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Bosnie-Herzégovine

Bosnie-Herzégovine

Population 3,3 millions
PIB par habitant 6 015 $US
D
Evaluation des risques pays
B
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2018 2019 2020 (e) 2021 (p)
Croissance PIB (%) 3,7 2,7 -6,5 3,0
Inflation (moyenne annuelle, %) 1,4 0,6 -0,8 0,4
Solde public / PIB (%) 1,3 1,3 -4,2 -2,7
Solde courant / PIB (%) -3,7 -3,5 -4,4 -5,0
Dette publique / PIB (%) 34,3 32,8 38,9 40,4

(e) : Estimation (p) : Prévision

POINTS FORTS

  • Transferts importants des travailleurs expatriés
  • Accord de stabilisation et d’association avec l’UE doté de fonds de pré-accession
  • Potentiel touristique (11,7 % de l’emploi et 10,2 % du PIB, directement et indirectement) et hydroélectrique (déjà 35 % de l’électricité produite)
  • Membre d’un marché commun régional regroupant 6 pays des Balkans depuis novembre 2020

POINTS FAIBLES

  • Fragmentation institutionnelle, réglementaire, économique et communautaire (50 % de Bosniaques musulmans, 33 % de Serbes orthodoxes et 15 % de Croates catholiques)
  • Manque d’investissement public (transports locaux, éducation, santé) avec seulement 2 % de la dépense publique
  • Faible diversification et faible valeur ajoutée des exportations
  • Corruption, clientélisme, lenteurs administratives
  • Forte émigration estimée à 50 000 personnes par an
  • Taille importante du secteur informel, faible participation à la vie active (42 %), chômage élevé chez les jeunes (34 %)

Appréciation du risque

La nécessité de soutenir la demande intérieure

L’économie s’est fortement contractée en 2020 en raison de la crise de la COVID-19. Le gouvernement a déclaré l’état d’urgence en mars 2020 mais les mesures sanitaires dépendent de chacune des deux entités (Fédération bosno-croate et République serbe), et ont été strictes (couvre-feu, fermetures des écoles, des lieux publics, des frontières, restrictions de mouvements). Ces mesures ont été levées après la première vague (mars-avril 2020) mais ont été en partie réintroduites en octobre 2020 par crainte d’une deuxième vague. La reprise économique est donc contrainte par le virus. Le secteur touristique (environ 10% du PIB) a été affecté par la fermeture des frontières, impliquant une forte baisse du nombre de touristes domestiques et étrangers (-30% et -84% sur la période de janvier-octobre en glissement annuel respectivement). Le retour à une activité touristique à un niveau d’avant-crise en 2021 reste très incertain malgré la réouverture des frontières en juillet 2020 car la majorité des touristes sont étrangers (75%) et donc davantage contraints (tests PCR négatif, quarantaine obligatoire et éventuelle vaccination à terme). La consommation privée (75% du PIB) a été impactée par la baisse du flux de remises de travailleurs expatriés (-10% au premier semestre 2020) et une hausse du chômage. La complexe structure fédérale du pays a retardé la mise en œuvre du soutien budgétaire aux ménages. Cependant, la consommation pourra bénéficier d’une hausse des salaires réels en 2021 ainsi qu’une reprise des travailleurs expatriés. La politique monétaire est basée selon un accord qui ancre le marka à l'euro selon un taux fixe ce qui permet le soutien de sa monnaie. L’année 2020 a été marquée par la baisse des prix de l’énergie qui s’est répercutée sur le niveau d’inflation. Cette dernière devrait légèrement augmenter en 2021 en lien avec la reprise de la demande intérieure. Les entreprises bénéficient d’un programme de garanties qui facilite l’accès au crédit et accroît leur niveau de liquidités. L’investissement restera majoritairement public, notamment grâce aux financement reçus auprès de la BERD (700 millions d’euros sur 2018/2020, en partenariat avec le privé) et l’Union Européenne (315 millions d’euros sur 2018/2020).

 

Les déficits jumeaux se creusent

Les comptes publics des trois entités constitutives du pays (État central, Fédération bosno-croate et République serbe) se sont creusés en raison de la crise et devraient s’améliorer en phase avec la reprise économique et l’augmentation de recettes grâce à la TVA (40 % des recettes fiscales du pays). La dette publique augmente et sera principalement financée auprès d’acteurs publics, multilatéraux ou bilatéraux, le gouvernement n’ayant pas accès aux marchés. La gestion fragmentée entre l’État central et les deux autres entités, le coût futur des systèmes de retraite et de santé et la mauvaise gouvernance des quelque 500 entreprises publiques (endettées à hauteur de 10% du PIB), dont la moitié survit grâce à l’aide publique, imposent d’être prudent.

Du côté des comptes extérieurs, le déficit courant devrait se creuser en 2021, sous l’influence du déficit commercial chronique (24 % du PIB en 2020). La reprise des activités de services (excédent de 7 %) liées au tourisme, au transport et à la réexportation ainsi que les remises des travailleurs expatriés (8% du PIB) permettront de compenser partiellement le déficit commercial. Les IDE (3 % du PIB) et des financements internationaux majoritairement publics permettront de limiter la dégradation de la balance des paiements, tout en maintenant les réserves de change à un niveau équivalant à 8 mois d’importations.

 

L’environnement politique semble se simplifier

Suite aux accords de Dayton (1995), la Bosnie-Herzégovine est divisée en deux entités autonomes : la Fédération de Bosnie-Herzégovine à dominante bosniaque et croate, et la République serbe de Bosnie, auxquelles s’ajoute le district de Brčko géré par l’État central. L’État central a à sa tête une Présidence collégiale représentative des trois « peuples constitutifs » tournant tous les huit mois. La Constitution ne reconnaît que très peu de pouvoirs à l’État central : politique extérieure et monétaire, droits de douane, TVA, transports et défense. Même ces compétences sont gérées difficilement, car chaque composante dispose d’un pouvoir de blocage au sein du Parlement central. La composante bosniaque tente de renforcer le gouvernement central, la croate recherche l’autonomie et la serbe conteste l’existence du pays. Les élections présidentielles et législatives d’octobre 2018 ont placé en tête les partis nationalistes. Le parlement a validé le nouveau gouvernement après 14 mois d’impasse, désignant ainsi Zoran Tegeltija, ancien ministre des finances de la République serbe de Bosnie, comme nouveau premier ministre. Les élections municipales de novembre 2020, les premières depuis 2008, ont donné du poids aux partis d’opposition (notamment à Sarajevo et d’autres grandes villes) plutôt qu’aux partis nationalistes au pouvoir. Cela devrait permettre de laisser place à de nouveaux acteurs sur la scène politique. A la suite des élections municipales, le gouvernement a déclenché des négociations avec le FMI afin d’obtenir un prêt de USD 892 millions (4% du PIB) sur 3 ans. La République serbe et la Fédération bosno-croate se sont accordées en novembre 2019 sur un programme quadriennal de réformes, condition pour prétendre au statut de candidat à l’UE et l’obtention d’un prêt auprès du FMI.

 

Dernière mise à jour : Février 2021

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