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Corée du Nord

Corée du Nord

Population 25,7 millions
PIB par habitant 1 700 USD
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Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

Principaux indicateurs économiques

  2018 2019 2020 (e) 2021 (p)
Croissance PIB (%)* -4,1 0,4 -5,0 -2,0

(e) : Estimation (p) : Prévision *Données approximatives basées sur les sources disponibles

POINTS FORTS

  • Bien qu’actuellement dans l’impasse, les discussions bilatérales avec les États-Unis et la Corée du Sud augmentent les chances d'intégration économique
  • Population jeune ; faible coût de la main-d'œuvre
  • Frontières avec la Chine et la Russie
  • Importantes ressources minières encore peu exploitées

POINTS FAIBLES

  • Isolement économique et politique
  • Pénuries chroniques de nourriture et d'électricité
  • Les dépenses militaires éclipsent les investissements dans les secteurs productifs
  • Extrême pauvreté (la moitié de la population)
  • Manque criant d'infrastructures

Appréciation du risque

La pandémie plonge le pays dans une nouvelle récession

Le gouvernement, qui a décidé la fermeture des frontières dès le début du mois de janvier 2020, a reconnu officiellement le premier cas suspect de COVID-19 en juillet 2020, à Kaesong, ville frontalière avec la Corée du Sud, et immédiatement confiné la ville pendant deux semaines. Si aucune autre information officielle relative à la situation sanitaire n’a été communiquée les mois suivants, la fermeture des frontières et la mise en place d’importantes restrictions aux échanges commerciaux ont fortement affecté l’économie nord-coréenne, retombée en récession en 2020 après une quasi-stagnation du PIB en 2019. Les exportations vers la Chine ont chuté de 72% au premier semestre 2020, tandis que les importations ont diminué dans le même temps de 67%. Dans un contexte de pandémie, la Corée du Nord a essentiellement importé des biens de première nécessité (huile, sucre, farine et médicaments). L’évolution des échanges avec la Chine est d’autant plus riche en enseignements que celle-ci est quasiment l’unique fournisseur du pays et son principal débouché avec près de la moitié des exportations. Si les exportations nord-coréennes avaient rebondi de 30% en 2019, elles restaient malgré tout près de cinq fois inférieures à leur niveau de 2017, avant le vote de sanctions par le Conseil de sécurité de l'ONU visant à réduire substantiellement les échanges commerciaux avec le pays. Les sanctions affectant tous les principaux produits exportés par le pays - produits textiles (27% du total en 2017), charbon (22%) et fruits de mer (8%) -, celui-ci a nettement accru ses exportations de montres et de perruques, mais pour des montants pour le moment dérisoires (50 millions USD pour chaque produit en 2019, contre 450 millions USD d’exportations de charbon en 2017). De plus, la fermeture des frontières prive le secteur du tourisme de revenus, qui étaient certes encore très faibles du fait de l’isolationnisme, mais tendaient à se développer grâce au nombre croissant de touristes chinois ces dernières années, notamment à Pyongyang. Dans la mesure où le pays devrait rester en état d’alerte maximale par rapport à la pandémie tant que celle-ci sévira dans le monde, le commerce et le tourisme continueront d’être fortement impactés en 2021. Face à l’absence d’entrées de devises, le won (surtout échangé sur le marché noir) continuera d'être soumis à des pressions à la baisse. Sur le plan intérieur, l’essor de l’économie restera entravé par d’importantes faiblesses structurelles : les pénuries fréquentes en pétrole et en biens de consommation, en raison des sanctions, seront renforcées par la fermeture des frontières. L'économie nord-coréenne se caractérise par une planification centralisée et la propriété étatique des capitaux et des ressources. Bien qu’en recul progressif, le secteur agricole représente encore plus de 20% du PIB et reste largement public et improductif. Le secteur minier a aussi vu sa part diminuer mais représente toujours 10% du PIB. Le poids déclinant de ces deux secteurs s’explique par le développement des services (34 % du PIB en 2019, +5 points par rapport à 2012). Toutefois, ce dynamisme est imputable aux services liés à l’activité de l’État, qui représentent 74% de la valeur ajoutée du secteur. Depuis son accession au pouvoir, Kim Jong-Un a décrété la ligne byungjin, visant à poursuivre le développement parallèle de la puissance nucléaire et de l'économie, laissant ainsi entrevoir une libéralisation progressive sur le modèle du Vietnam dans les années 1980 (politique Doi Moi). Ainsi, les marchés (jangmadangs), davantage tolérés par l’État, ont fortement progressé en taille et en nombre.

 

Des discussions diplomatiques au point mort

Le Chef suprême de la Corée du Nord Kim Jong-Un a succédé à son père en 2012. Il contrôle les trois principaux organes administratifs du pays: le Parti du travail de Corée (WPK), l'Armée populaire de Corée et la Commission des affaires d'État. Le contrôle de la population est total.

Depuis 2017, la Corée du Nord est sous sanctions de l’ONU, la communauté internationale poussant le pays à se dénucléariser. Si, en mars 2018, Donald Trump, alors président des Etats-Unis, avait relancé la diplomatie et rencontré le leader nord-coréen à trois reprises, les discussions étaient toujours au point mort fin 2020. L’élection, en novembre 2020, de Joe Biden, adepte d’une ligne « dure » vis-à-vis de Pyongyang, contrastant avec la relation relativement cordiale entretenue par son prédécesseur, pourrait entraîner un regain de tension et des actions de démonstration de force. Fin 2020, le pays continuait de rejeter le processus de dénucléarisation « définitive et entièrement vérifiée » demandé par Washington, tant que les sanctions internationales ne seraient pas allégées. En parallèle, si les relations avec la Corée du Sud s’étaient légèrement améliorées suite aux trois rencontres entre Kim Jong-Un et le président sud-coréen Moon Jae-in, qui étaient convenus, en avril 2018, de travailler ensemble pour mettre fin à la guerre de Corée et promouvoir la dénucléarisation de la péninsule coréenne (déclaration de Panmunjom), elles se sont de nouveau tendues depuis. En juin 2020, la Corée du nord a détruit le symbolique bureau de liaison intercoréen, ouvert à Kaesong en 2018, avant d’abattre, en septembre 2020, un fonctionnaire sud-coréen entré illégalement dans les eaux nord-coréennes. Toutefois, les excuses officielles présentées par Kim Jong-Un au président Moon Jae-in, relayées par le gouvernement sud-coréen, illustrent une volonté d’apaisement. Un rapprochement stimulerait le secteur manufacturier (IDE sud-coréens) et la construction, via des projets communs d’infrastructures (rail et route).

 

Dernière mise à jour : Mars 2021

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