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Afghanistan

Afghanistan

Population 37,2 millions
PIB par habitant 507 US$
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2018 2019 2020 (e) 2021 (p)
Croissance PIB (%) 1,2 3,9 -5,0 4,0
Inflation (moyenne annuelle, %) 0,6 2,3 5,4 4,8
Solde public / PIB (%)* 1,6 -1,1 -2,8 -2,2
Solde courant / PIB (%)* 12,2 11,7 9,5 7,8
Dette publique / PIB (%) 7,4 6,1 7,8 8,9

(e) : Estimation (p) : Prévision *Dons inclus

POINTS FORTS

  • Potentiel d’exploitation de matières premières (dont gaz, pétrole et minéraux)
  • Développement de couloirs de transit (Lapis-Lazuli reliant l’Afghanistan à la Turquie), lancement fin 2020 des négociations pour réviser l’accord de transit avec le Pakistan et conclure un accord commercial préférentiel
  • Développement de couloirs énergétiques régionaux (gazoduc TAPI, ligne électrique Asie centrale-Asie du Sud (CASA-1000), ligne électrique TAP et ligne électrique avec l’Ouzbékistan)
  • Soutien financier international, notamment du Fonds monétaire international (FMI) qui a renouvelé fin 2020 pour trois ans et demi la Facilité élargie de crédit (FEC, 370 millions USD) en contrepartie de réformes
  • Soutien militaire de la communauté internationale, qui s’insère dans le « Cadre national pour la paix et le développement en Afghanistan », renouvelé pour 2021-2025 et visant à atteindre l’autonomie

POINTS FAIBLES

  • Dépendance aux dons internationaux (43% du PIB, 50% des recettes fiscales)
  • Dépendance à l’agriculture (22% du PIB, 40% de l’emploi) vulnérable aux conditions météorologiques
  • Crédit peu développé (3% du PIB), système bancaire fragile (30% de prêts non performants en juin 2020) et dollarisé (48% des prêts, 61% des dépôts)
  • Géographie difficile (enclavée et à 50% montagneuse) et vulnérabilité aux catastrophes naturelles
  • Infrastructures inadéquates (énergie, eau, transport, santé)
  • Pauvreté élevée (66% de la population), sur fond d’informalité, de chômage et d’insécurité alimentaire
  • Gouvernance défaillante (corruption, 47% du territoire non contrôlé par le pouvoir central, dont 19% aux mains des Talibans)
  • Fragmentation ethnique et conflit armé, générant des dépenses publiques conséquentes (50% du total), des déplacements de population et des victimes militaires et civiles (plus de 10.000 victimes civiles par an depuis 6 ans)

appréciation du risque

Début des négociations entre le gouvernement et les Talibans

L’Afghanistan est enlisé dans la guerre civile depuis quatre décennies. Les groupes insurgés, avec en tête de file les Talibans, reste à l’apogée de leur extension territoriale depuis leur éviction du pouvoir en 2001 par la coalition militaire menée par les États-Unis. Suite à un processus engagé fin 2018, un accord a été conclu fin février 2020 entre les États-Unis et les Talibans. Il prévoit un retrait total des troupes américaines d’ici mai 2021 (13.000 soldats déployés en février 2020, 4.500 en novembre et 2.500 prévus d’ici mi-janvier 2021). Ce retrait progressif, initié par le président Trump, devrait être poursuivi par le président Biden. La condition sine qua non du retrait total est la conclusion d’un accord de paix et de partage du pouvoir avec le gouvernement, dont les pourparlers n’ont débuté qu’en septembre 2020. Les véritables négociations devraient commencer en 2021. Son issue reste incertaine et il ne devrait pas résoudre la totalité du conflit. D’une part, il se heurtera à des obstacles, comme la fragmentation ethnique du pays, la difficile réconciliation des Talibans avec des normes démocratiques ou la présence d’autres acteurs, tels que le groupe État islamique (EI). D’autre part, l’accord de février ne prévoyant qu’une réduction de la violence, les attaques des Talibans pour consolider leur position dans les négociations, persistent. L’équilibre entre cette stratégie et la rupture de l’accord est fragile. Les troupes américaines pourraient être revues à la hausse, si la situation sécuritaire se détériore.

