Coface Group
Pharmacie

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Pharmaceutique
Asie-Pacifique
Europe centrale et de l'est
Amérique Latine
Moy-Orient & Turquie
Amérique du Nord
Europe de l'Ouest
Changer de secteur

Forces

  • Forte rentabilité des entreprises pharmaceutiques et biopharmaceutiques, particulièrement aiguë dans le contexte de la crise sanitaire de la COVID-19
  • Une forte capacité d'innovation, en réponse à la demande des autorités ainsi que des patients et de leurs familles
  • Développement de systèmes d'assurance maladie dans les pays émergents pour faire face aux maladies liées à la sédentarité et à une alimentation plus riche
  • Soutien du gouvernement par le biais de financements, notamment suite à la pandémie
  • Importantes barrières à l’entrée dans l’ensemble favorisant les acteurs du secteur

Faiblesses

  • Accroissement de la concurrence entre les producteurs de génériques
  • Meilleure pénétration du marché des biosimilaires (génériques de produits biologiques)
  • La pression des payeurs pour faire baisser le prix des médicaments
  • Les régulateurs accordent une plus grande attention à l'impact des nouvelles thérapies sur la santé grâce à une médecine fondée sur la valeur
  • Augmentation de la dette due à la nécessité d'améliorer l'offre par des acquisitions

Appréciation du risque

Synthèse de l’appréciation du risque

Globalement, le secteur pharmaceutique reste l'un des plus résilients face à cette crise sanitaire, parmi les secteurs pour lesquels Coface publie des évaluations des risques sectoriels; malgré les défis qui subsistent et qui existaient avant la crise. Le choc lié aux effets de la COVID-19 a affecté les ventes de médicaments dans de nombreux pays développés. En outre, les essais cliniques ont été retardés ou interrompus brutalement en raison des confinements au second semestre (T2) 2020, alors que, la chaîne d'approvisionnement pharmaceutique a été fortement affectée lorsque la Chine a fermé ses frontières au premier trimestre de 2020 notamment. Par conséquent, les gouvernements du monde entier se sont engagés à soutenir la recherche médicale et la délocalisation afin de gagner une certaine indépendance vis-à-vis de cette dernière. En outre, la pandémie a conduit l'économie mondiale à la récession la plus sévère depuis la seconde guerre mondiale, ce qui a détérioré les finances publiques et celles des entreprises, tout en augmentant le chômage. Enfin, les divers défis que Coface a analysé avant la crise liée à la COVID-19 subsistent. Parmi ces derniers, figurent les pressions exercées pour faire baisser les prix des médicaments, les critiques des gouvernements sur le manque de transparence lié à la fixation des prix, les difficultés des segments de distribution et le risque juridique.

Notes de lecture
Payeur : dans le secteur de la pharmaceutique, les payeurs évaluent, négocient et paient les médicaments, au nom des patients.

Pharmaceuticals FR
Analyse approfondie du secteur
COVID-19 : un choc mondial y compris pour le secteur pharmaceutique, qui reste résilient

La pandémie touche, à des degrés différents, tous les secteurs pour lesquels Coface produit des évaluations de risques sectoriels. Toutefois, le secteur pharmaceutique semble moins souffrir de la pandémie que les autres. C'est en effet l'un des secteurs que Coface considère comme l'un des plus résistants en raison de différents facteurs. Ces derniers incluent le fait que les produits pharmaceutiques sont essentiels et coûteux pour les maladies graves. Enfin, les barrières élevées à l'entrée issues de la recherche et du développement (R&D) importants dissuadent les nouveaux arrivants.

