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Érythrée

Érythrée

Population 6,7 millions
PIB par habitant 694 $US
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Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2014 2015  2016(p) 2017 (p)
Croissance PIB (%) 1,7 0,3 2,2 3,4
Inflation (moyenne annuelle) 12,3 12,5 12,0 11,7
Solde budgétaire / PIB (%) -14,6 -10,7 -10,3 -9,9
Solde courant / PIB (%) -2,4 -3,4 -4,1 -4,5
Dette publique / PIB (%) 126,5 127,1 125,5 127,4

 

(p) Prévisions

POINTS FORTS

  • Importantes ressources minières (potasse, cuivre, or, argent, zinc)
  • Position stratégique le long de la mer Rouge

POINTS FAIBLES

  • Lourds déficits publics et extérieurs
  • Niveau d’endettement critique
  • Pays au ban de la communauté internationale
  • Situation préoccupante des droits de l’homme
  • Climat des affaires très difficile

Appréciation du risque

Une croissance dépendante du secteur minier

En raison de la fermeture du pays aux institutions internationales, il est difficile d’obtenir des données fiables sur l’économie érythréenne.

La croissance augmenterait en 2017. La consommation privée, bien qu’elle puisse tirer un certain soutien des transferts de la diaspora, demeure dépendante des aléas climatiques, 70 % de la population active tirant l’essentiel de ses revenus de l’élevage et de l’agriculture. Ce secteur connaitrait toutefois un développement erratique, les engagements des pays donateurs étant limités eu égard aux besoins d’optimisation de l’activité agricole. Cette dernière a de plus été mise à mal par l’épisode de 2016 d’El Niño, plongeant une grande partie de la population dans l’insécurité alimentaire. Le secteur minier, qui se développe dans le cadre de la création de co-entreprises associant la société publique des mines du pays et des sociétés en majorité chinoises, devrait continuer à guider la croissance dans les années à venir. Celle-ci restera toutefois en deçà de son potentiel du fait de la mauvaise gestion gouvernementale, d’un détournement des ressources au profit de l’armée et d’un manque d’investissement en dehors du secteur des mines. La mine de Bisha (cuivre, zinc) constitue actuellement la principale source de revenus de l’Etat (via les taxes et sa participation de 40 %), le cuivre étant, par ailleurs, le premier poste d’exportation du pays (30 % du total des ventes à l’étranger en 2014), devant les produits de la mer.

L’exploitation de la mine d’or de Koka a commencé en 2016 et l’entrée en production de la mine de cuivre, zinc, or et argent d’Asmara devrait intervenir courant 2017. Ce projet important consolidera la position de la Chine (la mine sera désormais exploitée, en coopération avec l’opérateur public, par une entreprise publique chinoise et non plus un groupe canadien) en tant que premier investisseur, créancier et partenaire commercial du pays. Il permettra de réduire la dépendance de l’Etat à l’égard des recettes provenant de la mine de Bisha. Enfin, le projet de la mine de potasse de Colluli table sur un démarrage de la production, au mieux, en 2018.

Les entreprises chinoises restent impliquées dans des projets d’infrastructures. A ce titre, la centrale électrique d’Hirgigo a été réhabilitée en 2016 et les travaux d’agrandissement du port de Massawa sont encore en cours de réalisation.

L’inflation reste élevée en raison du financement d’une partie du déficit public par la création monétaire. La stabilité des cours mondiaux des denrées alimentaires (premier poste d’importation) conjuguée à la reprise modérée de la production agricole en 2017 aurait un impact à la baisse mais limité sur l’évolution des prix. Cette inflation, exacerbée par la pénurie de devises, est responsable d’une surévaluation du nakfa, ancré au dollar américain.

 

Un niveau d’endettement public critique

Les dépenses publiques sont grevées par le budget militaire, les revenus évoluant, de leur côté, au gré de la production et des cours miniers. L’endettement public se situe à un niveau préoccupant, d’autant plus que les relations difficiles avec les bailleurs de fonds empêchent le pays de bénéficier de l’allègement de dette auquel il pourrait potentiellement prétendre dans la cadre de l’initiative PPTE (la dette extérieure est toutefois limitée par rapport à celle d’origine domestique).

S’agissant des comptes extérieurs, les exportations de cuivre et de zinc devraient progresser en 2017 en lien avec la hausse de la production. De plus, les cours des métaux de base devraient se stabiliser après la baisse enregistrée ces dernières années. Néanmoins, la demande chinoise (2eme client après l’Inde) tend à ralentir. En outre, les investissements dans le secteur minier devraient entraîner une hausse des importations de biens d’équipement et de services, et la facture pétrolière devrait croître du fait de la hausse modérée des cours du pétrole. Le solde du compte courant devrait donc se détériorer, d’autant plus que les sanctions imposées par les Nations Unies continueront à peser sur les envois de fonds des expatriés.

 

Des relations avec la communauté internationale très dégradées

Le Président Issayas Afeworki, à la tête du pays depuis 1993, et le parti unique du pays concentrent tous les pouvoirs. Le régime a supprimé la plupart des libertés et la situation des droits de l’homme est préoccupante. En effet, un rapport de juin 2016 émis par l’ONU accuse le régime en place de crimes contre l’humanité. L’Erythrée fut, en 2014, le cinquième pays source de réfugiés au monde (4,5 % de la population). Nombre d’entre eux cherchent à échapper au service militaire à durée illimitée institué depuis la guerre contre l’Ethiopie (1998-2000).

Les relations de l’Erythrée avec la plus grande partie de la communauté internationale restent tendues, comme le montre la reconduction des sanctions des Nations-Unies pour 2017 (le pays est notamment soupçonné de soutenir des groupes armés tels que les Shebab en Somalie et les mouvements rebelles éthiopiens). L’UE continue toutefois d’accorder une aide financière et les relations avec la Chine restent solides. Par ailleurs, le pays cherche à diversifier ses relations diplomatiques en se rapprochant du monde arabe.

Le développement économique demeure entravé par un environnement des affaires très difficile (le pays ressort à l’avant dernière place du classement Doing Business de la Banque mondiale).

 

Dernière mise à jour : Janvier 2017

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