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Syrie

Syrie

Population 18.6 million
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Synthèse

POINTS FORTS

  • Position géographique stratégique
  • Pays de transit énergétique
  • Potentiel pétrolier 

POINTS FAIBLES

  • Guerre civile depuis 2011, 320 000 morts, destruction de nombreuses infrastructures
  • Fragmentation du territoire entre différents groupes d’influence
  • La production de pétrole est réduite à néant

Appréciation du risque

Un apaisement relatif des combats et un anéantissement de l’État Islamique (EI)

Le conflit syrien qui cristallise intérêts locaux, régionaux et internationaux, ne semble pas trouvé d’issu à court terme. À la confrontation entre le régime du président B. El Assad et les opposants sunnites depuis 2011 se sont ajoutés d’autres acteurs. D’un côté, l’Arabie Saoudite, la Turquie et les autres États membres du Conseil de Coopération du Golfe (CCG), sunnites, ont été les premiers soutiens de l’opposition. De l’autre côté, l’Iran et le Hezbollah libanais, chiites, voient dans le régime alaouite de Damas un allié régional à préserver (la Syrie reste un point de passage important pour le matériel d’armement envoyé par Téhéran au Hezbollah). La Russie, les soldats du Hezbollah et les Pasdaran iraniens offrent un soutien militaire et logistique à l’armée syrienne, indispensable au maintien du régime. Une coalition internationale, composée de pays occidentaux et arabes, s’est formée en 2014 avec pour objectif principal de freiner l’expansion des organisations terroristes État Islamique et Front Al-Nusra, proche d’Al-Qaida. Depuis avril 2011, les Nations Unies estiment que la moitié de la population syrienne a été déplacée, dont 4,9 millions de réfugiés à l’étranger et 6,3 millions au sein de la Syrie. La crise humanitaire syrienne s’est étendue aux pays voisins qui accueillent le plus grand nombre de réfugiés liés au conflit (Liban, Jordanie, Turquie).

Après avoir proclamé le « califat » il y a quatre ans, le groupe État Islamique est aujourd’hui en perdition en Syrie. Les derniers combats se sont achevés fin 2017 sur les deux derniers fronts principaux de l’EI. A Raqqa, capitale autoproclamée de l’EI, ce sont principalement les Forces Démocratiques Syriennes (FDS), composées de soldats majoritairement kurdes, soutenues par les bombardements aériens de la coalition internationale, qui ont vaincu les soldats du «Califat». A Deir-Ezzor, les soldats du régime et leurs supplétifs iraniens, soutenus par les bombardements russes, ont remporté une victoire stratégique en septembre 2017, dans une région riche en pétrole.

En 2018, on devrait assister à une baisse en intensité des hostilités et une accentuation de la fragmentation territoriale. Les pourparlers d’Astana qui réunissent les émissaires du régime et ceux des opposants, à l’initiative de la Russie, de la Turquie et de l’Iran, devraient déboucher sur la création de zones dites de « désescalade ». Toutefois, EI ne serait plus un acteur principal du conflit. Afin de conserver leurs bases militaires dans le pays, les Russes soutiendront le régime de B. El Assad, qui devrait se maintenir au pouvoir en 2018. Les Turcs, impliqués militairement en Syrie, auront pour principal objectif de freiner l’autonomie progressive du Kurdistan Syrien le long de leur frontière tout en empêchant la mainmise iranienne sur le pays et la zone d’Idlib. Israël a bombardé en 2017 des positions stratégiques du Hezbollah en Syrie, voyant celui-ci comme une menace et un vecteur de l’avancée de l’Iran vers la frontière israélo-syrienne. Les Kurdes voudront profiter de la chute de l’EI pour construire un État. Néanmoins, les réticences des États syrien, irakien, turc et iranien rendraient le processus très long.

 

Une situation économique chaotique

D’après une estimation de la Banque mondiale, le PIB syrien s’est réduit de près de 63 % durant la période 2010-2016. La diminution du PIB est principalement imputable à la baisse de la production pétrolière. Le PIB pétrolier a chuté drastiquement de 93 %, alors que le PIB non-pétrolier a baissé de 53 % en raison, notamment, de la destruction des infrastructures. Les industries ont été fortement touchées, les dommages physiques y sont importants, tandis que les sanctions économiques rendent impossible l’exportation et l’accès au financement. Le pays reste morcelé entre différentes zones d’influence, et la persistance des combats et des bombardements de la coalition et de la Russie continuent d’engendrer des destructions d’infrastructures. Suite à la destruction de nombreuses maisons, les loyers des logements dans les zones sûres ont augmenté de 500 à 1 000 %. Les installations électriques ne sont plus fonctionnelles pour la plupart, et dans les zones de conflit les premières sources d’électricité sont les batteries de voitures. La majorité des écoles du pays ont été détruites, l’impact sur le capital humain sera structurel. L’investissement privé, qui représentait 12 % du PIB en 2010, ne représente plus que 4 %. La consommation des ménages est fortement pénalisée par la tendance baissière de la livre syrienne, la forte inflation ainsi que le faible nombre d’emplois. En 2018, si la situation venait à s’apaiser, l’exploitation pétrolière pourrait reprendre, ce qui améliorerait la situation économique du pays. L’effort de reconstruction, estimé à 200 milliards de dollars, sera au centre des négociations. Les pays de la coalition internationale conditionneront leur participation à la prise en compte de leurs préoccupations.

 

Creusement des déficits jumeaux

Les finances publiques n’ont cessé de se dégrader proportionnellement à l’intensification du conflit. Le déficit public aurait atteint 20 % en 2015, et pourrait continuer à se creuser. La chute des recettes pétrolières et des prélèvements obligatoires a entraîné une contraction des recettes publiques qui auraient représenté moins de 7 % du PIB en 2015. Par ailleurs, les dépenses publiques ont crû significativement sous le poids de l’augmentation des dépenses militaires. La dette publique est devenue insoutenable, elle représentait plus de 150 % du PIB en 2015.

Le solde courant présente un déficit conséquent. Le taux d’ouverture de l’économie syrienne s’est considérablement réduit et les exportations ont diminué de près de 93 % entre le début du conflit et 2015. Les recettes pétrolières se sont effritées passant de 4,7 milliards de $ en 2011 à 0,14 milliard en 2015. Les exportations du secteur minier sont désormais inexistantes alors qu’elles étaient de 4.7 milliards de $ en 2010. Les réserves de change ont été épuisées passant de 20 milliards de dollars en 2010 à moins d’un milliard fin 2015 afin de financer le déficit externe. 

 

Dernière mise à jour : Janvier 2018

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