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Bosnie-Herzégovine

Bosnie-Herzégovine

Population 3,5 millions
PIB par habitant 5755 $US
C
Evaluation des risques pays
B
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2017 2018 2019 (e) 2020 (p)
Croissance PIB (%) 3,2 3,6 2,8 3,0
Inflation (moyenne annuelle, %) 2,8 1,4 0,8 1,0
Solde public / PIB (%) 2,6 2,2 -0,6 0,6
Solde courant / PIB (%) -4,7 -4,3 -4,5 -5,0
Dette publique / PIB (%) 37,7 35,6 33,0 32,0

(e) : Estimation. (p) : Prévision.

POINTS FORTS

  • Croissance régulière
  • Transferts importants des travailleurs expatriés
  • Accord de stabilisation et d’association avec l’UE doté de fonds de pré-accession
  • Potentiel touristique (11,7 % de l’emploi et 10,2 % du PIB, directement et indirectement) et hydroélectrique (déjà 35 % de l’électricité produite)

POINTS FAIBLES

  • Fragmentation institutionnelle, réglementaire, économique et communautaire (50 % de Bosniaques musulmans, 33 % de Serbes orthodoxes et 15 % de Croates catholiques)
  • Manque d’investissement public (transports locaux, éducation, santé) avec seulement 2 % de la dépense publique
  • Faible diversification et faible valeur ajoutée des exportations
  • Corruption, clientélisme, lenteurs administratives
  • Forte émigration estimée à 50 000 personnes par an
  • Taille importante du secteur informel, faible participation à la vie active (42 %), chômage élevé chez les jeunes (34 %)

Appréciation du risque

Activité soutenue par la demande intérieure

En 2020, la demande intérieure sous-tendra de nouveau une croissance modérée. La consommation des ménages conservera sa vigueur, portée par l’augmentation des salaires réels, les remises des expatriés et la progression de l’emploi déclaré à la faveur de la diminution de l’informalité et de créations dans l’ensemble des secteurs. Le crédit conservera son dynamisme (+ 7 % environ en 2019), avec des créances douteuses (8 % de l’encours) qui continueront de baisser. Le développement du tourisme en provenance des pays voisins, par le biais du commerce de détail, profitera à la population. L’investissement dans les infrastructures (routes, voies ferrées, énergie), dans l’agriculture, mais aussi pour améliorer l’environnement administratif et commercial, doit beaucoup aux financements de la BERD (700 millions d’euros sur 2018/2020, en partenariat avec le privé) et de l’Union européenne (315 millions d’euros sur 2018/2020). Il pourrait accélérer si le FMI débloquait ses crédits. Moins d’un tiers de sa Facilité de crédit élargie (623 millions USD pour la période 2016/2019) a été versé. Une des conditions a été remplie avec l’adoption d’un programme de réformes, mais manquaient encore, fin 2019, un gouvernement central et un gouvernement bosno-croate élus, alors que les élections datent d’octobre 2018. La valeur des investissements gelés par les problèmes politiques est estimée à 1 milliard d’euros. Par contre, l’investissement privé, domestique comme étranger, restera modeste du fait de la persistance des fragilités institutionnelles et d’un environnement des affaires médiocre non compensés pas le bas coût du travail. La contribution des échanges à la croissance serait nulle. Les exportations de minerais (charbon, corindon, carbonates), de bois, d’aluminium, de meubles, de machines, de câbles électriques, de pièces métalliques et de chaussures sont confrontées à la méforme de leurs principaux marchés et aux cours sous pression, alors que les importations sont soutenues par la demande interne. Toutefois, les ventes agroalimentaires et d’électricité profitent de l’essor des échanges avec l’UE.

 

Comptes publics équilibrés, mais déficit courant

Globalement, les comptes publics des trois entités constitutives du pays (État central, Fédération bosno-croate et République serbe) resteraient équilibrés en 2020. Pourtant, en l’absence de budget depuis 2019, pour cause de blocage par le co-président serbe, l’État central fonctionne sur la base de celui de 2018. Il est largement financé par une fraction du produit de la TVA (40 % des recettes fiscales du pays) qui progresse en phase avec l’activité. Les dépenses sont contenues. L’équilibre budgétaire et la croissance modérée suffiront pour réduire le poids de la modeste dette, dont 74 % est détenue par des créanciers extérieurs, majoritairement publics, multilatéraux ou bilatéraux. Elle se répartit entre la Fédération bosno-croate (52 %) et la République serbe (47 %) mais, compte tenu des PIB respectifs, le ratio au PIB est plus élevé pour la seconde. Si la situation des comptes publics apparaît convenable, leur gestion fragmentée entre l’État central et les deux autres entités, le coût futur des systèmes de retraite et de santé, et la mauvaise gouvernance des quelque 500 entreprises publiques, dont la moitié survit grâce à l’aide publique, peuvent réserver des mauvaises surprises.

En 2020, le déficit courant pourrait se creuser sous l’influence du déficit commercial (23 % du PIB en 2019). Les transferts des expatriés (8 %), les retraites provenant de l’étranger (4 %) et l’excédent des services (7 %) lié au tourisme, au transport et au perfectionnement passif permettront, comme d’habitude, de compenser partiellement le déficit commercial. Les IDE (3 % du PIB) et des financements internationaux majoritairement publics permettront d’équilibrer la balance des paiements, tout en maintenant les réserves de change à un niveau équivalant à 7,5 mois d’importations.

 

Les institutions sous le joug du communautarisme

Suite aux accords de Dayton (1995), la Bosnie-Herzégovine est divisée en deux entités autonomes : la Fédération de Bosnie-Herzégovine à dominante bosniaque et croate, et la République serbe de Bosnie, auxquelles s’ajoute le district de Brčko géré par l’État central. L’État central a à sa tête une Présidence collégiale représentative des trois «peuples constitutifs» tournant tous les huit mois. La Constitution ne reconnaît que très peu de pouvoirs à l’État central : politique extérieure et monétaire, droits de douane, TVA, transports et défense. Même ces compétences sont gérées difficilement, car chaque composante dispose d’un pouvoir de blocage au sein du Parlement central. La composante bosniaque tente de renforcer le gouvernement central, la croate recherche l’autonomie et la serbe conteste l’existence du pays. Les élections présidentielles et législatives d’octobre 2018 se sont encore déroulées sur des lignes ethniques, plaçant en tête les partis nationalistes. La présidence doit désigner le Conseil des ministres, mais ses membres croate et bosniaque conditionnent la désignation d’un candidat de leur collègue serbe à son accord sur un rapprochement avec l’OTAN qu’il refuse au nom de la neutralité serbe. En retour, la partie serbe bloque le fonctionnement du Parlement central. La formation du gouvernement central pourrait intervenir en 2020, peut-être avant les municipales d’octobre. Dans l’intervalle, la gestion est confiée à un gouvernement technique dirigé par le président de la Chambre des représentants. Nonobstant, la République serbe et la Fédération bosno-croate se sont accordées en novembre 2019 sur un programme quadriennal de réformes, condition pour prétendre au statut de candidat à l’UE et à la reprise des relations avec le FMI.

 

Dernière mise à jour : Février 2020

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