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Kirghizistan

Kirghizistan

Population 6,3 millions
PIB par habitant 1 293 $US
D
Evaluation des risques pays
C
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2017 2018 2019 (e) 2020 (p)
Croissance PIB (%) 4,7 3,5 4,0 -4.0
Inflation (moyenne annuelle, %) 3,2 1,5 1,5 3,0
Solde public / PIB (%) -4,6 -1,3 -3,0 -3,0
Solde courant / PIB (%) -6,2 -8,7 -9,0 -7,5
Dette publique / PIB (%) 58,8 56,0 56,6 55,0

(e) : Estimation. (p) : Prévision.

POINTS FORTS

  • Importantes ressources aurifères et en autres métaux (cuivre, uranium, mercure, fer)
  • Potentiel hydroélectrique dont seulement 10 % exploités
  • Position de pivot stratégique entre l’Asie et l’Europe
  • Soutien des donateurs bilatéraux et multilatéraux
  • Partie de l’Initiative chinoise Belt and Road (B&R)
  • Adhésion à l’Union économique eurasiatique en 2015 (Russie, Biélorussie, Kazakhstan et Arménie)

POINTS FAIBLES

  • Faible diversification de l’économie qui reste tributaire de l’or, de l’agriculture et des transferts des expatriés
  • Pays enclavé à la géographie difficile avec une très forte dépendance énergétique
  • Infrastructures déficientes (irrigation, assainissement, électricité)
  • Importante économie souterraine réduisant la ressource publique
  • Faible développement du système bancaire (crédit = 23 % du PIB en 2018)
  • Environnement des affaires difficile
  • Instabilité politique et sociale liée à la faiblesse des institutions, au niveau élevé de pauvreté et aux tensions inter-ethniques
  • Relations difficiles avec ses voisins (gestion de l’eau, frontières)

Appréciation du risque

Une croissance encore soutenue

En 2020, la croissance devrait rester soutenue. Après avoir reculé en 2018, la production de la mine d’or de Kumtor (9 % du PIB en 2018) s’est rétablie et devrait profiter de nouvelles explorations destinées à étendre la durée de vie du site. L’agriculture (14 % du PIB et 27 % des emplois) se maintiendra et continuera de jouer un rôle significatif dans l’économie. Le principal moteur de l’économie restera la consommation privée (83 % du PIB). Les massifs transferts des travailleurs expatriés devraient profiter d’une meilleure orientation de l’économie russe. L’investissement public (environ 20 % du PIB) contribuera également à l’activité économique, porté par les prêts aidés des organisations internationales, notamment ceux de la Banque Mondiale et de la Banque asiatique de développement (modernisation de la centrale hydroélectrique d’Uch-Kurgan pour 100 millions USD). La construction de l’Alternative North South Road (850 millions USD) par la China Road and Bridge Corporation se poursuivra dans le cadre de l’initiative chinoise Belt and Road. Les investissements privés étrangers, centralisés dans l’industrie minière, pourraient reprendre avec la fin du conflit entre le gouvernement et Centerra Gold Inc., au sujet de la répartition des bénéfices de la mine Kumtor, malgré un climat des affaires difficile. En dépit de la perspective de développement des exportations non aurifères (notamment textiles) vers l’Ouzbékistan et la bonne tenue de celles d’or, le commerce extérieur pèsera toujours négativement du fait de son important déficit. L’inflation devrait être modérée du fait de la bonne tenue du som par rapport au rouble, monnaie dans laquelle sont libellées les importations alimentaires en provenance de Russie et du Kazakhstan (alimentation = 35 % du panier).

