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Corée du Nord

Corée du Nord

Population 25,5M
PIB par habitant 1 282 USD
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Synthèse

Principaux indicateurs économiques

 

 

  2017 2018 2019 (e) 2020 (p)
Croissance PIB * (%) -3,5 -4,1 -1,0 1,0

(e) : Estimation. (p) : Prévision. *Données approximatives basées sur les sources disponibles.

POINTS FORTS

  • Les discussions bilatérales avec les États-Unis et la Corée du Sud augmentent les chances d’intégration économique
  • Population jeune ; faible coût de la main-d’œuvre
  • Frontières avec la Chine et la Russie
  • Importantes ressources minières encore peu exploitées

POINTS FAIBLES

  • Isolement économique et politique
  • Pénuries chroniques de nourriture et d’électricité
  • Les dépenses militaires éclipsent les investissements dans les secteurs productifs
  • Extrême pauvreté (la moitié de la population)
  • Manque criant d’infrastructures

Appréciation du risque

Une isolation internationale qui persiste malgré de récents progrès diplomatiques

Le Chef suprême de la Corée du Nord Kim Jong Un a succédé à son père en 2012. Il contrôle les trois principaux organes administratifs de la Corée du Nord : le Parti du travail de Corée (WPK), l’Armée populaire de Corée et la Commission des affaires d’État. Kim Jong Un dispose d’une mainmise forte sur le pouvoir, qui s’est renforcée encore davantage suite à l’exécution de son oncle Jang Song Thaek en 2013 et à l’assassinat de son demi-frère Kim Jong Nam en Malaisie en 2017. Le contrôle de la population est total et les libertés individuelles sont très limitées.

En 2017, la Corée du Nord a testé des tirs de missiles à longue portée qui pourraient atteindre des territoires américains et a continué à renforcer ses capacités nucléaires. En réponse, les États-Unis ont mené une stratégie de « pression maximale » pour forcer la Corée du Nord à se dénucléariser. Le Conseil de sécurité de l’ONU a voté des sanctions visant à réduire de 90 % les exportations (charbon, minerai de fer, fruits de mer et textiles) et de 55 % les importations de pétrole, réduisant ainsi les revenus de la Corée du Nord et ses importations les plus importantes. En outre, les États-Unis ont consolidé son isolement économique en refusant aux pays tiers ne respectant pas les sanctions de l’ONU l’accès aux marchés américains. Ce niveau de pression sans précédent (la Chine et la Russie ont également appliqué les sanctions) a conduit à deux années de contraction économique importante. Depuis lors, le président américain Donald Trump a relancé la diplomatie en mars 2018 et rencontré le leader nord-coréen à trois reprises. Néanmoins, fin 2019, les deux partis n’étaient pas parvenus à trouver un accord, les discussions étant au point mort. Pyongyang rejette le processus de dénucléarisation « définitive et entièrement vérifiée » demandé par Washington, tant que les sanctions internationales ne sont pas allégées. La Corée du Nord se montre également très irritée par les exercices militaires conjoints entre les armées américaine et sud-coréenne, qu’elle perçoit comme des provocations. Toutefois, l’émergence d’un accord en 2020 reste toujours possible, notamment parce que les deux leaders y trouveraient chacun un intérêt. D’une part, le président Trump pourrait brandir ce succès de politique étrangère durant la campagne pour sa réélection en novembre 2020. D’autre part, Kim Jong Un espère profiter de ce rapprochement inédit avec l’administration américaine pour atténuer l’isolement économique et favoriser le développement de son pays.

Dans le même temps, les relations avec la Chine et la Corée du Sud se sont légèrement améliorées. Le président sud-coréen Moon Jae-in est ambitieux quant à l’intégration économique et une coopération accrue sur les questions sociales et militaires, ce qui a été promu en 2018 lors de trois rencontres avec Kim Jung Un. Par la déclaration de Panmunjom, adoptée en avril 2018, les deux parties ont convenu de travailler ensemble pour mettre fin à la guerre de Corée et promouvoir la dénucléarisation de la péninsule coréenne.

 

Une économie toujours fragile, frappée par les sanctions internationales

L’économie nord-coréenne demeure marquée par d’importantes faiblesses structurelles, qui entravent son développement. De plus, en l’absence d’accord, les sanctions internationales continueront de peser lourdement sur le commerce extérieur. Ainsi, les importations auraient diminué de 31 % en 2018, renforçant les pénuries fréquentes en pétrole et en biens de consommation. Dans le même temps, les exportations se seraient aussi écroulées de plus de 80 %, notamment dans le textile, les minerais et les machines. En outre, les échanges avec la Corée du Sud restent très limités, étant toujours pénalisés par la fermeture en 2016, suite au quatrième essai nucléaire de Pyongyang, du vaste complexe industriel de Kaesong, qui jouxte la frontière entre les deux pays.

L’économie du pays est définie par une planification centralisée et la stricte propriété étatique des capitaux et des ressources. Le secteur agricole représente encore une large part de la production (près de 25 % du PIB), et reste largement public et improductif. Concernant le secteur des services (33 % du PIB), les trois quarts de la valeur ajoutée produite sont directement liés à l’activité de l’État. Cependant, une libéralisation économique croissante est probable, car Kim Jong Un a suggéré que la Corée du Nord devrait poursuivre un modèle similaire à celui du Vietnam dans les années 1980 (politique Doi Moi), combinant des réformes de marché et de meilleurs liens avec l’Occident avec le maintien du contrôle politique. Cela est conforme à la ligne byungjin, qui vise à poursuivre le développement parallèle de l’économie et de l’arsenal nucléaire. De plus, depuis la fin des années 1990, l’économie de marché a eu des balbutiements à travers des initiatives illégales de contrebande et de troc. Et depuis l’arrivée au pouvoir de Kim Jong Un, les marchés (jangmadangs) sont davantage tolérés par l’État. Ils ont fortement progressé en taille et en nombre, permettant à une partie de la population de faire preuve d’esprit d’entreprise et de compléter leurs revenus. Le secteur du tourisme, encore très marginal du fait de l’isolationnisme, profite tout de même d’un accroissement du nombre de touristes chinois ces dernières années, notamment à Pyongyang. Par ailleurs, un rapprochement avec la Corée du Sud stimulerait les IDE et le secteur manufacturier, mais donnerait également une impulsion au secteur de la construction, les deux pays prévoyant la mise en place d’infrastructures de connectivité (rail et route). Enfin, l’inflation restera très volatile, compte tenu de la forte dépendance extérieure et de la faiblesse de l’agriculture. Le won devrait continuer d’être soumis à des pressions à la baisse (il est surtout échangé sur le marché noir).

 

Dernière mise à jour : Février 2020

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