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Moldavie

Moldavie

Population 3,6 millions
PIB par habitant 1 907 $US
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Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

   2015  2016  2017(p)  2018(p)
Croissance PIB (%) -0,4 4,1 3,2 3,7
Inflation (moyenne annuelle, %) 13,0 6,4 6,5 5,3
Solde public / PIB (%) -2,3 -2,1 -3,2 -3,0
Solde courant / PIB (%) -5,0 -3,8 -4,0 -4,0
Dette publique / PIB (%) 44,8 43,2 41,3 40,5

(p) : prévision

POINTS FORTS

  • Potentiel agricole (vin, fruits secs, légumes, tournesol, blé)
  • Petite économie ouverte qui attire les investissements étrangers
  • Main d’œuvre relativement peu coûteuse
  • Taux de chômage très faible (4,2 % en 2016)

POINTS FAIBLES

  • Pays le plus pauvre d’Europe
  • Importance du secteur informel
  • Dépendance à l’égard des transferts des travailleurs expatriés
  • Instabilité politique et tensions sociales
  • Corruption, faible gouvernance et clientélisme
  • Volontés sécessionnistes en Transnistrie 

Appréciation du risque

La croissance restera soutenue en 2018, mais en deçà du potentiel

Un scandale bancaire a touché l’économie moldave en 2015. Il s’est traduit par le détournement de plus d’un milliard d’USD (15 % du PIB), par la faillite de trois grandes banques et a fortement ralenti l’activité économique. Dès 2016, la consolidation du secteur financier, ainsi que le choc positif de demande externe provenant principalement de l’Union Européenne et de la Turquie, ont permis de renouer avec la croissance, qui devrait se maintenir à un niveau confortable en 2018. La consommation privée, qui représente 86 % du PIB, devrait croître, bénéficiant d’un taux de chômage faible, d’une hausse des salaires réels et du revenu disponible des ménages. En effet, les transferts des travailleurs moldaves à l’étranger, concentrés en Russie, devraient continuer à bénéficier de la reprise de l’économie russe (hausse de 9,5 % des transferts sur les six premiers mois de 2017). Le pays est dépendant de ces flux qui représentaient 20 % du PIB en 2016. L’inflation devrait continuer à diminuer en 2018, mais cela sera, vraisemblablement, accompagné d’un resserrement de la politique monétaire. Les industries manufacturières peinant à se développer, ce sont surtout les secteurs de la distribution et de l’agroalimentaire qui impulseront l’activité. Par ailleurs, la Moldavie est tributaire du secteur primaire (14 % du PIB et 33 % des emplois en 2016). Les conditions climatiques ont favorisé la récolte de la saison 2016-2017. Ainsi, la production agricole a augmenté de 103 % sur les 9 premiers mois de 2017, par rapport à 2016. Les investissements étrangers, qui ont chuté en 2015, reprennent progressivement, freinés par l’instabilité politique.

 

Lente amélioration des comptes publics

Le Mécanisme élargi de crédit (MEDC) et la Facilité élargie de crédit (FEC) du FMI permettent d’injecter 178 millions de dollars (3 % du PIB) sur la période 2016-2019 avec pour objectifs principaux l’assainissement du secteur financier et l’augmentation des recettes publiques. C’est dans ce cadre que de nombreuses réformes ont été mises en œuvre pour améliorer la surveillance des banques et de leur activité, le gouvernement souhaitant être en conformité avec les accords de Bâle III. Le taux de créances douteuses reste néanmoins élevé, à près de 17 %. Les exigences du FMI induisent une politique de consolidation budgétaire qui impliquera une forte hausse des recettes (notamment la TVA) et une diversification des sources de revenus. Les dépenses d’investissement public augmenteront également, mais de manière plus modérée.

Le déficit courant devrait se maintenir à un niveau assez élevé en 2018, en raison du déficit commercial massif (29 % du PIB en 2016), malgré les transferts des travailleurs expatriés. La demande provenant des pays européens devraient continuer à stimuler les exportations suite à l’entrée en vigueur, en 2016, de l’accord de libre-échange avec l’UE. Les principaux partenaires commerciaux sont les pays voisins (Ukraine, Roumanie), mais les exportations les pays d’Europe de l’Ouest connaissent une croissance rapide (+20 % pour l’Allemagne, +12 % vers l’Italie en 2017). Il s’agit principalement de produits agricoles, de fils électriques et d’ensembles vestimentaires. La Moldavie bénéficiera de la baisse du prix des importations suite à l’appréciation du leu de 14,5 % face au dollar sur les dix premiers mois de 2017. Toutefois, elle ne suffira pas à compenser l’augmentation des prix des matières premières, en particulier du pétrole et du gaz, importés de Russie. Pour financer son déficit courant, le pays a recours aux prêts concessionnels du FMI et de la BM. Les réserves de devises restent à un niveau confortable de 2,5 milliards de dollars, soit près de 7 mois d’importations.

 

Tensions en attendant les élections législatives de 2018

Le scandale bancaire de 2015 a entraîné une perte de confiance en la classe politique. La première élection présidentielle au suffrage universel a eu lieu en novembre 2016 et vu la victoire d’Igor Dodon, du Parti des socialistes de la république de Moldavie (PRSM), élu pour un mandat de quatre ans. Le chef d’État, issu d’une coalition pro-russe, doit cohabiter avec un gouvernement majoritairement pro-européen, dirigé par Pavel Filip (Parti démocrate). L’équilibre restera donc fragile et les tensions fortes jusqu’aux prochaines élections législatives, prévues en novembre 2018. Elles permettront l’attribution des 101 sièges du parlement monocaméral et le favori des sondages est le PRSM. La politique étrangère risque donc de pencher du côté de la Russie. Ce sera le premier scrutin après l’entrée en vigueur d’une loi électorale qui a provoqué le mécontentement de l’opposition. On passe d’un système proportionnel à un système mixte, au sein duquel les parlementaires seront élu au niveau local et national. La bipolarisation de la vie politique entre le camp pro-russe et le camp pro-UE est à l’origine de tensions à l’approche des élections. Ainsi, faisant suite à une demande du gouvernement, la Cour constitutionnelle a décidé de suspendre temporairement le président, alors que celui-ci refusait toutes les propositions gouvernementales concernant le poste vacant de ministre de la Défense.

La Moldavie est en proie aux velléités séparatistes. Cela concerne la région orientale de la Transnistrie, russophone, qui bénéficie d’un statut d’autonomie et qui avait autoproclamé son indépendance sous le nom de la République moldave du Dniestr en 1992. Un référendum (non–reconnu par le gouvernement central) a eu lieu en 2006 et le leader de facto de la région a émis un décret en 2016 pour rejoindre la Russie. 

 

Dernière mise à jour : Janvier 2018

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