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Burkina Faso

Burkina Faso

Population 18,4 millions
PIB par habitant 658 $US
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2015 2016 2017(p) 2018(p)
Croissance PIB (%) 3,9 5,9 6,4 6,5
Inflation (moyenne annuelle, %) 0,9 -0,2 1,5 2,0
Solde public* / PIB (%) -1,6 -2,4 -4,6 -3,6
Solde courant / PIB (%) -8,0 -6,8 -7,2 -7,1
Dette publique / PIB (%) 33,4 35,7 36,5 37,7

 

* dons inclus (p) : prévision

POINTS FORTS

  • Premier producteur de coton en Afrique
  • Pays exportateur d’or (5e producteur d’Afrique)
  • Membre de l’Union Economique et Monétaire d’Afrique de l’Ouest (ce qui assure la stabilité du franc CFA, fixe par rapport à l’euro)
  • Taux de chômage faible (4 %)
  • Soutien de la communauté financière internationale (un des premiers pays à avoir bénéficié de l’initiative PPTE)

POINTS FAIBLES

  • Économie fortement exposée aux aléas climatiques
  • Importance du secteur informel
  • Vulnérabilité à l’évolution des cours du coton et de l’or
  • Forte dépendance à l’aide extérieure
  • Faiblesse des infrastructures électriques
  • Pression démographique, taux de pauvreté très élevé, indice de développement humain très faible

Appréciation du risque

 

Forte croissance en lien avec la construction et l’activité minière

La croissance a repris en 2016 et en 2017, après deux années d’instabilité politique, de mauvaise pluviométrie et de cours assez faibles des matières premières. En 2018, elle se maintiendra à un niveau élevé, poussée par la production aurifère et les investissements publics. La construction d’une route reliant les capitales de la Côte d’Ivoire et du Burkina Faso (Yamoussoukro et Ouagadougou) devrait débuter en 2018. Le coût estimé du projet côté burkinabé est de 1 200 milliards de francs CFA (1,83 milliard d’euros) et sera vraisemblablement financé dans le cadre d’un partenariat public-privé (PPP). Les réformes pour favoriser ce type de contrat ont eu lieu en 2017 et davantage de services publics devraient être assurés par des entreprises privées dans les années à venir. La consolidation, en 2018, du secteur du bâtiment et travaux publics semble donc à l’ordre du jour et les chefs d’entreprise du secteur sont confiants. Par ailleurs, la BAD a approuvé le Document de Stratégie Pays (DSP) 2017-2021, qui entre dans le cadre du Plan National de Développement et Social (PNDES) 2016-2020, qui favorisera la croissance en développant les secteurs de l’énergie et de l’agriculture. Ce dernier secteur sera favorisé par la mise en fonctionnement d’agropoles à Samendéni-Sourou et Bagrépôle. La centrale solaire de Zagtouli, inaugurée fin 2017, dont le financement a bénéficié des prêts de la Banque Africaine de Développement (BAD) et de l’Agence Française pour le Développement (AFD), va permettre au pays de produire plus de 100 megawatts d’électricité par an. L’activité aurifère, la plus importante du pays, devrait continuer à être dynamique avec les résultats positifs des nouveaux entrants sur le marché en 2017. La consommation privée sera soutenue par la stabilité des prix des denrées alimentaires, la baisse du chômage et la hausse des salaires réels.

L’inflation, très sensible aux variations des prix alimentaires, donc aux conditions climatiques, devrait légèrement augmenter en 2018, mais sera contenue par la politique monétaire de l’UEMOA.

 

La soutenabilité du déficit budgétaire dépend des aides extérieures

Le déficit budgétaire devrait cesser de se creuser et se maintenir à un niveau raisonnable en 2018, grâce aux dons, qui représentaient 18 % des recettes de l’État en 2016. Les recettes sont en constante croissance, notamment les taxes sur les biens et services. En face, les dépenses courantes ont augmenté de 31,4 % au deuxième trimestre de 2017. C’est une conséquence directe de la mise en œuvre de la loi 081 qui établit un nouveau classement indiciaire des rémunérations du personnel. Le gouvernement peine à atteindre les critères de convergence de l’UEMOA en termes de déficit budgétaire, de masse salariale et de pression fiscale. Le financement du déficit provient à 74 % de l’extérieur, principalement de bailleurs de fonds internationaux (BAD, FMI, BM), le secteur bancaire domestique demeurant très précaire.

Malgré l’augmentation des commandes de biens intermédiaires et d’équipements dans le cadre du PNDES, la facture d’importation ne devrait pas fortement augmenter, dépendant majoritairement du cours du pétrole, ainsi que de celui des produits alimentaires. L’or et le coton sont les deux principales exportations du pays (respectivement 64 % et 16,1 % en 2016). La dette extérieure publique (23,2 % du PIB en 2016) reste principalement financée par des prêts concessionnels de bailleurs de fonds internationaux.

 

La transition politique post-Compaoré face au défi sécuritaire

En octobre 2014, la scène politique a été déstabilisée par le soulèvement populaire (contre une réforme constitutionnelle permettant au président de se maintenir ad vitam aeternam) qui a provoqué la chute de Blaise Compaoré, au pouvoir depuis 1987, puis la tentative de coup d’État militaire contre le gouvernement de transition en septembre 2015. Roch Marc Christian Kaboré a été élu président avec 53,5 % des voix fin 2015. Son parti, le Mouvement pour le Progrès du Peuple (MPP), a remporté les élections locales en 2016. A cause de violences et de troubles qui ont empêché le bon déroulement du vote dans dix-neuf départements, un scrutin partiel a dû être organisé en 2017 pour la répartition des 814 sièges non attribués et a vu le MPP accroître son avance. La position du MPP reste néanmoins vulnérable, dans un contexte de tensions ethniques locales et dans un pays fortement touché par la pauvreté, le chômage et la corruption. Les soutiens du Président Compaoré restent à l’affût du moindre faux pas du gouvernement.

La mauvaise qualité des infrastructures, la difficulté d’accès au crédit et la fragilité du système financier contribuent à un environnement des affaires difficile (146e sur 190 selon l’étude Doing Business 2017 de la Banque Mondiale). La sécurité régionale demeure un des principaux défis du pays, attaqué plusieurs fois depuis 2015, notamment au nord. La dernière attaque en date est celle d’un restaurant d’Ouagadougou qui a fait dix-huit morts et une dizaine de blessés en août 2017. La menace présentée par les groupes islamistes dans le Sahel constitue un défi à la stabilité politique et un frein à l’investissement globalement en progrès. Afin de lutter contre Al Qaida au Maghreb Islamique (AQMI), les pays du G5 du Sahel (Mali, Mauritanie, Niger, Tchad et Burkina Faso) ont décidé, en 2017, de créer une force anti-terroriste qui bénéficiera de la formation et du soutien logistique du Maroc, ainsi que du soutien financier de l’Union Européenne (50 millions EUR).

 

Dernière mise à jour : Janvier 2018

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