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Salvador

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Population 6,5 millions
PIB par habitant 4 187 $US
D
Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2018 2019 2020 (e) 2021 (p)
Croissance PIB (%) 2,4 2,4 -8,5 3,0
Inflation (moyenne annuelle, %) 1,1 0,1 0,2 1,1
Solde public / PIB (%) -2,6 -3,1 -13,3 -8,4
Solde courant / PIB (%) 4,7 -2,1 -4,9 -4,5
Dette publique / PIB (%) 68,0 69,4 89,0 92,5

(e) : Estimation (p) : Prévision

POINTS FORTS

  • Relative diversification économique
  • Accords de libre-échange avec l’Amérique centrale et les Etats-Unis (CAFTA-DR), ainsi qu’avec le Mexique et l’UE, et membre de l’union douanière avec le Guatemala et le Honduras, et avec la Corée du Sud
  • Soutien financier des institutions multilatérales
  • Démographie forte

POINTS FAIBLES

  • Forte criminalité et insécurité liées au trafic de drogue
  • Manque de ressources naturelles
  • Vulnérabilité climatique et sismique
  • Insuffisance des infrastructures et de l’investissement
  • Dépendance envers les Etats-Unis (première destination des exportations et principale source de remises des expatriés)
  • Fragilité structurelle des comptes publics et extérieurs
  • Inégalités et pauvreté importantes

Appréciation du risque

Une reprise très dépendante des Etats-Unis

Plus affecté que ses voisins par la récession liée à la pandémie en 2020, à l’exception du Nicaragua, le Salvador connaîtra une reprise plutôt morne qui ne lui permettra pas de rattraper son retard. Cela s’explique, comme pour ses voisins, par sa forte dépendance à l’économie américaine, mais aussi par une demande publique contrainte par une situation financière tendue. La demande interne repose principalement sur la consommation des ménages (82% du PIB en 2019) pour lesquels les remises des expatriés aux Etats-Unis constituent une importante source de revenus (21% du PIB en 2019). Ces expatriés resteront plus touchés que d’autres catégories de la population par le chômage, avec un taux de 10,3% en septembre 2020, supérieur de 3 points de pourcentage à la moyenne nationale américaine. Par conséquent, l’effet de rattrapage observé sur les flux de remises au second semestre 2020 ne devrait pas continuer durablement, limitant le dynamisme de ces flux. Le potentiel non renouvellement du Temporary Protected Status qui permet à 200 000 salvadoriens de résider légalement aux Etats-Unis menace aussi cette source de revenus. L’issue de cette question, à trancher en janvier 2021, sera fortement dépendante du vainqueur à l’élection présidentielle américaine. La demande publique devrait, pour sa part, être contrainte par les tensions politiques entourant l’approbation du budget 2021 et les besoins de financement croissants malgré les engagements de l’exécutif à augmenter les dépenses pour la santé, l’éducation et la sécurité. Toutefois, un retour à plus de consensus ente le législatif et l’exécutif à l’issue des élections législatives de 2021 pourrait dynamiser les investissements dans le pays. La demande externe restera contrainte, notamment pour le secteur de l’habillement, concerné par une demande moins dynamique aux Etats-Unis et l’entrée du Vietnam dans la compétition. Au-delà du textile, le secteur manufacturier sera touché dans son ensemble, notamment les entreprises maquilas, tournées vers l’export et les Etats-Unis, avec la production de puces électroniques et d’emballages plastiques au-delà du textile. La construction devrait aussi subir le contrecoup de la récession. Le secteur agricole restera dynamique, tiré par des exportations de café et de sucre. Un regain de l’épidémie dans le pays fait toutefois peser un risque sur ce scénario.

 

Des besoins de financement pour les comptes publics et extérieurs

La détérioration des finances publiques déjà fragiles est l’une des principales conséquences de la pandémie avec un bond de 20 points de pourcentage de la dette publique par rapport au PIB en 2020. Le budget 2021 prévoit une augmentation de 16% des dépenses par rapport à l’année 2020. En l’absence de mesures pour accroître les recettes, les nouveaux besoins de financement devraient être couverts par de la dette. Le pays a obtenu un total de 606 millions de dollars en prêts multilatéraux auprès du FMI, de la Banque Mondiale, de la Banque Inter-Américaine de Développement, et de la Banque Centre-Américaine pour l’Intégration Economique. Toutefois, ces prêts n’ont pas permis de combler l’ensemble des besoins de financement du gouvernement, le poussant à s’endetter par l’émission d’obligations remboursables à court terme à hauteur de 1 milliard d’euros pour financer les dépenses de 2020. Le remboursement de cette dette de court terme à haut taux d’intérêt devrait accroître la contrainte financière du gouvernement qui compte sur de nouveaux prêts multilatéraux pour y faire face, le marché domestique étant déjà saturé. Un accord avec le FMI pour l’obtention de financement est peu probable avant les élections législatives de février et serait conditionné à d’importants ajustements fiscaux. Le déficit commercial restera élevé, alors que les exportations seront encore pénalisées par la moindre demande mondiale pour le textile et l’habillement, malgré le dynamisme des produits agricoles. Les importations devraient, pour leur part, augmenter, entraînées par le regain de la demande interne. Avec une balance des revenus toujours déficitaire du fait du rapatriement de leurs dividendes par les entreprises étrangères, les transferts des expatriés s’avèreront insuffisants pour équilibrer la balance courante. Les investissements directs étrangers, principalement issus des Etats-Unis, resteront mornes dans un contexte global incertain. Le gouvernement devra donc aussi financer ces besoins extérieurs par les prêts multilatéraux.

 

La fin des tensions entre le législatif et l’exécutif ?

Depuis l’arrivée au pouvoir de Nayib Bukele pour le parti de centre-droit GANA à l’élection de février 2019, les tensions sont fortes entre l’exécutif et le pouvoir législatif où dominent les deux partis traditionnels, FMLN et Arena. Ces tensions ont culminé le 9 février 2020 avec l’entrée de militaires à l’Assemblée nationale, le président cherchant à faire pression sur les députés pour l’obtention de financement dans la lutte contre les gangs. Les élections législatives de février 2021 pourraient permettre à Nayib Bukele de sortir gagnant de cette confrontation, son parti nouvellement créé, Nuevas ideas, se trouvant pour l’instant largement en tête dans les sondages (48% de soutien contre 8% cumulés pour Arena et FMLN). Un nouveau consensus entre l’assemblée et le président pourrait permettre à ce dernier de mener à bien son programme de réformes. Sur la scène internationale, ses relations très amicales avec les Etats-Unis pourrait connaître un certain regain de tensions dans le cas d’une victoire de Joe Biden. Plusieurs voix se sont déjà fait entendre au Congrès américain critiquant le tournant autoritaire pris par le président et appelant à suspendre l’aide américaine au pays en l’absence de réformes.

 

Dernière mise à jour : Février 2021

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