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Corée du Nord

Corée du Nord

Population 25,49 M
PIB par habitant 1 252 USD
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Synthèse

Principaux indicateurs économiques

 

  2016 2017 2018 (e) 2019 (p)
Croissance PIB (%) * 3,9 -3,5 -1,0 2,0

(e) : Estimation. (p) : Prévision. *Données approximatives basées sur les sources disponibles.

Appréciation du risque

L'allègement des sanctions internationales devrait stimuler la croissance

Après un an de dégel des relations diplomatiques, il est probable que les sanctions à l'encontre de la Corée du Nord seront allégées, ce qui permettrait à l’économie de croître après deux ans de contraction. La fin des sanctions strictes autorisera les importations de Chine et de Russie, les principaux partenaires commerciaux du pays. Malgré ces importations, l'économie continuera d'être aux prises avec des pénuries chroniques en énergie, aliments et autres biens de consommation de base. Le secteur agricole représente une part importante de la production (25 % du PIB), mais reste largement public et improductif. Sur le plan extérieur, les exportations de charbon vers la Chine augmenteront les réserves de change et les recettes publiques. Les recettes supplémentaires devraient soutenir les dépenses publiques, y compris dans le secteur des services qui est dominé par l'État (30 % du PIB). L'amélioration des relations diplomatiques devrait aussi se traduire par l’augmentation des recettes touristiques. Le développement de la zone touristique côtière de Wonsan-Kalma contribuerait à stimuler le tourisme, apporter de nécessaires devises, favoriser la demande intérieure. La réduction progressive des dépenses militaires devrait également contribuer à libérer le potentiel de croissance. Toutefois, l'inflation devrait rester très volatile compte tenu de la dépendance extérieure totale pour le pétrole et des pénuries fréquentes en biens de consommation de base. Le won devrait continuer d'être soumis à des pressions à la baisse (il est surtout échangé sur le marché noir).

L'économie nord-coréenne est définie par une planification centralisée et la stricte propriété étatique des capitaux et des ressources. Cependant, une libéralisation économique croissante est probable, car Kim Jung Un a suggéré que la Corée du Nord devrait poursuive un modèle similaire à celui du Vietnam dans les années 1980 (politique Doi Moi), combinant des réformes de marché et de meilleurs liens avec l'Occident tout en maintenant le contrôle politique. Cela est conforme à la ligne byungjin, qui poursuit le développement parallèle de l'économie et de l’arsenal nucléaire, des progrès significatifs ayant été réalisés dans le second domaine. De plus, depuis la fin des années 1990, l'économie de marché a eu des balbutiements à travers des initiatives illégales de contrebande et de troc. Et depuis l'arrivée au pouvoir de Kim Jung Un, les marchés, ou jangmadangs, ont doublé en taille et en nombre, permettant actuellement à une partie de la population de faire preuve d'esprit d'entreprise et de compléter leurs revenus. Par ailleurs, le réchauffement des relations avec la Corée du Sud devrait stimuler le secteur manufacturier (20 % du PIB), avec la réouverture de la zone industrielle de Kaesong, vaste région administrative spéciale à la frontière sud de la Corée du Nord, fermée par la Corée du Sud en 2016 suite au quatrième essai nucléaire de Pyongyang. L'augmentation des IDE en provenance de la Corée du Sud et du Japon contribuera grandement au développement. Le rapprochement donnerait également une impulsion au secteur de la construction, la Corée du Nord et la Corée du Sud prévoyant la mise en place d’infrastructures de connectivité (rail et route).

 

La dénucléarisation continue de façonner les relations diplomatiques

Le Guide suprême de la Corée du Nord Kim Jong Un a succédé à son père en 2012. Il contrôle les trois principaux organes administratifs de la Corée du Nord : le Parti du travail de Corée (WPK), l'Armée populaire de Corée et la Commission des affaires d'État. Les élections à l'Assemblée populaire suprême (la législature) ont lieu tous les cinq ans ; les prochaines doivent avoir lieu en 2019. Toutefois, il est peu probable que Kim Jong Un soit mis en difficulté, car il a une mainmise forte sur le pouvoir. De plus, il fait face à moins d'opposition, suite à l'exécution de son oncle Jang Song Thaek en 2013 et à l'assassinat de son demi-frère Kim Jong Nam en Malaisie en 2017. L’action publique est centralisée et s’organise en plans quinquennaux de type soviétique ; le plan actuel s'achève en 2021.

En 2017, la Corée du Nord a testé des tirs de missiles à longue portée qui pourraient atteindre des territoires américains et a continué à renforcer ses capacités nucléaires. En réponse, les États-Unis ont mené une stratégie de « pression maximale » pour forcer la Corée du Nord à se dénucléariser. Le Conseil de sécurité de l'ONU a voté des sanctions visant à réduire de 90 % les exportations (charbon, minerai de fer, fruits de mer et textiles) et de 55 % les importations de pétrole, réduisant ainsi les revenus de la Corée du Nord et ses importations les plus importantes. En outre, les États-Unis ont consolidé son isolement économique en refusant aux pays tiers ne respectant pas les sanctions de l'ONU l'accès aux marchés américains. Ce niveau de pression sans précédent (la Chine et la Russie ont également appliqué les sanctions) aurait conduit à deux années de contraction économique. Cependant, depuis lors, le président américain Donald Trump a relancé la diplomatie en mars 2018 et les relations avec la Chine et la Corée du Sud se sont améliorées. Le président sud-coréen Moon Jae-in est ambitieux quant à l’intégration économique et une coopération accrue sur les questions sociales et militaires, ce qui a été promu en 2018 lors de trois rencontres avec Kim Jung Un. Par la déclaration de Panmunjom, adoptée en avril 2018, les deux parties ont convenu de travailler ensemble pour mettre fin à la guerre de Corée et promouvoir la dénucléarisation de la péninsule coréenne.

Le pays bénéficiera de la position pragmatique du président sud-coréen dans sa politique pro-engagement et des tensions entre les États-Unis et la Chine qui entraveront les efforts de coopération pour appliquer des sanctions économiques. Si la question de la dénucléarisation prendra encore du temps à se résoudre, la résurgence du dialogue devrait permettre un certain assouplissement des sanctions. Bien que la Chine applique les sanctions depuis le second semestre 2017, la frontière avec la Chine et la Russie permet à la Corée du Nord de s’approvisionner à l’international, malgré les sanctions.

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