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Maurice

Maurice

Population 1,2 million
PIB par habitant 9 141 $US
A4
Evaluation des risques pays
A3
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2014 2015  2016(p) 2017(p)
Croissance PIB (%) 3,6 3,6 3,8 3,8
Inflation (moyenne annuelle) 3,2 1,3 1,0 3,2
Solde budgétaire / PIB (%) -3,2 -3,6 -3,3 -3,6
Solde courant / PIB (%) -5,6 -5,0 -4,3 -8,1
Dette publique / PIB (%) 56,2 62,3 62,7 63,0

(p) Prévisions

POINTS FORTS

  • Forte activité touristique
  • Bilinguisme anglais/français
  • Solidité du système bancaire
  • Institutions démocratiques et gouvernance efficace

POINTS FAIBLES

  • Dépendance commerciale et économique envers l’Europe (tourisme, construction)
  • Infrastructures défaillantes dans certaines régions
  • Manque de travailleurs qualifiés

Appréciation du risque

 

Une croissance exposée aux risques liés au Brexit

L’économie mauricienne, organisée autour de quatre secteurs clés (tourisme, textile, sucre, finance) est dominée par les services (plus de 70 % du PIB). En dépit des efforts de diversification destinés à attirer les voyageurs d’autres pays, l’activité de l’île est très dépendante de celle des pays européens, d’où sont originaires plus de 60 % des touristes, en particulier de France (plus de 20 %) et du Royaume-Uni (plus de 10 %). Les flux de touristes (+3,6 % au T1 2017) devraient ralentir en comparaison avec 2015 (+9,6 %) et 2016 (+10,7 %) alors que la croissance européenne, et particulièrement britannique, est modérée. L’activité dans le secteur des services associés au tourisme devrait en conséquence peu progresser. Le secteur de la construction, qui s’est contractée en 2016, pèsera probablement encore sur la croissance en 2017.

L’amendement des dispositions de l’accord de non double imposition conclu avec l’Inde en mai 2016, en alourdissant la fiscalité pour les investisseurs indiens, pourrait peser sur les flux d’investissements, en particulier dans le secteur financier. Les exportations (-6 % au T1 2017) devraient continuer à souffrir d’une demande faible au Royaume-Uni, limitant la contribution des échanges extérieurs à la croissance.

Une politique budgétaire relativement expansionniste devrait cependant soutenir l’activité en ciblant des secteurs spécifiques dans le cadre d’un programme de diversification de l’économie (Vision 2030). En conséquence, la croissance en 2017 devrait rester stable.

L’inflation devrait augmenter en raison de la hausse des prix du pétrole importé et de l’alimentation.

 
Les déficits budgétaire et courant se creusent

La politique budgétaire devrait être relativement expansionniste pour tenter de dynamiser l’économie mauricienne. L’Etat devrait intervenir dans la réalisation de projets d’infrastructures, en particulier dans le domaine des transports et soutenir le développement de nouveaux secteurs (industrie cinématographique) dans le cadre de son programme de diversification économique. Cette hausse des dépenses ne devrait pas être compensée par une progression des recettes, puisque le gouvernement a annoncé des baisses d’impôts, notamment en faveur des sociétés,  dans le budget 2017. Les PME verront, par exemple, la taxe sur les profits de leurs exportations passée de 15 % à 3 %. Avec une croissance stable, les revenus fiscaux ne devraient progresser que modestement. Toutefois, des dons, notamment de l’Inde (une ligne de crédit de 500 millions de dollars notamment), devraient participer au financement de certains projets. Le déficit budgétaire devrait ainsi légèrement se creuser, tout en restant maîtrisé. L’endettement public devrait continuer à augmenter, mais le profil de la dette, majoritairement concessionnelle, limite fortement le risque de surendettement.

Le solde courant devrait se dégrader en 2017. Les exportations (textile, sucre) devraient souffrir de la modeste demande britannique (12 % des exportations ont pris la direction du Royaume-Uni en 2016) et d’un manque de compétitivité sur le marché britannique, compte tenu de la dépréciation de la livre face à la roupie mauricienne. Les prix des produits énergétiques et alimentaires, qui pèsent fortement dans les importations de l’île, ne devraient pas être orientés à la baisse. La réalisation des projets d’infrastructures nécessitera en outre l’importation de biens d’équipement.

Le système financier de Maurice est robuste et a montré sa résilience après la chute du groupe BAI en 2015. La capitalisation est satisfaisante, mais le ratio de prêts non performants, bien qu’encore peu élevé, tend à augmenter (8 % en 2016 contre 5 % en 2015). Les conséquences du Brexit et les modifications apportées à l’accord de non double imposition avec l’Inde, pourraient peser sur le secteur, sans toutefois remettre en cause sa stabilité.

 

Un nouveau gouvernement affaibli par des controverses à répétition

L’île Maurice est une démocratie installée. Les élections législatives de décembre 2014 ont conduit au retour au poste de Premier ministre de Sir Anerood Jugnauth (86 ans), qui avait déjà occupé cette fonction (1982-1995 et 2000-2003) ainsi que celle de président (2003-2012). Néanmoins, la coalition tripartite qu’il représente, l’Alliance Lepep qui disposait d’une confortable majorité à l’Assemblée, a été affaiblie après la démission du Parti Mauricien Social-Démocrate (PMSD) du gouvernement en décembre 2016. Le mois suivant, la décision de A. Jugnauth de se désister au profit de son fils Pravind Jugnauth, bien que légale, a enhardi l’opposition et déclenché des manifestations. La contestation est d'autant plus vive que le nouveau Premier Ministre a choisi de nommer son père au poste de Ministre de la Défense. Acquitté en mai 2016 dans une affaire de conflit d’intérêts, P. Jungnauth est de nouveau menacé sur le plan judiciaire après que la Cour suprême a donné son accord au Directeur des poursuites publiques de contester l’acquittement. Sans menacer la stabilité politique de Maurice, l’affaiblissement du gouvernement est réel et pourrait ralentir la mise en œuvre de réformes pourtant nécessaires pour atteindre l’objectif de devenir un pays à haut-revenu à l’horizon 2023.

Maurice bénéficie d’une gouvernance efficace et d’un climat des affaires favorable. Son classement selon les indicateurs de gouvernance de la Banque Mondiale est l’un des meilleurs d’Afrique sub-saharienne.

 

Dernière mise à jour : Juin 2017

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