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Bulgarie

Bulgarie

Population 7,1 millions
PIB par habitant 7377 $US
A4
Evaluation des risques pays
A3
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2015 2016 2017(p) 2018(p)
Croissance PIB (%) 3,6 3,9 3,8 3,7
Inflation (moyenne annuelle, %) -1,1 -1,3 1,1 1,6
Solde public / PIB (%) -2,8 1,6 -0,4 -0,6
Solde courant / PIB (%) -0,1 4,2 2,4 1,9
Dette publique / PIB (%) 25,6 27,8 24,6 24,2

 

(p) : prévision

POINTS FORTS

  • Fixité de la parité avec l’euro (1 euro=1,96 lev) confortée par d’importantes réserves de change
  • Base productive diversifiée
  • Faibles coûts de production : bonne compétitivité
  • Faible dette publique
  • Nombreux atouts touristiques

POINTS FAIBLES

  • Instabilité gouvernementale, morcellement du paysage politique et proximité avec les milieux d’affaires
  • Corruption et crime organisé
  • Efficacité médiocre des services publics et de la justice (influence des milieux d’affaires)
  • Mauvaise absorption des fonds structurels européens et infrastructures médiocres
  • Surveillance encore insuffisante du secteur bancaire
  • Manque de main d’œuvre qualifiée et chômage de longue durée élevé (61 % du total)
  • Faible participation des ruraux, des Roma et des seniors à l’économie
  • Une population relativement pauvre (PIB par tête = 45 % moyenne UE) et en diminution

Appréciation du risque

Une croissance soutenue par la demande interne

En 2018, la consommation des ménages restera la principale contributrice à la croissance, malgré une inflation légèrement plus élevée. Ceux-ci profiteront de la forte hausse des salaires, portée par le manque de main d’œuvre qualifiée, lié à l’inadéquation des formations et à l’émigration. La hausse du salaire minimum et la progression de l’emploi joueront aussi favorablement, alors que le chômage est à un plus bas historique (6,7 % en octobre 2017). Par ailleurs, la hausse des profits des banques et la baisse des prêts non-performants ont permis de consolider le secteur bancaire, fragilisé en 2014 par la faillite de la quatrième banque du pays. Conjuguées aux résultats satisfaisants des stress tests et à la faiblesse des taux d’intérêt, cela continuera d’encourager le crédit, aussi bien pour les ménages que pour les entreprises. L’investissement privé bénéficiera de la bonne orientation des exportations, ainsi que du regain de l’immobilier résidentiel. La construction sera également soutenue par le dynamisme des investissements publics, lié à une meilleure absorption des fonds structurels européens. L’essor du tourisme sera plus modéré, en raison de la stabilisation de la situation sécuritaire en Turquie, alors que le pays avait largement bénéficié du déclin de cette destination. Néanmoins, les exportations de biens resteront soutenues par le dynamisme de la demande dans l’Union Européenne (67 % des exportations). Elles sont toujours compétitives, car les salaires restent bas, malgré leur hausse dépassant celle de la productivité depuis 2013. Le pays exporte une grande diversité de produits tels que des céréales, des oléagineux, du tabac, de l’habillement, des médicaments, des machines, des métaux et de l’électricité.

 

Solides comptes publics et extérieurs

Le budget 2018 prévoit une hausse considérable des dépenses dans l’éducation (augmentation des salaires des enseignants), la protection sociale (augmentation des retraites) et la défense. Les investissements publics devraient augmenter de 50 %, grâce à la mise en œuvre de projets d’infrastructures avec l’aide des fonds structurels européens. En dépit de la hausse de ces dépenses, le déficit budgétaire restera faible en 2018, en raison de la hausse concomitante des recettes fiscales. Celles-ci seront dynamisées par la demande domestique, l’amélioration de la collecte de l’impôt et la cession de l’exploitation de l’aéroport de Sofia, dont les fonds sont destinés à renflouer l’entreprise publique ferroviaire, fortement endettée. Malgré le sauvetage bancaire de 2014-2015, le poids de la dette publique est resté modique. La hausse de 2016 s’explique par du préfinancement venu augmenter les réserves de l’État. Grâce au faible déficit et à une croissance supérieure au taux d’intérêt moyen, la dette devrait s’alléger.

Malgré la bonne orientation des exportations, le déficit commercial restera conséquent (5,8 % du PIB en 2017), en raison du dynamisme de la demande intérieure et de la remontée du prix de l’énergie. Ce déficit sera plus que compensé par l’excédent des services (7,4 %) généré par le transport routier et le tourisme sur les plages de la mer Noire, mais qui pourrait diminuer avec l’essor des séjours des bulgares à l’étranger. Par ailleurs, les transferts des émigrés et les subventions européennes (3,4 %) ont excédé les rapatriements de dividendes par les investisseurs étrangers et le paiement des intérêts de la dette extérieure (2,3 % du PIB à eux deux). L’excédent courant, les fonds européens et les investissements directs étrangers permettent, à la fois, d’alimenter les réserves en devises dont l’opulence (plus de 9 mois d’importations) assure la crédibilité de l’ancrage du lev à l’euro. Ils permettent également de rembourser graduellement la dette extérieure (70,7 % du PIB), essentiellement privée et dont les seuls prêts intragroupes en représentent le tiers.

 

La présidence de l’UE maintiendra une stabilité politique précaire

Suite à la défaite de la candidate qu’il soutenait lors de la présidentielle de novembre 2016, le premier ministre Boïko Borissov a démissionné. Son parti de centre droit, Citoyens pour le développement européen de la Bulgarie (GERB), a cependant remporté 32,5 % des voix aux élections législatives anticipées du 26 mars 2017, tandis que le Parti socialiste bulgare a quasiment doublé son score de 2014 en atteignant 27 %. Le Premier ministre Boiko Borissov a ainsi été contraint de former une coalition avec les Patriotes Unis qui ont obtenu 9 % des voix en regroupant trois partis ultranationalistes, dont l’extrême-droite pro-russe Atalka. Obtenue au prix de concessions budgétaires et vulnérable à des divergences en matière de politique étrangère, la stabilité toute relative de la coalition devrait cependant perdurer au détriment de la mise en place de réformes d’envergure, confirmant ainsi la dépendance constante des deux grands partis à la bonne volonté des multiples petites formations. Un accord tacite entre les différentes formations politiques permettra de stabiliser la situation politique au cours du premier semestre 2018, qui verra le pays présider le Conseil de l’Union Européenne. Néanmoins, la fréquence des élections anticipées est un facteur d’instabilité, d’autant plus que les électeurs commencent à témoigner de leur lassitude face à leur niveau de vie relativement bas, aux inégalités entretenues par une imposition uniforme de 10 %, à la corruption, au crime organisé et aux achats de vote.

 

Dernière mise à jour : Janvier 2018

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