 

Politique à l’efficacité limitée et vulnérabilité extérieure

La consolidation budgétaire, déjà modérée, pourrait marquer un temps d’arrêt avec la tenue des élections en fin d’année. De plus, la politique de rigueur des pouvoirs publics demeure entravée par l’économie informelle, la forte corruption dans les administrations publiques et les exemptions fiscales, engendrant des pertes de ressources élevées. Par ailleurs, la masse salariale publique (10 % du PIB) et les subventions sur le prix de l’énergie pèsent sur les recettes. Cependant, la dette publique, externe à 86 %, pourrait se stabiliser, l’impact positif de la croissance et du différentiel avec le taux d’intérêt moyen étant compensé par le déficit. Bien que vulnérable aux fluctuations de la croissance et du change, le risque de défaut sur la dette apparaît modéré compte tenu de sa nature concessionnelle et de l’absence de remboursement majeur à court terme. Près de la moitié de sa part externe est due à Eximbank China. La politique monétaire restera peu efficace. Le crédit demeure peu développé. Les sûretés demandées sont élevées. Le taux moyen de prêt est de 14 % (alors que le taux directeur est de 4,25 %), ce qui s’explique par une faible concurrence et des coûts élevés. Toutefois, cet écart est trompeur en raison du subventionnement d’une partie du crédit. Par ailleurs, la dollarisation demeure élevée : 38 % du crédit et 44 % des dépôts fin 2018.

Le déficit courant pourrait se réduire avec une diminution du déficit commercial (36 % du PIB en 2018). Les exportations d’or pourraient rester sur leur pente ascendante, tandis que les exportations de produits agricoles (coton, tabac) et textiles, en direction de l’Ouzbékistan, s’intensifieront avec le renforcement des liens commerciaux. Le pays demeure dépendant des importations de biens d’équipement, ainsi que de produits alimentaires et énergétiques, mais ces dernières devraient rester stables. L’augmentation des transferts (30 % du PIB) en provenance de la Russie (98 % des transferts totaux) contrebalancera en grande partie le déficit commercial. Les prêts aidés sur projets et les entrées ponctuelles d’IDE financeront le déficit courant. Les réserves de change (quatre mois d’importations fin 2018) permettront à la banque centrale de poursuivre ses interventions sur le marché des changes, afin de lisser les fluctuations et de limiter l’impact sur la dette extérieure (85 % du PIB, dont 37 % de part privée fin 2018).

 

Réformes en perspective et amélioration des relations extérieures

Le Kirghizistan est marqué par l’instabilité politique, ayant traversé deux révolutions depuis l’indépendance en 1991. Cela doit beaucoup à l’opposition, à la fois, ethnique, linguistique et économique entre les vallées nord et sud qui, séparées par une haute chaîne de montagnes, constituent la partie utile du pays. De plus, les partis politiques doivent plus aux personnes qu’aux convictions. En octobre 2017, l’ancien Premier ministre, Sooronbay Jeenbekov, a été élu président pour six ans avec 54,3 % des voix. Son prédécesseur Atambayev, dont il était le protégé, a fait l’objet d’une arrestation mouvementée en août 2019, suite à une inculpation pour corruption. Le parti social-démocrate, créé par Atambayev, s’est très majoritairement rangé derrière Jeenbekov, permettant le maintien de la coalition au pouvoir dont il constitue le principal élément au sein du gouvernement dirigé par le Premier ministre Abylgaziyev depuis avril 2018. Bien que s’agissant d’un régime parlementaire, le Parlement s’aligne traditionnellement sur le président. Dans le cadre de la Stratégie nationale de développement durable 2040, le gouvernement ambitionne de mener des réformes structurelles, visant à améliorer le fonctionnement des administrations, la réglementation douanière et les lois sur la concurrence, ainsi qu’à lutter contre la corruption. Le pays reste très lié à la Russie qui dispose d’une base militaire proche de la capitale. Par ailleurs, les relations avec l’Ouzbékistan et le Kazakhstan se sont beaucoup améliorées. Par contre, celles avec le Tadjikistan demeurent difficiles. Enfin, celles avec la Chine se développent dans le cadre de l’initiative B&R, même si la présence des ouvriers chinois, le manque de transparence dans l’attribution des contrats et des prêts, ainsi que le traitement réservé aux minorités musulmanes au Xinjiang suscitent des critiques.

 

Dernière mise à jour : Février 2020

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