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Iran (République islamique de)

Iran (République islamique de)

Population 81,4 millions
PIB par habitant 5 290 $US
E
Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

major macro economic indicators

 

 

 

  2016 2017 2018 (e) 2019 (p)
Croissance PIB (%) * 13,4 3,8 -1,5 -6,0
Inflation (moyenne annuelle, %) 9,0 9,6 29,5 34,1
Solde public / PIB (%) -2,2 -1,8 -4,7 -5,2
Solde courant / PIB (%) 4,0 2,2 1,3 0,2
Dette publique / PIB (%) 47,4 39,5 44,2 39,2

(e) : Estimation. (p) : Prévision. * Calendrier iranien : année 2019 du 20 mars 2019 au 21 mars 2020.

POINTS FORTS

  • Importantes réserves de gaz et de pétrole (respectivement aux second et quatrième rangs mondiaux)
  • Très faible endettement extérieur
  • Positionnement stratégique dans la sous-région
  • Marché important (80 millions de personnes)

POINTS FAIBLES

  • Sortie des États-Unis de l’accord de Vienne
  • Forte inflation
  • Tensions sociales
  • Environnement des affaires peu favorable
  • Manque d’infrastructure
  • La présence des gardiens de la révolution au sein de l’appareil productif et leur collusion avec les milieux politiques pourraient freiner l’ouverture de l’économie
  • Les indicateurs de gouvernance de la Banque Mondiale placent le pays à un niveau de risque élevé

Appréciation du risque

L’économie iranienne est entrée en récession en 2018 sous l’effet des sanctions

En mai 2018, le président américain Donald Trump a annoncé le retrait des États-Unis de l’accord de Vienne signé en 2015 entre l’Iran et le P5+1 (cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU et l'Allemagne) et le rétablissement des sanctions américaines dans un délai de 90 jours (180 jours pour les exportations de pétrole). Bien que cette décision n’invalide pas le précédent accord, elle devrait plonger l’économie iranienne dans une nouvelle période de récession en la coupant progressivement du reste du monde. Les premiers impacts liés aux sanctions ont commencé à se matérialiser en 2018 et la situation économique devrait progressivement se dégrader. En réponse aux sanctions américaines, l’Union européenne a mis en place des mesures dites de blocage qui permettraient de protéger les entreprises exerçant des activités licites en Iran contre l'extraterritorialité des sanctions américaines (lois permettant de poursuivre des entreprises non américaines à l’étranger, à condition qu’elles aient un lien avec les États-Unis). En dépit de ce dispositif, plusieurs entreprises européennes ont annoncé la fin de leur activité. Dans le même temps, sous la pression américaine, les principaux partenaires asiatiques ont réduit leurs achats de pétrole iranien engendrant une baisse des exportations de pétrole depuis le mois d’août 2018. Elles devraient passer d’une moyenne mensuelle de 2,1 millions de barils par jour (mbj) en 2017 à 1,1 mbj jour en 2019. Outre le secteur pétrolier, l’économie hors pétrole devrait également pâtir de la baisse des échanges et de l’arrêt des investissements. La crainte d’une pénurie de dollars a entraîné le décrochage du rial sur le marché du change parallèle, poussant la banque centrale à intervenir par le biais des banques commerciales. La monnaie iranienne aurait perdu plus de 80 % de sa valeur, faisant grimper les prix des produits importés. L’inflation devrait de nouveaux dépasser le seuil des 30 %, pénalisant aussi bien les entreprises que les ménages.

 

Creusement du déficit public et résorption du surplus du compte courant

En 2019, le déficit public devrait significativement se creuser compte tenu de la baisse des recettes budgétaires. Ces dernières seront encore pénalisées par la contraction des revenus pétroliers qui représentent 40 % des recettes et par la baisse des recettes hors pétrole qui devraient pâtir de la récession économique. La dépréciation du rial, couplée à la hausse des prix du pétrole, devrait, cependant, permettre d’atténuer les effets des sanctions. En réponse à la décision américaine, le gouvernement envisage l’implémentation d’un ensemble de mesures visant à soutenir le secteur privé et à pallier aux pénuries en produits alimentaires et pharmaceutiques.

Le rétablissement des sanctions devrait, également, avoir des répercussions sur les banques iraniennes qui restent peu rentables et faiblement capitalisées. En 2016, le pays avait entrepris un large programme de réformes avec l’appui du Fonds monétaire international visant à accélérer la mise à niveau du système bancaire aux normes internationales et à renforcer son concours à l’économie. Les autorités américaines souhaiteraient exclure l’Iran du réseau SWIFT, ce qui empêcherait les banques iraniennes d’opérer des transferts internationaux comme cela a été le cas avant 2015. Bien que le réseau de communications interbancaires soit géré par une coopérative belge, il concentre une grande partie des transactions en dollars US, ce qui ne le protège pas de l’extraterritorialité du droit américain. En vue de défendre les intérêts européens et de maintenir les relations commerciales avec l'Iran, l’Union européenne envisage la mise en place d’un système d’échange basé sur l’euro et pouvant venir remplacer le SWIFT.

Malgré la dépréciation du rial et la baisse des importations, la contraction des exportations de pétrole qui représentaient 80 % des exportations totales devrait presque totalement annuler l'excédent de la balance courante. Les réserves iraniennes diminuent, mais restent confortables (14 mois d’importations).

 

Les sanctions américaines fragilisent le président iranien

La décision américaine de se retirer de l’accord de Vienne ne sera pas sans conséquence sur la politique iranienne. Le rétablissement des sanctions a fortement fragilisé le président Hassan Rohani, réélu en 2017 pour un mandat de quatre ans, ainsi que son gouvernement. Face aux pressions du Parlement, les ministres du Travail et de l’Économie ont été limogés en août 2018. Le président a également dû défendre son bilan économique face aux députés. À cette occasion, l’Ayatollah Khamenei lui a réitéré sa confiance, mais M. Rohani semble avoir perdu une grande partie de ses soutiens dans le camp réformateur et reste en proie aux critiques des conservateurs. La population a été la première impactée par les sanctions. Elle doit de nouveau faire face à une inflation galopante et aux pénuries de biens de consommation. Aussi, l’année 2018 a été marquée de nombreuses protestations populaires et 2019 ne devrait pas en êtreexempte.

La relation de l’Iran avec les pays sunnites de la région devrait rester tendue, mais le pays poursuivra ses efforts de coopération avec les pays européens, mais aussi asiatiques, en vue de limiter l’impact des sanctions et son isolement.

 

 

 

Dernière mise à jour : Février 2019

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