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Kirghizistan

Kirghizistan

Population 6,4 millions
PIB par habitant 1 323 $US
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2018 2019 2020 (e) 2021 (p)
Croissance PIB (%) 3,5 4,5 -12,0 4,5
Inflation (moyenne annuelle, %) 1,5 1,1 8,0 5,5
Solde public / PIB (%)* -0,6 -0,1 -7,3 -5,5
Solde courant / PIB (%)* -12,1 -5,6 -3,0 -6,8
Dette publique / PIB (%) 54,8 54,1 68,1 66,8

(e) : Estimation (p) : Prévision *Dons inclus

POINTS FORTS

  • Abondance des ressources en métaux (or, cuivre, uranium, mercure, fer)
  • Potentiel touristique et hydroélectrique (seulement 10% exploité)
  • Position stratégique et couloir de transit entre la Chine, la Russie et l’Europe
  • Soutien financier des bailleurs de fonds multilatéraux et bilatéraux, ainsi que de la Chine
  • Membre de l’Union économique eurasiatique (UEEA)
  • Membre de l’Initiative Ceinture et Route (ICR) de la Chine

POINTS FAIBLES

  • Petite économie ouverte fortement dépendante des fluctuations économiques en Russie, via les transferts des travailleurs expatriés (28% du PIB), en Chine et au Kazakhstan
  • Forte dépendance à l’or (50% des exportations) et à l’agriculture (18% du PIB, 27% des emplois)
  • Système bancaire fragile, concentré et dollarisé (41% des dépôts et 34% des prêts), et crédit cher, dirigé et peu développé (23% du PIB)
  • Géographie difficile (enclavée et à 94% montagneuse) et forte dépendance énergétique
  • Infrastructures déficientes (énergie, eau, santé)
  • Gouvernance défaillante (corruption, crime organisé, forte politisation du système judiciaire, importante économie informelle (23% du PIB) qui réduit la ressource publique) et environnement des affaires difficile
  • Instabilité politique et sociale liée à la faiblesse des institutions, à la pauvreté et aux oppositions ethnique, linguistique et économique entre les vallées nord et sud

Appréciation du risque

Un chaos politico-institutionnel qui pèsera sur la reprise

Le Kirghizistan est marqué par l’instabilité politique depuis son indépendance en 1991. La corruption qui mine le pays a contribué aux deux révoltes de 2005 et 2010. Dans le paysage politique mouvementé est intervenue sa troisième crise politique en 15 ans, lorsque les élections législatives du 4 octobre 2020 ont donné victorieux des partis soutenant le président Jeenbekov. L’opposition a manifesté, pris d’assaut les bâtiments officiels et libéré des politiciens emprisonnés, dont Japarov, un ancien parlementaire. Les résultats sont annulés le 6 octobre. Le 8 octobre, l’opposition nomme Japarov premier ministre par le biais d’une procédure parlementaire contestée. Jeenbekov démissionne le 15 octobre et Japarov devient président par intérim. Après avoir consolidé sa position en nommant des fidèles aux postes clés, il démissionne mi-novembre pour se présenter à l’élection présidentielle anticipée du 10 janvier 2021. Bénéficiant de son contrôle sur les institutions et du soutien de la Russie, il serait favori pour la remporter. Il a annoncé sa volonté de revenir à un système présidentiel en rédigeant une nouvelle Constitution, effaçant celle adoptée après les révoltes de 2010, qui consacrait un système parlementaire. Devant être soumise à référendum le 10 janvier 2021, elle est critiquée, notamment par l’Occident, car elle porterait atteinte à la séparation des pouvoirs et aux libertés fondamentales. Les élections législatives ont été reportées à juin 2021, laissant planer un risque élevé, au moins sur le premier semestre de 2021, d’une plus grande instabilité politique et de répercussions économiques. Des mines ont été attaquées lors des manifestations, faisant écho à l’hostilité de la population à la présence économique chinoise.

