Coface Group
Burundi

Burundi

Population 9,6 millions
PIB par habitant 325 $US
E
Evaluation des risques pays
E
Environnement des affaires
Changer de pays
Comparer les pays
Vous avez déjà sélectionné ce pays.
0 pays sélectionnés
Vider
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Comparer

Synthèse

principaux Indicateurs économiques

Principaux indicateurs économiques 2015 2016 2017(p) 2018(p)
Croissance PIB (%) -3,9 -0,6 -1,5 0,9
Inflation (moyenne annuelle, %) 5,5 5,5 15,7 13,2
Solde public* / PIB (%) -14,1 -9,1 -11,1 -11,8
Solde courant / PIB (%) -22,0 -17,1 -14,1 -14,2
Dette publique / PIB (%) 46,0 47,2 57,1 65,7

 

* hors dons (p) : prévision

POINTS FORTS

  • Richesses naturelles (café, thé, or)
  • Annulation de 75 % de la dette publique extérieure en 2009
  • Membre de la Communauté de l’Afrique de l’Est (CAE)

POINTS FAIBLES

  • Enracinement de la crise politique débutée en 2015
  • Suspension de l’aide internationale à la suite de la crise politique
  • Tensions frontalières avec le Rwanda
  • Économie peu diversifiée et vulnérable aux chocs externes
  • Enclavement géographique
  • Activité bridée par le manque d’infrastructures et d’accès à l’électricité

Appréciation du risque

L’économie burundaise mise à genou par la crise politique

Après trois années de récession, l’économie burundaise devrait timidement renouer avec la croissance en 2018. Néanmoins, l’incertitude politique et les sanctions infligées par l’Union Européenne, principal bailleur de fonds du pays, devraient continuer à peser sur l’activité. Une pénurie de carburant à l’échelle nationale en 2017, provoquée par l’épuisement de devises étrangères, est l’illustration d’une économie à l’arrêt. L’augmentation des prix, notamment des biens importés, étrangle une consommation des ménages sur laquelle repose l’essentielle de la croissance. L’inflation, même si elle devrait bénéficier du ralentissement de la dépréciation de la devise nationale, devrait rester élevée en 2018 et continuer à éroder les maigres revenus des burundais. Les campagnes de récolte 2017/2018 du café et du thé, principaux produits d’exportations du pays (près de 48 % des revenus d’exportations en 2016), devraient, certes, être plus favorables que les précédentes, mais ne suffiront pas à soulager un pays dont la population compte parmi les plus pauvres du monde (PIB par tête en 2016 de 325 USD ). Les faibles ressources de l’État servant essentiellement au maintien de l’ordre, la dépense publique n’apportera qu’un soutien minime à la croissance. Les tensions toujours élevés ne permettraient pas un rebond de l’investissement privé, complétant ainsi le sombre tableau de l’économie burundaise.

 

En l’absence des aides internationales, les déséquilibres subsistent

La pression sur les comptes publics devrait persister en 2018. La mobilisation des recettes devraient rester faible : les revenus fiscaux se maintiennent seulement grâce à des taxes qui asphyxient le pouvoir d’achat des ménages burundais, tandis que la collecte des recettes non-fiscales, amputées des dons, devrait rester médiocre. Privé du soutien des bailleurs de fonds internationaux, qui sert essentiellement au financement des infrastructures, les dépenses en capital demeureront modiques. Ainsi, ce sont les dépenses courantes qui continueront à peser sur la balance globale.

Le déficit courant, accentué par la suspension de l’aide de l’Union Européenne, restera sous pression en 2018. Dépendant des importations, le Burundi souffre d’une balance commerciale structurellement en déficit qui pèse sur le déficit courant. En 2018, malgré une probable hausse de production du café et du thé, la valeur des exportations devrait souffrir d’une évolution peu favorable des cours de ces deux denrées.

Mis sous pression par les déficits jumeaux, le franc burundais devrait continuer à se déprécier. Déjà fragilisée par les faibles revenus, la dépendance à l’aide internationale et la faible base des exportations avant la crise politique, la dette est d’autant plus exposée à un risque de surendettement. Finançant son déficit extérieur et une partie de son déficit budgétaire par l’endettement, le Burundi voit ses ratios de la dette publique se dégrader. La dette domestique, contractée essentiellement auprès de la Banque Centrale, augmente notamment très rapidement et compte désormais pour plus de 65 % de l’encours total de la dette, alors qu’elle représentait encore moins de 50 % fin 2013.

 

Une situation politique toujours dans l’impasse

Les tensions consécutives à la décision du président Pierre Nkurunziza de briguer un troisième mandat en 2015 et sa réélection, violant ainsi la constitution, ne s’évanouissent pas. Malgré les dénégations du pouvoir, les témoignages de violences, devenues « plus clandestines, mais tout aussi brutales » selon un rapport publié en 2017 par l’ONU, ne faiblissent pas. Les Nations Unies et les ONG continuent de dénoncer les violations des droits de l’homme et le système répressif mis en place par le parti au pouvoir (CNDD-FDD). Depuis avril 2015 et le début de la crise, ce sont ainsi près d’un demi-million de burundais qui ont fui les violences et le marasme économique dans lequel s’enfonce le Burundi. Devenu effectif en octobre 2017, le retrait du Burundi de la Cour Pénale Internationale (CPI) n’affecte en rien la poursuite des examens préliminaires lancés par l’instance internationale. La crise politique a annihilé les efforts réalisés pour améliorer un environnement des affaires fortement dégradé.

Le gouvernement du Burundi se refuse à toute coopération avec les partenaires internationaux, accentuant l’isolement du pays. La crise actuelle exacerbe les tensions diplomatiques, y compris dans la région des Grands Lacs où les frontières poreuses, l’instabilité politique et les conflits ethniques ont régulièrement fait des ravages.

 

Dernière mise à jour : Janvier 2018

Haut de page
  • English
  • Français