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Estonie

Estonie

Population 1.3 million
PIB par habitant 17786 $US
A2
Evaluation des risques pays
A1
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

Principaux indicateurs économiques 2015 2016 2017(p) 2018(p)
Croissance PIB (%) 1,7 2,1 4,1 3,6
Inflation (moyenne annuelle, %) 0,1 0,8 3,8 3,3
Solde public / PIB (%) 0,1 0,3 0,1 -0,7
Solde courant / PIB (%) 2,3 1,9 1,7 1,4
Dette publique / PIB (%) 10,0 9,4 8,7 8,8

 

(p) : prévision

POINTS FORTS

  • Comptes publics équilibrés et faible endettement
  • Appartenance à la zone euro et à l’OCDE
  • Liens commerciaux, financiers et culturels étroits avec la Scandinavie
  • Quasi-autosuffisance énergétique grâce aux schistes bitumineux
  • Développement de secteurs à forte valeur ajoutée (électronique, services informatiques)
  • Environnement des affaires très favorable
  • Numérisation des procédures administratives
  • Flexibilité de la politique économique

POINTS FAIBLES

  • Petite économie ouverte sensible aux chocs externes
  • Baisse de la population active et pénurie de main d’œuvre qualifiée
  • Baisse de la compétitivité et de la rentabilité : le coût du travail progresse plus vite que la productivité
  • Manque de liaisons terrestres avec le reste de l’Union européenne
  • Manque d’innovation et de production à forte valeur ajoutée
  • Inégalités de revenu et persistance de la pauvreté, notamment dans les régions orientales à majorité russophone

APPRECIATION DU RISQUE 

Croissance portée par une demande intérieure dynamique

En 2018, le dynamisme de la demande domestique devrait continuer de soutenir la croissance, grâce à la progression de la consommation privée, moteur traditionnel de l’activité, mais surtout à l’investissement (public et privé) qui connaîtrait une forte expansion. La croissance rapide des salaires et l’augmentation des prestations sociales pour les familles et les retraités favoriseraient la consommation des ménages. Néanmoins, la baisse continue de la population active semble limiter de nouveaux gains en termes d’emplois. De plus, la hausse des salaires serait, en partie, érodée par l’augmentation de l’inflation et la hausse des droits indirects sur l’alcool, le tabac, le carburant et l’hôtellerie-restauration.

Avec le retour des fonds européens depuis 2017, l’investissement public dans les infrastructures poursuivrait sa progression, tout comme l’investissement privé en équipements, du fait du taux élevé d’utilisation des capacités de production confrontées à une demande extérieure bien orientée et absorbant 70 % de la production industrielle. De plus, les entreprises jouissent d’une exonération d’impôt pour leurs profits réinvestis. Le secteur de la construction profitera largement de la hausse de ces investissements. Les exportateurs ont fini par digérer l’impact de la récession et des contre-sanctions russes. Les produits laitiers, le poisson et l’alcool, dont la Russie était friande, ont trouvé des marchés de substitution, en Scandinavie, mais également hors d’Europe, aidés par la dépréciation de l’euro. En outre, la société suédoise Ericsson continue de se fournir en équipements de télécommunication estoniens. Par contre, l’activité de transport ferroviaire et routier pâtit de la baisse du transit de biens d’équipement à destination de la Russie, d’autant que cette dernière favorise ses ports.

 

Excellence des comptes publics et extérieurs

La situation des finances publiques est excellente, même si la progression des dépenses courantes et la poursuite de l’augmentation des dépenses de défense (2,1 % du PIB prévu en 2018) entraîneraient un faible déficit, financé par les réserves qui, d’ailleurs, dépassent la dette. Les dépenses se concentreraient principalement dans des projets d’infrastructures, notamment de transport, et dans l’amélioration des services publics (numérisation, innovation). Le gouvernement s’attachera également à pallier à sa faible démographie, via une initiative permettant d’attirer des jeunes talents de pays étrangers.

Le déficit commercial (4,6 % du PIB en 2016) est largement compensé par l’excédent des services, notamment informatiques, touristiques, technologiques ou transitaires (8,2 % du PIB). Les rapatriements de dividendes par les investisseurs suédois, finlandais et néerlandais, très présents dans la grande distribution, l’immobilier, la finance, mais aussi l’industrie, dépassent de peu les rentrées provenant des investissements estoniens à l’étranger. Les remises des expatriés égalent celles des travailleurs étrangers présents en Estonie. Les fonds structurels européens destinés à l’investissement représentent en moyenne chaque année 3 % du PIB. Les importants investissements directs étrangers ont pour contrepartie les non moins importants investissements directs estoniens et investissements de portefeuille effectués à l’étranger par les fonds estoniens de retraite. La dette extérieure représentait 85 % du PIB fin juillet 2017, mais la part publique étant faible, le solde est donc constitué par l’endettement du secteur privé non financier. De plus, la dette est plus que compensée par les actifs des fonds de pension à l’étranger.

 

Une importante minorité russe, mais indépendance énergétique

Après un vote de défiance intervenu en novembre 2016 suite à désaccords sur la politique économique et sociale, Taavi Rõivas et le Parti réformateur, formation libérale de centre droit au pouvoir depuis 2001, ont cédé la place à une coalition formée autour du chef du Parti du centre, Jüri Ratas. Elle réunit aussi les socio-démocrates (SDE) et les conservateurs de Pro Patri ares Publica (IRL), pourtant participants au précédent gouvernement. Cette coalition inédite a été rendue possible par le changement de direction au sein du Parti du centre, représentation politique de la minorité russophone (1/4 de la population) dont le précédent dirigeant était jugé pro-russe et anti-OTAN, donc infréquentable. Malgré la faible majorité de cette coalition, celle-ci devrait rester en place jusqu’aux prochaines élections, en 2019, compte tenu des bonnes performances économiques du pays. En outre, la politique pro-européenne et la fermeté vis-à-vis de la Russie demeureront. Le pays jouit d’une relative indépendance énergétique grâce à l’exploitation des schistes bitumineux dont le pays est le premier producteur mondial, et qui couvrent une grande partie des besoins en électricité. De plus, même si le gaz russe assure 10 % des besoins en énergie du pays, le pays est relié au terminal gazier lituanien de Klaïpeda qui couvre près de 30 % de sa consommation gazière. Enfin, l’environnement des affaires est bon, même si le règlement de l’insolvabilité peut être laborieux.

 

Dernière mise à jour : Janvier 2018

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