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Laos

Laos

Population 7,2 millions
PIB par habitant 2 661 $US
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Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2018 2019 2020 (e) 2021 (p)
Croissance PIB (%)* 6,3 5,2 0,2 4,8
Inflation (moyenne annuelle, %)* 2,0 3,3 6,5 4,9
Solde public / PIB (%)* -4,7 -4,3 -8,2 -7,2
Solde courant / PIB (%)* -12,0 -6,4 -8,7 -7,7
Dette publique / PIB (%) 59,7 62,6 70,9 70,7

(e) : Estimation (p) : Prévision *Année fiscale 2021 : 1er octobre 2020 – 30 septembre 2021

POINTS FORTS

  • Ressources naturelles abondantes : minéraux (cuivre, or, fer), matières premières agricoles (maïs, riz, canne à sucre, caoutchouc, manioc, soja, café) et sylvicoles (bois, pâte à papier)
  • Expansion du secteur hydroélectrique et diversification de l’économie (agroalimentaire, électronique, habillement)
  • Investissements étrangers dans les secteurs des matières premières et de l’énergie
  • Intégration régionale (ANASE) et adhésion à l’OMC

POINTS FAIBLES

  • Déficit important et persistant de la balance des opérations courantes
  • Faiblesse des réserves de change
  • Lacunes en matière de gouvernance et fortes inégalités
  • Secteur bancaire fragile
  • Risque souverain important en raison de la dette extérieure élevée, en particulier celle détenue par la Chine
  • Sensibilité aux prix des produits de base ainsi qu’à la conjoncture économique et à la géopolitique régionale (pays enclavé)
  • Environnement des affaires mauvais (154e sur 190 pays du rapport Doing Business 2019)
  • Forte corruption (120è/198 de l’indice de Transparency International en 2019)

Appréciation du risque

Un fort rebond attendu en 2021

La croissance économique du Laos a nettement ralenti en 2020 au point de devenir quasiment nulle. En 2021, elle reprendra vigoureusement, se rapprochant des niveaux d’avant crise. La consommation des ménages, qui représente 67% du PIB, repartira après une baisse due aux pertes de revenus (taux de chômage monté à environ 20% et forte diminution des envois de fonds des expatriés qui constituent 60% des revenus pour 10% des ménages). L’investissement a diminué en 2020 avec le report de certains projets. Il sera soutenu en 2021 par la mise en œuvre de ces projets, dont notamment celui de 2 milliards de dollars du barrage Luang Prabang par la compagnie chinoise Datang Hydropower, ainsi que l’investissement de 2 milliards de dollars de l’Electricité du Laos Transmission Company Ltd (joint-venture entre des entreprises chinoises et laotiennes créée en septembre 2020) pour améliorer les lignes de transmission électriques vers les pays voisins. En effet, l’électricité constitue 10% du PIB et 25% des exportations du pays et sera l’un des moteurs de la croissance en 2021. Par ailleurs, le secteur agricole, qui représente 15% du PIB, mais 60% de la main d’œuvre, s’est remis des inondations de 2018 et, sous réserve des mêmes conditions météorologiques, continuerait à avoir une croissance positive en 2021. Au contraire, le secteur minier (6% du PIB) poursuivra son déclin en raison de la suspension des nouvelles opérations minières par le gouvernement depuis 2016. Il est par ailleurs touché par l’arrivée à maturité de mines de cuivre. Les services, notamment le tourisme et le commerce (représentant chacun 12% du PIB) ont été fortement affectés par les mesures de distanciation, mais pourraient reprendre une fois ces restrictions levées.

 

Vulnérabilité aux chocs externes due à la persistance de déficits élevés

Malgré les quelques progrès ces dernières années pour limiter le déficit public, la marge de manœuvre du gouvernement était limitée pour répondre à la crise. En avril 2020, le pays a mis en œuvre un plan de relance de 330 millions de dollars, soit 1,9% du PIB, qui s’est principalement concentré sur des transferts monétaires pour les salariés les plus pauvres. Ce plan, couplé à une chute des recettes (estimée à 21%), a creusé le déficit public de l’année fiscale 2020 et alourdi la dette publique. En outre, la dette extérieure représente 86% du PIB, dont 60% due par le secteur public, le solde correspondant à des engagements non garantis dans le cadre de partenariats publics privés ou de la voie ferrée Boten-Ventiane. En grande partie libellée en dollars, elle est d’autant plus risquée dans des périodes où le kip se déprécie, tel que ce fut le cas en 2020. La moitié de cette dette est détenue par la Chine suite aux nombreux investissements de celle-ci dans le pays dans le cadre de sa stratégie des Nouvelles routes de la soie (prêt de 5,9 milliards de dollars pour le TGV Vientiane-Boten, investissement dans l’hydroélectricité, etc). Son niveau et son service ne permettent pas au pays de financer ses dépenses à des conditions favorables sur les marchés financiers, ce qui explique que la part concessionnelle de dette publique extérieure atteigne 65%.

Le déficit courant, déjà élevé, s’est creusé en 2020 suite à une détérioration du déficit commercial et une diminution de moitié des envois de fonds des expatriés. En effet, la chute des exportations du pays (notamment celles d’électricité, de minerai, et le tourisme) due au ralentissement économique des principaux partenaires commerciaux (Thaïlande, Chine et Vietnam) n’a pas été compensée par la diminution des importations (facture pétrolière et achats de biens d’équipement). L’amélioration du déficit commercial serait limitée en 2021, contrainte par la faiblesse du tourisme. Par ailleurs, 70% des transferts de fonds d’expatriés (1,7% du PIB en 2019) proviennent de la Thaïlande, très affectée par la crise, et suivront sa reprise. Le déficit courant est habituellement financé par l’endettement bilatéral et multilatéral, ainsi que les IDE, notamment chinois. Compte tenu de réserves de change très faibles (1 mois d’importations), le besoin de financement supplémentaire pour 2020 a reposé sur l’aide d’urgence.

 

Un environnement politique opaque

Boungnang Vorachit, Président, et Thongloun Sisoulith, Premier ministre, sont tous deux membres du Parti révolutionnaire populaire lao (PPRL), seul parti autorisé dans le pays. Ce parti communiste contrôle tous les aspects de la politique et des libertés civiles. Les prochaines élections législatives, qui se tiendront en 2021, devraient donc voir le PPRL emporter l’immense majorité des sièges, tandis qu’un petit nombre de candidats indépendants non partisans et approuvés par le parti unique pourront siéger à l’Assemblée.

L’influence chinoise restera forte dans le pays, alors que le gouvernement laotien cherche à restructurer sa forte dette vis-à-vis de ce pays. Ce serait une raison qui l’a poussé en septembre 2020 à accepter que la Chine contrôle sa société nationale d’électricité. Par ailleurs, certains de ses projets hydroélectriques, tels que la construction du barrage Luang Prabang, 3ème barrage hydroélectrique laotien sur le Mékong, ont été mal accueillis par les populations locales, mais aussi par les autres pays riverains et différentes ONG environnementales en raison des perturbations qu’ils peuvent engendrer pour la pêche et l’agriculture le long du fleuve.

 

Dernière mise à jour : Février 2021

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