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17/08/2018
Risque pays et études économiques

Sortie de la Grèce du plan d’aide international : Plus compétitives et moins endettées, les entreprises grecques connaissent un renouveau

Plus compétitives et moins endettées, les entreprises grecques connaissent un renouveau
  • Les signes d’embellie économique se multiplient en Grèce
  • Les réformes ont permis d’assainir des comptes publics, de restaurer la crédibilité de la Grèce et d’améliorer le climat de confiance
  • La crise a aussi favorisé l’assainissement des entreprises
  • La survie des entreprises « zombies » restent néanmoins aidée par un cadre règlementaire des faillites imparfait
  • La faiblesse de la demande interne continue de limiter la reprise
  • Les entreprises améliorent leurs marges et s’orientent vers l’export

Le retour de croissance est loin d’effacer tous les stigmates de la crise

Avec sa sortie des plans de sauvetage européens, la Grèce s’apprête à mettre fin à huit ans de crises successives. Pour la première fois depuis 2008, le PIB a cru pendant quatre trimestres consécutifs. En 2017, la croissance a atteint +1,4%, tirée par l’investissement et le dynamisme de la demande extérieure. Elle devrait approcher 2% en 2018, alors que la zone euro accuse un léger ralentissement. Les ménages et les entreprises grecs anticipent cette amélioration de la conjoncture, comme le confirme l’indice des directeurs d’achat PMI (54 points en moyenne sur le premier semestre 2018 alors qu’il venait tout juste de franchir le seuil de 50 point synonyme d’expansion économique en 2017) mais aussi l’indicateur de confiance produit par la direction générale des affaires économiques et financières de la Commission européenne.

Cette reprise tant attendue s’est faite au prix d’un ajustement budgétaire profond et d’une dévaluation interne sévère, plus marquée qu’en Espagne et au Portugal. De 2008 à 2015, la Grèce a perdu 25 % de son PIB, l’investissement s’est contracté de 60 % et le chômage a atteint 28%. Certains secteurs, tels que la fabrication de meubles, de textile ou de cartons, ont vu leur valeur ajoutée baisser de plus de 70 %. Même son de cloche du côté des entreprises, le chiffre d'affaires s'est effondré d'un tiers et le taux d’investissement a baissé de près de 49%. Les TPE et les PME, qui emploient plus de 60% de la population active, ont été les plus vulnérables : environ 250 000 PME ont fait faillite.

L’insolvabilité des entreprises reste un problème sous-estimé. Les données disponibles ne prennent pas en compte les procédures de pré-insolvabilité largement utilisées et le système de liquidation est lent. Cette inefficacité favorise la survie des entreprises « zombies », non solvables et non rentables, dont la part est la plus importante en Grèce parmi les pays de l’OCDE.

Conséquence, le risque de défaut des entreprises pèse sur la rentabilité des banques. Les banques grecques, malgré leur recapitalisation en 2015, continuent de présenter des taux de prêts non-performants importants.

 

Plus compétitives, les entreprises grecques se tournent davantage vers l’export

La consolidation budgétaire et la dévaluation interne ont permis en partie de résorber les déficits jumeaux à l’origine de la crise. Les comptes publics présentent des excédents primaires depuis 2016 et la balance courante se maintient à l’équilibre depuis 2015. La crédibilité budgétaire et financière a été restaurée et les incertitudes se sont considérablement réduites permettant au pays de faire son retour sur le marché international de la dette.

Du côté des entreprises aussi, les améliorations sont notables : la contraction des salaires a favorisé l’amélioration de la compétitivité-coût du pays vis-à-vis de ses partenaires européens, redonnant du dynamisme aux exportations qui ont cru de 27% entre 2008 et 2017. Cela est particulièrement bénéfique pour les moyennes et grandes entreprises issues de certaines industries manufacturières, comme le raffinage de pétrole ou l’industrie pharmaceutique.

Signe d’une reprise plus pérenne, le taux de marge des entreprises grecques progresse depuis le second trimestre 2016, affichant une performance supérieure à la moyenne européenne. Si pour le moment, la faiblesse de la demande intérieure limite le rythme du redressement, 2019 devrait voir une amélioration rapide des ratios de profitabilité des entreprises et une accélération de l’investissement.

 

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