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Pharmacie

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Amérique Latine
Amérique du Nord
Europe de l'Ouest
Asie émergente
Europe centrale et de l'est
Moyen-Orient & Turquie
Changer de secteur

Forces

  • Développement de systèmes d’assurance-santé
  • Robustesse de la demande américaine
  • Changements démographiques et modification des modes de vie
  • Pression pour l’accès aux innovations 

Faiblesses

  • Ralentissement des pays émergents
  • Problèmes de qualité en Inde et en Chine
  • Payeurs de plus en plus exigeants sur les coûts et l’efficacité réelle des nouvelles thérapies

Evaluation des risques

Les faits marquants
Pourcentage d’adultes américains non détenteur d’une assurance-maladie

Pourcentage d’adultes américains non détenteur d’une assurance-maladie

Les organismes qui assurent la prise en charge des soins de santé (en particulier le remboursement des prix des médicaments) font face à l’arrivée sur le marché de traitements aux coûts élevés, tout en devant maîtriser les déficits liés aux évolutions démographiques et à la situation économique difficile.

En Europe de l’Ouest (France, Italie, Espagne, Allemagne et Royaume-Uni) les dépenses de médicaments sur ordonnance sont en constante augmentation.  Ainsi, les déficits se creusent comme celui du NHS en Angleterre et au Pays de Galles. En France celui de l’assurance-maladie française se résorbe un peu mais reste tout de même conséquent.

Aux Etats-Unis, les prix des médicaments croissent à un rythme plus soutenu, notamment ceux liés à la médecine de spécialité. De ce fait les groupes pharmaceutiques voient leur profit gonflerde 3,8% selon le Census Bureau. Les autorités, ont fait de nombreuses propositions afin d’enrayer cette spirale inflationniste avant l’élection présidentielle. La montée en puissance de l’Affordable Care Act (Obamacare) entraîne une hausse des dépenses de santé, le taux d’adultes non assurés étant en retrait constant depuis l’entrée en vigueur de cette loi.

La transformation du régime de croissance chinois, favorisant dorénavant la consommation domestique, pousse à la prise en compte des besoins en matière de santé des ménages. Or, le développement de la prise en charge des frais de santé (quoique toujours partielle) impose aux autorités de contrôler les coûts, notamment ceux liés aux médicaments.

Demande

Le coût des nouvelles thérapies impose aux payeurs d’en contenir les dépenses.En 2017, les mesures de contrôle des prix en vigueur en Europe de l’Ouest seront encore d’actualité, malgré une demande en croissance liée au vieillissement de la population et aux évolutions touchant les modes de vie.Par exemple en France, les mesures prises afin de limiter les dépenses (fixées à +2,1% pour 2017) continueront d’affecter les laboratoires pharmaceutiques, à travers des baisses de prix, et favoriseront la préférence accordée aux génériques.L’arrivée de médicaments de spécialité onéreux, touchant des populations plus petites, impose aux régulateurs de prendre des décisions difficiles quant au niveau de remboursement.Ainsi au Royaume-Uni, l’exemple du Repatha d’Amgen l’illustre : le NICE (National Institute for Healthcare Excellence) a réussi à bénéficier d’une remise de prix non divulguée sur ce dernier pour qu’il puisse être remboursé par le NHS.

Aux Etats-Unis, les fortes augmentations des primes d’assurance pour 2017 (+100% pour certains plans) mettent en lumière la nécessité de proposer aux américains des médicaments à des prix abordables.En effet, après les multiples scandales ayant marqué l’année 2015 (comme l’affaire du Daraprim de Turing), la montée en puissance de l’Obamacare, couplée à la nécessité de contrôler les dépenses de santé (près de 17% du PIB, contre 9% à 11% en Europe de l’Ouest), explique des tentatives visant à réguler les prix des médicaments. Ils peuvent être jusqu’à trois plus chers aux Etats-Unis qu’au Royaume-Uni. Selon le cabinet Milliman, le coût annuel moyen des dépenses de santé pour un ménage américain aura été de 25 826 dollars en 2016. La projection pour l’année 2017 par nos soins dépasserait 26.900 dollars. Près de 42% de ce montant est à la charge du ménage et seulement 58% pour le « sponsor » (qu’il soit une entreprise privée, l’Etat fédéral, ou une autorité locale).L’arrivée sur le marché en 2016 de plusieurs médicaments de spécialité participe à augmenter le coût annuel moyen médicamenteux par famille.De plus l’élection de Donald Trump, qui a promis de supprimer l’ACA, imposera un nouveau fardeau aux ménages, d’autant plus qu’avec un Congrès dominé par les Républicains, les prix pourraient connaître une hausse dans les années à venir.

