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Haïti

Haïti

Population 10,711 millions
PIB par habitant 813 $US
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Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques (1)

  2013/14 2014/15  2015/16 (e) 2016/17**(p)
Croissance PIB (%) 2,8 1,2 1,5 1,9
Inflation (moyenne annuelle) 6,8 3,9 7,4 8,9
Solde budgétaire(2) / PIB (%) -7,2 -6,3 -2,7 -2,3
Solde courant(2) / PIB (%)  -6,3 -6,3 -4,3 -3,4
Dette publique(2) / PIB (%) 21,4 26,6 26,4 26,4

 

(e) : estimation (p) : prévision * dons inclus
Année fiscale du 1er octobre au 30 septembre
**Les prévisions pour 2016-2017 ne prennent pas en compte l’impact de l’ouragan Matthew

POINTS FORTS

  • Programmes de développement et de reconstruction définis avec les bailleurs de fonds
  • Appartenance à diverses organisations régionales (Association des États des Caraïbes, Organisation des États Américains, CARICOM, CARIFORUM)

POINTS FAIBLES

  • Faible niveau de développement et extrême pauvreté (classé 163éme sur 188 en termes d’IDH)
  • Forte vulnérabilité aux catastrophes naturelles (séismes, ouragans…)
  • Déclin de l’aide internationale depuis le séisme de 2010 (de 16,5% du PIB en 2011 à 5,6% en 2015)
  • Déficit d’infrastructures
  • Instabilité politique et insécurité
  • Dépendance énergétique
  • Dépendance aux transferts des migrants et aux dons internationaux
  • Gouvernance et environnement des affaires défaillants

Appréciation du risque

L’ouragan Matthew assombrit des perspectives économiques faibles

En 2016, la croissance haïtienne a faiblement accéléré. Souffrant déjà d’une croissance lente et d’un environnement politique incertain, les perspectives de croissance pour 2017 ont été largement dégradées par l’ouragan Matthew qui a frappé l’île le 4 octobre 2016. Le bilan humain atteste de la violence de la catastrophe climatique et fait état de plus de 500 morts, de 1,4 million d’habitants en situation d’urgence humanitaire et d’une résurgence de l’épidémie de choléra, arrivée après le séisme de 2010. Le bilan économique s’annonce également désastreux avec des infrastructures et capacités productives décisives détruites dans une partie d’un pays qui se relève à peine des dégâts provoqués par le tremblement de terre de 2010, de sécheresses successives et du déclin de l’aide extérieure. Les estimations préliminaires des dégâts atteignent 1,9 milliards de dollars, soit près de 25% du PIB. L’incertitude politique prolongée ralentirait les flux financiers et les investissements.
Après une forte hausse en 2016 suite à une flambée des prix alimentaires et la dépréciation de la gourde, l’inflation devrait encore accélérée en 2017. Les prix des produits alimentaires devraient augmenter à cause des dégâts infligés aux plantations. De plus, la dépréciation continuera d’alimenter une inflation des biens importés qui représentent 70% du panier.

 

L’ouragan devrait creuser les déficits jumeaux

Dans le cadre du programme du FMI, des progrès de consolidation budgétaire ont été réalisés menant à une baisse notable du déficit au cours de l’exercice fiscal 2015-2016. Néanmoins, les dépenses liées à la reconstruction de l’île auront un impact significatif sur le déficit. Compte tenu des faibles revenus du gouvernement, Haïti devrait s’appuyer sur l’aide extérieure pour reconstruire l’île. Néanmoins, le support financier devrait être difficile à obtenir car la mauvaise gestion des fonds alloués suite au tremblement de terre de 2010 alimenterait la réticence des donateurs. Dans les semaines qui ont suivi l’ouragan, la communauté internationale ne s’est pas mobilisée comme en 2010. L’assistance du fonds vénézuélien Petrocaribe, s’est effondrée avec les faibles cours de pétrole et la dégradation de la situation politique au Venezuela. Dans le but de prousuivre les efforts budgétaires consentis jusqu’à présent, les autorités se sont toutefois engagées à maintenir le déficit, hors ouragan, à 2,3% du PIB. La dette publique devrait, malgré cet engagement, grimper rapidement.
Le déficit courant se détériorerait également avec la recrudescence d’importations pour soutenir la reconstruction. La destruction d’une partie des capacités de productions affecterait également des recettes d’exportations, déjà faibles. Le déficit commercial sera donc la principale cause de la dégradation du solde courant. La Facilité de Crédit Rapide (FCR) de 41,6 millions de dollars octroyée par le FMI vise spécifiquement à atténuer une détérioration trop brutale du déficit courant. Les transferts des expatriés haitiens, principale contribution positive à la balance courante, devraient également augmenter en 2016-2017.

 

Les élections présidentielles ne dissipent pas l’incertitude politique

Reprogrammées pour le 9 octobre 2016, soit cinq jours après le passage de l’ouragan Matthew, les élections présidentielles, dont le premier tour avait été annulé en octobre 2015 suite aux accusations de fraudes, ont finalement eu lieu le 20 novembre 2016. Jovenel Moïse, choisi par l’ex-chef de l’Etat Michel Martelly pour lui succéder à la tête du Parti haïtien Tet Kale (PHTK), a été déclaré vainqueur avec 55,67% des voix d’après les résultats préliminaires de la Commission électorale provisoire (CEP). Le pays était plongé dans l’incertiude politique depuis le report de l’élection et malgré la désignation d’un gouvernment de transition pour succéder à Martelly en février 2016. Néanmoins, l’élection de J. Moïse, déjà arrivé en tête à l’issue du scrutin annulé, ne devrait pas mettre un terme à l’instabilité politique. Seulement signé par 6 des 9 membres de la CEP, les résultats seront certainement source de contestations de la part des 26 adversaires de J. Moïse. Des violences ont éclaté sporadiquement dans les rues de Port-au-Prince après la tenue du scrutin et l’annonce des résultats. Avec seulement 21,7% des électeurs s’étant rendu aux urnes, la légitimité de J. Moïse est d’ores et déjà mise à mal. De plus, les plans de M. Moïse pour gouverner son pays sont flous. La fragmentation de la scène politique haïtienne illustrée par la segmentation de la chambre des députés ne devrait par offrir une majorité parlementaire au nouveau président qui sera donc entravé dans la mise en oeuvre des réformes socioéconomiques. En réponse à ce climat instable, le mandat de la mission des Nations Unies pour la stabilisation d’Haïti (Minustah) a de nouveau été prolongé pour faciliter le processus de transition politique et la reconstruction. La Mission, contestée par la population locale, est cependant l’objet de nombreuses controverses. Dans un environnement des affaires déjà critique (181ème sur 190 dans l’étude Doing Business 2017 de la Banque Mondiale), l’incertitude politique continuerait de peser.
Sur le plan diplomatique, en dépit de la solidarité entre les deux nations de l’île caribéenne d’Hispaniola suite au passage de l’ouragan, les relations avec la République Dominicaine sont toujours tendues depuis la décision en 2013 de la justice dominicaine de retirer la nationalité aux citoyens d’origine étrangère nés après 1929.

 

Dernière mise à jour : Janvier 2017

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