Malgré cela, les principaux marchés pharmaceutiques dans le monde ont vu leur valeur diminuer temporairement, en raison des différentes mesures de confinement, particulièrement au T2 2020. Les ventes de médicaments ont connu une baisse dans les principaux marchés (UE, Chine, Etats-Unis) à cette période, notamment émanant des hôpitaux car la demande a diminué suite à la crainte de certains patients d’être infectés en y allant. La réduction du nombre d’essais cliniques au cours du premier semestre n'est pas de bon augure pour la productivité des médicaments. Les confinements ont obligé les essais cliniques à ralentir et les régulateurs médicaux à réduire le rythme de leurs approbations. Selon une étude d'Aaron van Dorn, publiée dans la revue de recherche médicale Lancet en août 2020, la pandémie a surtout perturbé les essais lorsque les patients n'étaient pas encore recrutés. Ainsi, environ 80 % de tous les essais non liés à COVID-19 ont été interrompus aux États-Unis, selon le directeur du National Institute of Health.

La volonté de modifier la chaîne d'approvisionnement risque d'être difficile

Les perturbations touchant la chaîne de valeur mondiale des produits pharmaceutiques ont atteint un sommet lorsque la moitié de l'humanité était sous confinement au deuxième trimestre 2020. La crise de COVID-19 a en effet révélé la dépendance du monde entier à l'égard de la capacité de production chinoise, qui est l'épine dorsale de la fabrication pharmaceutique. Ainsi, un nombre important de gouvernements, y compris des économies de premier plan comme l'Union européenne (UE) et les États-Unis, envisagent notamment de réorganiser la chaîne d'approvisionnement pharmaceutique mondiale, en relocalisant certaines parties essentielles de la production. Par exemple, le président français Emmanuel Macron a promis de rapatrier la production de médicaments de grande valeur, mais les usines pharmaceutiques du pays sont principalement des sous-traitants qui produisent des molécules plus anciennes. Cette promesse s'élève à 200 millions de dollars US si l'on tient compte des efforts supplémentaires en matière de R&D. Cet exemple illustre bien à quel point il peut être difficile pour les pays de se lancer dans une telle réorganisation.

Le défi de la tarification avant COVID-19 reste une question clé pour les payeurs dans un contexte d'innovations prometteuses mais coûteuses

Les nouvelles thérapies mises sur le marché pour traiter des maladies potentiellement létales contribuent encore à cette inflation au niveau mondial. Par exemple, l’Enhertu d'AstraZeneca et de Daiichi Sankyo, qui agit contre le cholestérol, coûtera 13 000 dollars par mois. Rien qu'aux États-Unis en 2020, 800 médicaments ont vu leur prix augmenter, soit une hausse de 3,3 % du prix des médicaments selon GoodRx, qui suit les prix payés en pharmacies. Ces augmentations et le manque de transparence dans la fixation des prix ont conduit les représentants politiques, que ce soit au sein de l'administration Trump ou dans le Congrès, à se saisir de la question pour que les prix américains soient plus conformes aux normes internationales.

En septembre 2020, le président Trump a promulgué un décret permettant aux programmes fédéraux de demander aux entreprises pharmaceutiques de baisser leurs prix afin de les obliger à s'aligner sur les prix pratiqués dans les autres économies avancées. Néanmoins, une telle mesure pourrait être contestée légalement car le ministère de la santé n'a pas le droit de négocier les prix des médicaments et doit obtenir l'approbation du Congrès pour demander aux fabricants de médicaments de baisser leurs prix. En Chine, le dernier appel d'offres a offert à l'administration nationale de la sécurité des soins de santé (NHSA) une réduction de prix de 53 % sur les médicaments choisis, permettant ainsi leur vente dans les hôpitaux publics du pays. L'État chinois est plus agressif à l'égard du prix des médicaments car le développement d'un régime national d'assurance maladie est financièrement coûteux, notamment après l'apparition de la COVID-19, ce qui peut exercer une pression sur le budget de la santé. En Europe, l'augmentation de la dette induite par les mesures de soutien adoptées pendant les périodes de confinement est de nature à encourager les pouvoirs publics à mettre en place des politiques de réductions des prix de remboursement de certains médicaments. Dans le même temps, d’autres stratégies en ce moment en réflexion, pourraient émerger dans le moyen terme, bien qu’elles apparaissent pour l’heure difficile à mettre en place. C’est le cas de celle conduite par le gouvernement français. Il envisage en effet de proposer aux acteurs du secteur d’exercer une moindre pression sur les réductions des prix en échange d’un effort de leurs part d’implanter à nouveau des unités de productions de certains principes actifs et médicaments sur le sol européen.