 

Une reprise lente et incertaine

Ce contexte tendu a, avec la pandémie, plongé le Kirghizistan dans sa plus forte récession depuis 1994. Les restrictions de mi-mars à mi-mai 2020, prévoyant notamment la fermeture des frontières, des commerces et des industries, ont fortement impacté la demande interne, motrice de la croissance. La consommation privée (82% du PIB) et, par ricochet, les services (56% du PIB) ont souffert de la chute des transferts des expatriés en Russie, des manifestions d’octobre 2020, mais aussi de la hausse de la pauvreté et du chômage. Les chaînes d’approvisionnement ont été perturbées en 2020, faisant chuter la production manufacturière et minière (18% du PIB). L’investissement (29,5% du PIB, 21% pour sa part privée) s’est effondré, entraînant avec lui les importations de biens d’équipement. En 2021, la reprise de la demande interne devrait être lente et dépendre du contexte politique, de la pandémie et de la reprise en Russie. Elle pourrait être portée par le rebond des transferts amorcé en juillet 2020 et par la contribution positive de l’agriculture à la croissance. L’industrie, qui a bénéficié de la suspension des procédures de faillite d’entreprises et de reports de charges, tirera profit du fonds anti-crise offrant des prêts subventionnés (2% du PIB en 2020, 7% en 2021). Malgré un potentiel rebond des exportations (un tiers du PIB), la contribution des échanges à la croissance devrait redevenir négative. En effet, la bonne tenue des exportations d’or (50% du total), portées par la production de la mine de Kumtor (10% du PIB), pourrait être partiellement effacée par le rebond des importations de biens d’équipement (17%) et de pétrole (10%) lié à une reprise de l’industrie et de la construction (8% du PIB).

Après sa forte hausse en 2020, l’inflation devrait revenir en 2021 dans la cible de 5 à 7% fixée par la banque centrale, et ce malgré la reprise de la demande interne et la hausse du prix du pétrole. La politique monétaire, avec un taux directeur bas (5% en décembre 2020), reste peu efficace. Le taux moyen des prêts est élevé (17%), ne permettant pas une impulsion d’un crédit au secteur privé qui ne soit pas subventionné. Les niveaux de capitalisation et de liquidité du secteur bancaire sont restés stables grâce à l’assouplissement des règles prudentielles, mais la qualité de ses actifs pourrait se détériorer (10% de prêts non performants en octobre 2020).

 

Une détérioration des déficits jumeaux

Le déficit public s’est creusé en 2020 et devrait rester important en 2021, notamment à cause du calendrier électoral qui devrait entretenir une dépense publique élevée. Son financement est assuré par les prêts concessionnels et les dons étrangers, à l’instar des 592 millions USD (7% du PIB) du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale reçus en 2020. Ces prêts ont alourdi la dette publique. Libellée à 85% en devises, eIle est détenue par les prêteurs multilatéraux et bilatéraux (62%) et par l’Eximbank chinoise (38%). Sa viabilité pourrait être assurée par de potentielles restructurations accordées par les créanciers du Club de Paris, qui ont déjà consenti à un report de son service à 2022-2024. Des reports ont été aussi conclus avec la Chine, qui devrait attendre les lendemains des élections pour consentir à une restructuration.

Après avoir diminué en 2020 avec la chute des importations qui a réduit le déficit commercial (34% du PIB), le déficit courant pourrait retrouver en 2021 son niveau d’avant-crise avec leur reprise. Si les IDE pourraient se tarir dans l’exploitation minière après les attaques d’octobre 2020, les prêteurs multilatéraux prendront le relais, au prix d’une hausse du ratio dette externe/PIB (87,5%, dont les deux tiers du fait du secteur public). Les réserves de change restent confortables (1,7 milliards USD en novembre 2020, 4,5 mois de couverture d’importations), permettant de limiter la dépréciation du som en intervenant sur le marché des changes.

 

Dernière mise à jour : Février 2021

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