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Salvador

Salvador

Population 6,4 millions
PIB par habitant 3895 $US
C
Evaluation des risques pays
B
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2016 2017 2018 (e) 2019 (p)
Croissance PIB (%) 2,4 2,3 2,3 2,3
Inflation (moyenne annuelle, %) 0,6 1,0 1,7 1,9
Solde public / PIB (%) -3,4 -2,5 -2,2 -2,7
Solde courant / PIB (%) -2,2 -2,5 -3,4 -3,4
Dette publique / PIB (%) 69,5 70,6 70,1 70,3

 

(e) : Estimation. (p) : Prévision. 

POINTS FORTS

  • Relative diversification économique
  • Accords de libre-échange avec l’Amérique centrale et les États-Unis (CAFTA-DR), ainsi qu’avec le Mexique et l’UE, et entrée dans l’union douanière avec le Guatemala et le Honduras
  • Soutien financier des institutions multilatérales
  • Démographie forte

POINTS FAIBLES

  • Forte criminalité et insécurité liées au trafic de drogue
  • Manque de ressources naturelles
  • Vulnérabilité climatique et sismique
  • Insuffisance des infrastructures et de l’investissement
  • Dépendance envers les États-Unis (48 % des exportations)
  • Fragilité structurelle des comptes publics et extérieurs
  • Inégalités et pauvreté importantes

Appréciation du risque

 

Des freins structurels à la croissance

En 2019, la croissance salvadorienne continuera d’être la plus faible parmi les pays d’Amérique centrale, limitée par le manque d’investissements et le besoin de réformes structurelles. La vitalité de l’activité aux États-Unis soutiendra les exportations, notamment celles de textiles et habillement, mais aussi de composants électroniques (câbles, puces). La baisse du chômage au sein de la communauté latino aux États-Unis permettra de soutenir l’envoi de remises de la part des 2 millions d’immigrés salvadoriens aux États-Unis (20 % de la population du pays), soutenant la demande domestique. La fin du TPS (Temporary Protected Status), décidée par l’administration Trump (échéance en septembre 2019), devrait avoir des conséquences limitées sur le flux de devises car seul 200 000 migrants sont concernés, et une part importante devrait être régularisée. Cependant, un potentiel durcissement de la politique migratoire américaine pourrait représenter un risque pour l’économie salvadorienne, très dépendante de ces flux de devises (18 % du PIB). La consommation privée sera en outre favorisée par une inflation faible, contenue par la dollarisation totale de l’économie. Du point de vue de l’offre, le secteur agricole restera caractérisé par de mauvaises performances dans un contexte de faible cours du sucre et du café (principale production agricole du pays). L’investissement privé restera encore très insuffisant, contraint par un taux de criminalité très élevé et un environnement des affaires encore déficient malgré les récents progrès. Les maquilas, zones de production dédiées à l’export, continueront de concentrer la majeure partie des investissements étrangers et de la production manufacturière, notamment autour du secteur du textile et de l’habillement.

Des situations budgétaire et extérieure fragiles

Malgré les récents ajustements budgétaires qui ont permis de générer un surplus primaire en 2017 et 2018, le paiement des intérêts sur la dette devrait encore fragiliser les comptes publics en 2019. Les économies réalisées à la suite de la réforme des retraites en 2017 ne devraient pas permettre d’accroître substantiellement les recettes en l’absence de nouvelles réformes, retardées par le manque d’accord entre les partis politiques. Après un défaut partiel sur sa dette début 2017, le pays a fait face à l’automne 2018 à de nouvelles difficultés pour financer le paiement d’intérêts arrivant à échéance en 2019. L’opposition majoritaire au Parlement bloquait en effet l’émission d’obligations souhaitée par le gouvernement en l’absence de réformes budgétaires supplémentaires. Le blocage législatif devrait continuer jusqu’à la fin du mandat de l’actuel président en juin 2019. Dans ce contexte, la dette publique (incluant la dette des entreprises publiques non-financières) devrait légèrement augmenter. Son niveau relativement élevé présente un risque dans le contexte d’une économie totalement dollarisée comme le Salvador.

Du côté des comptes extérieurs, le déficit courant devrait rester stable par rapport à 2018. La balance commerciale restera déficitaire (-20 % du PIB) en raison du dynamisme des importations de biens intermédiaires (notamment dédiées au secteur textile). Le déficit de la balance des revenus devrait continuer de se creuser avec le rapatriement des dividendes des entreprises étrangères dans un contexte de hausse des taux directeurs aux États-Unis. La croissance des flux de remises, moins dynamique que par le passé, ne devrait que partiellement compenser ces déficits. Les IDE seront encore insuffisants pour équilibrer ce besoin de financements extérieurs. Le gouvernement devrait donc avoir recours au financement sur les marchés par l’émission d’obligations ainsi qu’aux bailleurs de fonds internationaux.

Vers la fin d’un blocage politique ?

Au pouvoir depuis 2014, le président Salvador Sanchez Cerén (Frente Farabundo Marti para la Liberacion nacional, FMLN) bénéficie aujourd’hui d’un très faible soutien populaire en raison du haut taux de criminalité dans le pays et du manque de véritable projet de lutte contre la pauvreté. Aux élections législatives de mars 2018, le parti d’opposition (Arena) a remporté la majorité des sièges au parlement, menant à une situation de blocage législatif, empêchant toute réforme. Dans ce contexte politique difficile pour le FMLN, la bataille présidentielle de février 2019 se jouera surtout entre Carlos Calleja, candidat d’Arena, et Nayib Bukele, du parti Gran Alianza por la Unidad Nacional (GANA). Une victoire de Bukele serait une rupture majeure avec le bipartisme historique du système politique salvadorien. Indépendamment du vainqueur, le prochain président devra affronter les défis que représentent la lutte contre la criminalité et la corruption, ainsi que la réduction de la pauvreté et la question migratoire.

Du point de vue des relations diplomatiques, au-delà du partenariat de premier plan avec les États-Unis, la politique étrangère du Salvador reste orientée vers la sous-région avec l’entrée, en 2018, dans l’union douanière formée par le Guatemala et les Honduras. Un rapprochement avec la Chine a aussi été engagé avec la fin des relations diplomatiques avec Taïwan en août 2018 et une volonté affichée d’accroître la coopération économique entre les deux pays.

 

Dernière mise à jour : Février 2019

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