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Laos

Laos

Population 6,7 millions
PIB par habitant 2 541$US
D
Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2016 2017 2018 (e) 2019 (p)
Croissance PIB (%) 7,0 6,9 6,8 6,7
Inflation (moyenne annuelle, %) 1,6 0,8 0,9 4,5
Solde public / PIB (%) * -4,7 -5,7 -4,5 -4,2
Solde courant / PIB (%) -13,0 -12,1 -13,9 -12,3
Dette publique / PIB (%) 58,5 63,6 66,7 67,9

(e) : Estimation. (p) : Prévision. * Dons inclus.

POINTS FORTS

  • Ressources naturelles abondantes : minéraux (cuivre, or, or, bauxite, fer, zinc), pétrole et produits agricoles (maïs, riz, canne à sucre, caoutchouc, manioc, soja, café)
  • Expansion du secteur hydroélectrique
  • Investissements étrangers dans les secteurs des matières premières et de l’énergie
  • Intégration régionale (ASEAN) et adhésion à l’OMC

POINTS FAIBLES

  • Déficit important de la balance courante
  • Faibles réserves de change
  • Carences en matière de gouvernance et taux de pauvreté élevé
  • Secteur bancaire fragile
  • Risque souverain important en raison de la dette extérieure, en particulier de la dette extérieure chinoise
  • Sensibilité aux prix des produits de base ainsi qu’aux cycles économiques et à la géopolitique régionaux (pays enclavé)

Appréciation du risque

Croissance rapide tributaire de l'agriculture, de l'exploitation l'hydraulique et minière

Le secteur industriel, dont, en particulier l'exploitation hydroélectrique, la construction et l'exploitation minière, est la pierre angulaire de la croissance. L'hydroélectricité stimulera la croissance du PIB par l'intermédiaire du secteur de la construction, étant donné le grand nombre de projets de barrages. En 2019, les barrages de Xayaburi et Don Sahong seront achevés, ce qui augmentera la production d'électricité. Cependant, si au moins neuf autres projets sont actuellement en cours, certains – comme celui de Pak Lay – sont en attente d'approbation par la Commission du Mékong (MRC), surtout après que de fortes pluies ont provoqué l’effondrement d'un barrage en 2018, qui a entraîné de nombreuses morts et des milliers de personnes déplacées. L'électricité représente déjà un quart des exportations, notamment grâce à la demande en forte croissance de la Thaïlande. Les projets de construction dépendent en grande partie de la Chine, d’où provient environ la moitié des investissements dans le secteur de l'hydroélectricité et 70 % des fonds pour le train à grande vitesse qui parcourra le nord du pays et devrait être achevé en 2021. Le secteur du tourisme contribuera à la croissance du secteur des services en 2019, même s'il restera en deçà de son potentiel, 80 % des touristes venant d'Asie du Sud-Est. De fait, le gouvernement continuera d'investir dans les infrastructures touristiques (construction d'un cinquième aéroport et d'installations hôtelières). De plus, malgré le manque de productivité et de rentabilité, l'agriculture continuera à représenter 30 % du PIB et 60 % de la main-d'œuvre. En 2019, la consommation des ménages stagnera en raison de l'inflation galopante, même si le gouvernement entend atténuer la pression sur les prix des denrées alimentaires. La croissance des prix à la consommation s'accélérera en raison de la hausse des prix mondiaux des denrées alimentaires et du pétrole, de l'insuffisance des récoltes et de la faiblesse du kip qui cause de l'inflation importée.

 

Exposition aux chocs extérieurs du fait de l’ampleur de la dette extérieure et du déficit de la balance courante

Le déficit budgétaire restera élevé malgré les efforts d'assainissement. Les recettes sont limitées par de faibles taux d'imposition, une assiette fiscale restreinte et par la corruption. Plus de 10 % des recettes proviennent de dons internationaux. En outre, le pays est surendetté envers la Chine (au moins la moitié de la dette publique). Le niveau élevé et croissant de la dette publique est préoccupant, surtout lorsque l'on considère que 80 % de la dette publique est libellée en devises et détenue à l'extérieur du pays, bien qu'une grande partie de celle-ci soit sous conditions concessionnelles (85 %). Ce niveau de dépendance externe pose un risque de viabilité dans un contexte de resserrement monétaire mondial et de pressions à la baisse sur les devises des marchés émergents. L'exposition aux chocs extérieurs est accrue par le niveau total de la dette extérieure (environ 120 % du PIB) – bien qu'elle soit principalement liée aux IDE – et du fait que le secteur bancaire soit fragile et fortement dollarisé. De plus, le Laos ne dispose pas de réserves de change suffisantes pour amortir ces risques (environ un mois d'importations).

Le déficit du compte courant restera très élevé, ce qui expose le pays en cas de nouvelle dépréciation de la monnaie ou de fluctuations des prix des matières premières. La balance commerciale (marchandises) est en déficit structurel. La croissance des exportations sera favorisée par la hausse des prix du cuivre et l'augmentation de la production d'électricité, mais restera largement insuffisante pour compenser la facture des importations, qui augmente avec les importations de biens d'équipement dans le cadre des projets de construction. Dans le même temps, la balance des services (en particulier le secteur du tourisme) devrait en partie compenser le rapatriement des dividendes par les sociétés étrangères impliquées dans l'exploitation des ressources naturelles. Le pays reçoit également de l'aide étrangère et des envois de fonds des travailleurs expatriés.

 

Stabilité politique malgré de grands défis développementaux

Le seul parti autorisé est le Parti révolutionnaire populaire lao (PPRL), d'inspiration communiste. La stabilité et la continuité sont assurées par la censure et la répression des rassemblements politiques. Classé 154e sur 190 dans le rapport Doing Business de la Banque Mondiale, le pays souffre d'un manque d'État de droit, de niveaux élevés de corruption et du manque d’indépendance de la justice. De plus, malgré la forte croissance enregistrée ces dernières années, le pays reste sous-développé, car la gouvernance sert surtout le marché extérieur et les IDE ce qui ne profite guère à la population, les pouvoirs publics priorisant les infrastructures plutôt que la santé et l'éducation. Un autre défi en matière de gouvernance découle de l'agitation sociale contre la construction de barrages après les inondations catastrophiques de 2018, dont on soupçonne les autorités d'avoir délibérément sous-estimé le nombre de victimes. Le choix de l'hydroélectricité comme levier de développement devra également relever les défis de l’évaluation et de la gestion des externalités dans les régions en aval, comme le Vietnam et le Cambodge, alors que la MRC et ses membres manquent encore de processus administratifs établis et d'expertise.

 

Last update : Février 2019

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