essentiel de l’économie suisse, les temps sont moins simples que par le passé. La disparition annoncée du secret bancaire, de nouvelles régulations internationales, une baisse des marges et les risques accrus des créances hypothécaires constituent autant de défis. Très concentré entre UBS et Crédit Suisse, le secteur représente encore 5 fois la richesse nationale. Il pesait 6,6 fois le PNB en 2007.

Et en dépit d’une forte présence à l’étranger, un recentrage sur le marché domestique s’est opéré : les actifs réalisés au sein de la confédération ont progressé de 20% depuis 2007.

Il n’empêche que ce petit marché très concurrentiel où le consommateur est exigeant, à la mesure d’un fort pouvoir d’achat, demeure un test pour les candidats à l’exportation. S’ils parviennent à jouer la qualité et la rigueur pour conquérir la confiance de leurs interlocuteurs, compte tenu d’une tradition de forte confidentialité, leurs marges peuvent être conséquentes. Et le pays devrait renouer progressivement avec la croissance après avoir connu une maigre hausse de quelque 0,7% du PIB en 2012. Grâce à une consommation des ménages soutenue.

 

 

Diagnostic : l'économie suisse plie mais ne rompt pas

Les forces de l’économie suisse sont aussi ses faiblesses. Sa stabilité politique, la gestion remarquable de ses finances publiques, son régime fiscal attractif en font un des refuges favoris des investisseurs à la recherche de sécurité. Ce qui renforce la devise suisse au détriment des entreprises exportatrices et internationales et pousse le secteur immobilier dans une zone à risques. Le secteur financier s’inquiète de la disparition du secret bancaire, que certains observateurs prédisent. La confiance des ménages est ébranlée mais demeure robuste. La crise de la zone euro n’est pas résolue, l’Allemagne traverse un creux conjoncturel et l’activité dans les pays émergents, relais de croissance, ne se réamorcera que légèrement l’an prochain. Revue des grandes tendances de l’économie suisse, à la veille d’une année charnière.

 

Jan-Egbert Sturm : "une force, sa capacité d'adaptation"

Pour le directeur du Swiss Economic Institute, la reprise suisse devrait se confirmer progressivement en 2013. Mais si la structure d’un pays qui compte nombre de petites entreprise très innovantes et bénéficie d’un marché du travail flexible constitue un atout, les exportateurs ont dû réduire leurs coûts et leurs marges pour répondre à l’appréciation du franc suisse - pourtant stoppée par la politique monétaire de la Banque centrale - et à une moindre demande extérieure.

 

François Maudet : de nouveaux défis à relever pour la place financière

Les activités financières constituent un rouage essentiel de l’économie suisse. Elles représentent 10,5% du PIB, 8,1% de l’ensemble des recettes fiscales et assurent 210 000 emplois. Et, sur le plan international, elles jouent un rôle important et occupent une place majeure dans les activités de gestion de fortune, de financement du négoce de matières premières et d’assurance. La place financière suisse reste dominée par le secteur bancaire dont la gestion de fortune est l’activité phare, alors que les actifs des assurances sont relativement modestes. Enfin, les banques font face à des défis de taille : la réglementation et la baisse des marges dans les activités de gestion de fortune, la redéfinition du modèle de «banque intégrée» d’UBS et CSG et l’augmentation des risques liés aux créances hypothécaires en Suisse.

 

Philippe Brunel : "même en baisse, les actifs du secteur bancaire pèsent encore très lourd"

Très concentré, puisque UBS représente 30% des actifs et Crédit Suisse 22%, les actifs du secteur bancaire restent très importants par rapport à l’économie suisse, même si leur poids a diminué pour représenter 5 fois la richesse nationale contre 6,6 fois en 2007 souligne Philippe Brunel. Et 82% des personnes travaillant dans les banques suisses sont localisées en Suisse, alors que les avoirs de ces banques sont répartis à parts égales entre la Suisse et l’étranger.

 

Jean-Philippe Keil : une fiscalité complexe soumise à l'étroite surveillance de la population

Le système fiscal suisse est unifié au niveau fédéral pour les contribuables. Les impôts prélevés et le taux maximum de l’impôt fédéral sont prévus dans la Constitution et ne peuvent être modifiés que par un référendum.

 

Fabrice Lelouvier : "un marché test pour les exportateurs"

Le consommateur suisse est exigeant, à la mesure d’un pouvoir d’achat important. Mais si les marges bénéficiaires sont généralement conséquentes, le ticket d’entrée pour une entreprise étrangère est élevé.

 

Olivier Bel : "une confidentialité toujours forte"

Globalement, la situation est bonne, même si les cantons germanophones sont, dans l’ensemble, plus rigoureux. Compte tenu d’unetradition de confidentialité, nous avons bâti, sur la confiance, une véritable banque de données d’informations sur les sociétés.

 

Pascal Vallet : "la qualité suisse n'est pas un vain mot"

Sur ce petit marché où la qualité fait partie de la culture du pays et doit être intégrée dans toute stratégie commerciale, la confiance se construit pas à pas.

 

Jean-François Rondest : les spécificités suisses du recouvrement de créances

Comme dans l’ensemble des pays européens, le droit helvétique appartient au système de droit écrit fondé sur les codes et les lois, l’ensemble emprunt de fédéralisme incluant un partage de compétence entre la Confédération et les cantons. Un nouveau code de procédure civile unifié a levé, depuis le 1er janvier 2011, un frein à une justice sécuritaire et rapide.

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