En Chine, depuis la fin du premier semestre 2015, les prix des médicaments ne sont plus déterminés par les autorités publiques, laissant « aux forces du marché » le soin d’en fixer les niveaux. Néanmoins, cette ouverture masque une volonté publique (qui est d’ailleurs inscrite dans la loi) d’obliger les acteurs du secteur à offrir un prix raisonnable, fruit d’une négociation avec les régulateurs.L’année 2017 ne dérogera pas aux grandes tendances secouant le secteur, à savoir : assainir la méthodologie de fixation des prix par les producteurs, réguler les prix afin de contrôler l’évolution des dépenses de santé (estimées à plus de 640 milliards de dollars en 2014), offrir des produits de qualité et améliorer l’état général de la population qui vieillit rapidement et fait donc face aux mêmes maux que les populations occidentales.Il convient toutefois de noter que la couverture publique n’inclut pas les maladies les plus graves, et foncièrement celles les plus onéreuses à traiter.

Offre

Les dépenses en R&D ont crû dans le monde de 2,6% en 2016 et vont continuer sur cette lancée dans les années à venir, notamment en 2017 (3,4%) d’après Evaluate Pharma.

L’Agence européenne du médicament (EMA) a émis plus de 60 opinions positives en 2016, contre 54 sur l’ensemble de 2015 et 43 en 2014. En 2017, Coface estime, d’après les éléments fournis par Evaluate Pharma, que les dépenses en médicaments prescrits sur ordonnance devraient croître de 5% pour les 5 plus grands pays de l’UE (Allemagne, France, Royaume-Uni, Italie, Espagne), atteignant près de 104,8 M€.Cela s’explique par la présence de plus en plus forte des médicaments de spécialité (plus d’un tier du total des ventes), bien que les payeurs éprouvent de la réticence à payer le prix facial demandé par les laboratoires.

Aux Etats-Unis, la FDA (Federal Drug Agency, agence fédérale chargée entre autres d’approuver la mise sur le marché de nouveaux médicaments) aura approuvé à fin octobre 2016 près de 20 nouvelles entités moléculaires (NME), contre 32 un an auparavant. La majorité de ces entités appartiennent aux domaines de l’oncologie et des maladies orphelines, sans oublier le traitement des maladies cardiovasculaires. Coface estime que les ventes de médicaments associés ou non à ces nouvelles entités devraient totaliser 533 milliards de dollars en 2017, soit une hausse de 10% par rapport à 2016 (430 milliards de dollars). Express scripts, l’un des plus grands PBM (Pharmacy Benefit Manager, chargé de la gestion des feuilles de soins, mais aussi de négocier les prix et les volumes des médicaments au nom des assureurs « santé »), estime que le taux de croissance des médicaments de spécialité était de 22% en 2016 (identique à celui de 2015). Comme en Europe de l’Ouest, cette classe occupe plus d’un tiers des ventes et verra sa part augmenter dans les années en raison de l’adoption de molécules et thérapies innovantes pour des maladies touchant des populations restreintes.

Relativement à la taille de sa population, les dépenses en médicament chinoises telles que mesurées par IMS Health s’établissaient autour de 115 milliards de dollars en 2015. Les ventes ont crû selon Coface de 6 % en 2016 et augmenteraient de 5% en 2017, pour atteindre 127 milliards de dollars. Néanmoins, deux risques majeurs sont à souligner : le manque de transparence lors des appels d’offres publics  et les mesures de contrôle des dépenses de santé en Chine. En effet, les autorités sanitaires souhaitent limiter les prix des médicaments importés (qui sont généralement ceux les plus innovants), notamment dans l’oncologie. Bien que 96% de la population dispose d’une assurance-maladie publique, cette dernière prend mal en charge les traitements les plus couteux. A cela s’ajoute la plus grande vigilance des autorités publiques envers les pratiques des laboratoires, notamment ceux étrangers.

 

Dernière mise à jour : décembre 2016

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