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Syrie

Syrie

Population 16.9 millions
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Synthèse

POINTS FORTS

  • Position géographique stratégique
  • Pays de transit énergétique
  • Potentiel pétrolier

POINTS FAIBLES

  • Guerre civile depuis 2011 : des centaines de milliers de morts, des millions de déplacés à l’intérieur et hors du pays, destruction de nombreuses infrastructures
  • Fragmentation du territoire entre différents groupes d’influence
  • Production officielle de pétrole fortement réduite

Appréciation du risque

Le régime se renforce, mais l’influence des puissances étrangères persiste

Après neuf années de guerre civile, le conflit syrien est entré dans une nouvelle phase. Depuis la chute d’Alep en 2016, le rapport de force s’est inversé. Le régime de Bachar al-Assad, contre lequel une partie de la population syrienne s’était insurgée en 2011, a repris une grande partie du territoire. À la confrontation entre le régime et l’Armée syrienne libre se sont greffés d’autres acteurs. D’un côté, la Russie, l’Iran et le Hezbollah offrent un soutien militaire et logistique à Damas, indispensable à son maintien. De l’autre, une coalition internationale, composée de pays occidentaux et arabes, s’était formée dans le but de freiner l’expansion des groupes islamistes radicaux (al Nosra et Daech) en Syrie et en Irak. Bien que les affrontements se soient soldés par la défaite des groupuscules djihadistes, les forces de la coalition restent présentes dans les zones sous contrôle kurde, qui s’étendent à l’est de l’Euphrate. Certaines milices islamistes continuent d’être actives dans les zones désertiques du Sud syrien. La Turquie, qui partage une frontière terrestre avec la Syrie, est intervenue plusieurs fois dans le conflit pour protéger ses frontières et ses intérêts dans la région. Tout en soutenant la rébellion face au régime de Bachar al-Assad, elle s’efforce de limiter l’afflux de réfugiés syriens sur son territoire et veille à ce que la fin de la guerre ne débouche pas sur la création d’un État kurde.

La reprise par le régime de la région d’Idlib pourrait constituer le dernier acte de la guerre en Syrie. Cette région du nord-ouest du pays, déchirée entre groupes djihadistes et rebelles de l’opposition, a été en partie reprise par le régime entre avril et août 2019. En parallèle, le retrait progressif des troupes américaines de Syrie fragilise la mainmise des Forces démocratiques syriennes (FDS), à dominance kurde, sur le nord-est du pays. En effet, la présence américaine, notamment dans la région de Manbidj, avait permis de contenir les ambitions de la Turquie. En octobre 2019, à la suite de l’annonce du retrait presque total des troupes américaines et malgré les protestations internationales, les forces turques ont envahi la Syrie par le nord-est, afin de créer une zone de sécurité, ou « zone tampon », de 30 kilomètres de profondeur. Pour contrer l’attaque turque, les FDS ont autorisé le déploiement de l’armée syrienne sur leur territoire. Mais, suite à l’accord de Sotchi conclu entre les présidents Erdogan et Poutine, les Kurdes ont tout de même dû se retirer de la zone de sécurité. Par ailleurs, l’accord instaure des patrouilles russo-turques le long de la frontière turco-syrienne. Les Kurdes se retrouvent donc encore davantage coincés entre les forces turques et l’armée de Bachar al-Assad, qui souhaite toujours reconquérir ce territoire perdu. Ainsi, la violence et l’instabilité devraient persister.

En septembre 2019, l’ONU a annoncé la création d’un Comité constitutionnel chargé d’amorcer une transition politique. Il est composé de 150 membres, issus à proportion égale du gouvernement, de l’opposition (l’administration semi-autonome kurde n’est pas représentée) et de la société civile, qui doivent élaborer une nouvelle Constitution et ouvrir la voie à des élections libres. Cependant, les avancées que ce Comité pourrait obtenir semblent pour l’heure incertaines. Une nouvelle offensive vers Idlib remettrait largement en cause sa légitimité, dans un contexte où Bachar al-Assad apparaît de plus en plus en position de force, après ses récentes reconquêtes et l’affaiblissement des Kurdes.

 

Une reconstruction difficile et controversée

Le retour de plusieurs provinces dans le giron du régime de Bachar al-Assad devrait amorcer la reprise progressive de l’économie syrienne. Cette dernière n’en demeure pas moins exsangue, après neuf années de conflit. Le PIB syrien a diminué de plus de 60 % durant la période 2010/2016, selon les estimations de la Banque Mondiale. Une grande partie des infrastructures a été détruite pendant les affrontements. Le tissu industriel s’est atrophié, tandis que les sanctions économiques rendent difficile l’accès au financement. Le régime de Bachar al-Assad est sous le joug de sanctions américaines et européennes, datant de 2011, mais il peut compter sur le soutien de la Chine en plus de celui de ses principaux alliés. Malgré l’appui de la Russie et de l’Iran, les besoins restent considérables. La Commission économique et sociale pour l'Asie occidentale (CESAO) a estimé le coût total de la reconstruction syrienne à 388 milliards USD. Alors qu’une partie des pays occidentaux seraient prêts à participer au financement, ces derniers conditionnent leur aide à la mise en place d’un processus politique inclusif.
Le manque de ressources humaines constitue une autre limite au processus de reconstruction. En effet, le bilan humain des neuf années de conflit est très lourd. Le nombre de morts liés au conflit est estimé à 570 000 par l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (mars 2019). De plus, 6,2 millions de personnes, dont 2,5 millions d’enfants, ont été déplacées dans le pays et 5,6 millions sont officiellement enregistrés comme réfugiés (HCR, septembre 2019), principalement en Turquie, au Liban et en Jordanie. La question du retour des réfugiés reste un élément central à la réussite du processus de paix. Alors que les pays accueillant un nombre important de Syriens seraient pour une facilitation de leur retour, le régime continue d’envoyer des signaux contradictoires. D’une part, les annonces faites par le gouvernement se veulent rassurantes et en faveur d’un retour des déplacées. D’autre part, le gouvernement a orchestré, dès 2012, la récupération par le régime des biens des personnes déplacées. En outre, beaucoup de réfugiés redoutent la conscription ou les arrestations arbitraires, sans compter la peur de l’insécurité qui subsiste dans de nombreuses régions syriennes.

 

 

Dernière mise à jour : Février 2020

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