Les pourparlers seront conduits par un gouvernement qui reste divisé. Après cinq mois d’attente, les résultats de l’élection présidentielle de septembre 2019 ont été annoncés fin février 2020. Le président sortant, Ghani, a été élu au premier tour (50,6% des suffrages), suivi d’Abdullah (39,5%). La contestation des résultats par Abdullah s’est conclue, sous la pression des États-Unis et comme en 2014, par un accord de partage du pouvoir lui permettant de nommer la moitié du gouvernement et le nommant président du Haut conseil pour la réconciliation nationale, chargé de diriger les pourparlers. Alors que les querelles internes à l’exécutif devraient se poursuivre, le gouvernement devrait, malgré des relations tendues, continuer à appeler le Pakistan, qui avait déjà facilité les discussions pour l’accord de février, à user de son influence sur les Talibans.

 

Une reprise dépendante de la pandémie et portée par l’agriculture

C’est dans ce contexte tendu que l’Afghanistan est entré en récession en 2020. La situation sanitaire complexe, du fait de la proximité avec l’Iran, le confinement de mi-mars à mi-mai 2020 et la fermeture des frontières ont bouleversé les chaînes d’approvisionnement. Les industries (23% du PIB) ont été impactées, subissant les pénuries de matières premières liées aux perturbations du commerce. Le déficit commercial structurel s’est creusé, la baisse des exportations (6% du PIB), de fruits notamment (45% du total), n’a pas été compensée par celle des importations (38% du PIB). Ce déficit devrait se réduire en 2021, les points transfrontaliers avec le Pakistan ayant été rouverts mi-juin 2020 et les couloirs de transit avec l’Inde mi-juillet. Les services (55% du PIB) ont également été impactés, pâtissant de la chute de la consommation privée (113% du PIB) qui fait face à une baisse des transferts des expatriés (5% du PIB) et à une violente hausse du chômage, de la pauvreté et de l’insécurité alimentaire. L’inflation, probablement sous-estimée, est poussée à la hausse par les prix alimentaires. Les mesures de soutien sont des mesures de subsistance, à l’image du programme lancé en 2020 avec la Banque mondiale (1,6% du PIB) pour financer des transferts monétaires et en nature d’une valeur maximale de 100 USD par ménage.

La reprise en 2021, dépendante de la pandémie, devrait être portée par l’agriculture, dont la croissance a été tirée en 2020 par les bonnes récoltes et conditions climatiques. Ce secteur devrait bénéficier du plan de relance (16% du total) qui prévoit la construction d’infrastructures de stockage pour limiter les pertes. Alors que l’environnement sécuritaire contraint les investissements (18% du PIB, dont 6% sont privés), l’aide internationale restera précieuse pour exploiter le potentiel du secteur. Les travaux se poursuivront dans les projets d’infrastructures, comme ceux engagés début 2020 pour la construction de la section afghane de la ligne électrique du projet CASA-1000 (2,4% du PIB, à 78% financé par la Banque mondiale).

 

Une baisse de l’aide internationale qui finance les déficits jumeaux

En 2020, la baisse des recettes et les dépenses exceptionnelles (5% du PIB) ont creusé le déficit public hors dons (-6% du PIB) qui devrait persister en 2021. La viabilité des finances publiques reste conditionnée aux dons qui permettent de garder le ratio dette publique/PIB bas. Cette dette, équivalente à la dette externe, est à moyen-long terme, concessionnelle et détenue à 90% par des bailleurs de fonds multilatéraux.

Les perturbations liées au commerce ont creusé le déficit courant hors dons, déjà abyssal (-31% du PIB). Le taux change flexible est resté stable grâce aux ventes de devises de la banque centrale. Elles ont été plus que compensées par l’afflux de nouveaux dons et prêts concessionnels pour pallier les impacts de la crise sur 2020-2021, dont 483 millions USD du FMI. Ils ont également fait augmenter les réserves de change (8 milliards USD en août 2020, 15,5 mois de couverture d’importation). Fin novembre 2020, les donateurs ont été appelés à renouveler leurs engagements d’aide pour 2021-2024, totalisant 12 milliards USD (dont 3,3 milliards disponibles en 2021), soit une baisse de 21% par rapport à 2016-2020. Ils sont en partie conditionnés aux progrès des pourparlers.

 

Dernière mise à jour : Février 2021

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