Les entreprises pharmaceutiques, notamment les plus grandes, sont confrontées à des critiques et au scepticisme concernant le manque de transparence dans la fixation des prix de la part des gouvernements et des opinions publiques. Les appels à une plus grande transparence de la part des acteurs de l'industrie pharmaceutique ne viennent pas seulement des États-Unis, mais du monde entier. En mai 2019, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a demandé aux entreprises pharmaceutiques de divulguer leurs méthodologies utilisées pour fixer les prix facturés aux payeurs. Les payeurs ont à leur disposition certains outils pour limiter l'impact budgétaire des médicaments coûteux. Ainsi, en plus d'avoir des assurés qui partagent les paiements, les payeurs, en particulier en Europe occidentale, ont mis en place des systèmes d'évaluation "coûts-avantages" pour chaque thérapie. Au Royaume-Uni, par exemple, cette approche basée sur la valeur permet à l'Institut national pour l'excellence des soins de santé (NICE) de refuser de rembourser un médicament s'il n'améliore pas de manière significative la survie ou la qualité de vie (mesurée en termes monétaires) des patients du service national de santé (NHS) en Angleterre. Ces méthodologies sont de plus en plus appliquées dans les pays émergents, notamment dans le cadre de certains programmes pilotes d'assureurs santé privés, qui y voient une opportunité de réduire, grâce aux génériques, les coûts des systèmes de santé publics.Aux États-Unis, l'Institute for Clinical and Economic Review (ICER) tente de mettre en place une évaluation fondée sur des données probantes pour les acteurs du secteur, comme CVS Caremark, un gestionnaire de prestations pharmaceutiques (PBM), qui tente de faire baisser les prix des médicaments pour le compte des assureurs santé, entre autres. Néanmoins, les PBM sont scrutés en raison de l'opacité qui entoure leurs activités. Ils traitent principalement des flux de prescriptions et tentent de faire baisser les prix des médicaments pour le compte de leurs clients. Cependant, en tant qu'intermédiaires, ils sont pris entre deux feux, car ils ne génèrent pas suffisamment de rabais et sont accusés de mauvaise gestion, notamment par les classes politiques.

Comme avant la crise COVID-19, les distributeurs de médicaments restent le segment le plus à risque du secteur

Le segment le plus à risque dans le secteur pharmaceutique comprend les distributeurs, y compris les grossistes, ainsi que les chaînes de pharmacies. Ils subissent de plein fouet les réductions de prix exigées par les payeurs publics et privés, tandis que leurs coûts fixes sont élevés en raison de leurs réseaux de distribution assez denses et spécialisés. Ils doivent ainsi faire face au fait que certains médicaments doivent être livrés rapidement, quelle que soit la destination, tout en respectant des normes d'emballage strictes. A cela s’ajoute une concurrence accrue avec notamment l’arrivée d’acteurs tels qu’Amazon aux Etats-Unis. Selon les estimations de Coface, leur marge nette était de 1,65 % à la fin du deuxième trimestre 2020, contre 1 % il y a un an, ce qui est beaucoup plus faible que celle des entreprises pharmaceutiques et biotechnologiques. Entre-temps, ce sous-secteur a le ratio dette nette/actifs le plus élevé, atteignant 15,7 % au cours de la même période. Les grossistes européens et chinois ont un profil de risque plus élevé. En plus des politiques de réduction drastique des prix en cours dans la région, les grossistes européens doivent également respecter des normes et des réglementations plus strictes. Le respect de ces règles génère des coûts plus élevés et affecte la rentabilité. En Chine, le gouvernement central cherche à assainir le segment, qui a été durement touché par des pratiques non transparentes et la présence d'intermédiaires qui ont fait monter les prix. La politique de la "double facturation" facilite le contrôle des transactions : le producteur émet une facture au distributeur, qui la transmet ensuite à son client (hôpital ou pharmacie).

 

Dernière mise à jour : février 2021

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