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Tanzanie

Tanzanie

Population 56,3 millions
PIB par habitant 1 080 $US
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2018 2019 2020 (e) 2021 (p)
Croissance PIB (%)* 7,1 7,0 1,9 3,8
Inflation (moyenne annuelle, %) 3,5 3,4 3,3 3,5
Solde public / PIB (%)** -1,4 -3,2 -1,5 -2,5
Solde courant / PIB (%) -3,3 -1,9 -1,5 -2,3
Dette publique / PIB (%) 38,2 37,9 37,2 37,9

(e) : Estimation (p) : Prévision *Les données 2018 et 2019 sont les données officielles du Bureau National des Statistiques, mais ces estimations font l'objet de remises en question. La Banque Mondiale estime pour ces années des taux de croissance respectifs de 5,4% et 5,8% **Année fiscale du 1er juillet - 30 juin. Données 2021 : 2020/21

POINTS FORTS

  • Richesse minière (or, cuivre)
  • Potentiel gazier grâce aux réserves offshore découvertes en 2010
  • Atouts touristiques (parcs nationaux, littoraux)
  • Stratégie de coopération régionale
  • Soutien international sous la forme de prêts concessionnels
  • Développement des instruments de politique monétaire

POINTS FAIBLES

  • Forte dépendance au cours de l’or
  • Vulnérabilité de l’agriculture (29 % du PIB et 65 % de l’emploi) aux conditions climatiques
  • Insuffisance des infrastructures, en particulier dans les domaines de l’électricité et des transports
  • Politique industrielle inconsistante et environnement des affaires déficient
  • Tensions religieuses entre Zanzibar et le continent

Appréciation du risque

Travaux publics pour relancer l’économie

En 2020, l’impact de la pandémie de COVID-19 sur le tourisme et la demande extérieure ont conduit à un ralentissement significatif de l’activité, mais, le pays n’ayant pas imposé de confinement strict, la demande domestique a résisté. En 2021, la croissance devrait augmenter, soutenue par la reprise des recettes touristiques. Même si encore contraintes par l’incertitude entourant l’évolution de la pandémie, elles soutiendront les revenus d’exportations. Ces derniers seront aussi dynamisés par des prix internationaux de l’or qui resteront vraisemblablement élevés. Suite à la victoire de John Magufuli et du Chama Cha Mapinduzi (CCM) aux élections, l’investissement public dans les projets phares, comme le barrage et la centrale hydroélectrique de Rujifi ou la poursuite des travaux sur le réseau de chemin de fer, devraient accélérer, s’affirmant comme l’un des moteurs de la relance. L’année 2021 pourrait également voir débuter les travaux de l’oléoduc devant relier la future production de pétrole ougandaise au port tanzanien de Tanga après la signature d’un accord entre les deux pays en septembre 2020. En revanche, suite à la pandémie, l’investissement dans l’expansion d’Air Tanzanie, la compagnie aérienne nationale, sera probablement freiné par les perspectives moroses du tourisme et du transport aérien. L’investissement privé devrait également participer à la croissance, mais sera contraint par l’environnement international incertain et la faible attractivité du climat des affaires, particulièrement dans le secteur des mines. En dépit de la résolution du médiatique différend avec Acacia Mining fin 2019, les réformes du cadre juridique minier en 2017 - augmentation des taux de redevance, participation obligatoire de l’Etat à hauteur de 16 %, interdiction de recourir à l’arbitrage international pour les sociétés étrangères – ont entamé la confiance des investisseurs. La consommation bénéficiera de l’assouplissement des mesures de distanciation sociale et d’une inflation qui devrait rester relativement bénigne.

 

Les déficits jumeaux maintiennent la pression sur le shilling

En dépit de l’impact de la baisse des recettes fiscales consécutive à la pandémie, le déficit budgétaire s’est réduit en 2019/20, grâce à une amélioration dans la collecte des impôts préalablement à ce choc. En 2020/21, les recettes fiscales devraient continuer à baisser, contribuant à le creuser. Par ailleurs, s’agissant de la dernière année fiscale du plan quinquennal de développement, la dépense d’investissement en capital dans les projets d’infrastructure reste prioritaire. Enfin, dans le contexte de la pandémie, les dépenses de santé augmentent. Bien que le pays bénéficie des initiatives d’allègement du service de la dette (FMI et G20), ce dernier continuera de dominer les dépenses courantes au côté de la masse salariale de l’Etat. Les emprunts extérieurs (comprenant des prêts concessionnels) et domestiques financeront le léger déficit. L’augmentation de la dette, dont près des trois quarts est extérieure, devrait être limitée, mais la part croissante des prêts non-concessionnels (plus de 40 % de la dette extérieure) pourrait s’avérer problématique en cas d’augmentation des coûts d’emprunts.

En 2021, le déficit du compte courant devrait augmenter. Alors que la réduction des importations de biens d’équipement a contribué à sa réduction en 2020, leur probable croissance grèvera le déficit commercial. De son côté, l’amélioration de l’excédent du compte des services, tributaire des recettes touristiques, devrait être entravée par l’incertitude entourant le secteur. De plus, si le déficit du compte des revenus bénéficiera de l’allègement des paiements au titre du service de la dette extérieure, les rapatriements de leurs profits par les investisseurs étrangers l’entretiendront. Enfin, dans un contexte de crise, la coopération internationale courante devrait soutenir l’excédent du compte des transferts, mais les envois de travailleurs expatriés risquent de souffrir de la conjoncture mondiale dégradée. Les IDE, principalement ceux liés aux projets d’infrastructure et les emprunts extérieurs financent le déficit courant. Compte tenu des besoins de financement, la lente dépréciation du shilling tanzanien devrait se poursuivre, mais le déficit mesuré du compte courant et les réserves de change, qui couvrent environ six mois d’importations, devraient permettre de prévenir un mouvement brutal.

 

Le « Bulldozer » et le CCM écrasent la concurrence lors des élections 2020

En octobre 2020, le président John Magufuli, surnommé Tingatinga (« Bulldozer » en swahili) depuis son passage au ministère des travaux publics, a été élu pour un second mandat, obtenant près de 85 % des voix, bien plus qu’en 2015 (58,5 %). Son parti, le CCM, au pouvoir depuis 1977, a, lui, accentué sa majorité à l’assemblée en remportant les sièges dans la quasi-intégralité des circonscriptions. Alors que de nombreuses voix (à l’intérieur et à l’extérieur) s’élèvent pour dénoncer le virage autoritaire du gouvernement et la perception d’un verrouillage de l’espace d’expression, les résultats ont été rejetés par les principaux partis d’opposition (Chadema et ACT Wazendo). Peu nombreux, les observateurs internationaux, notamment américains, ont également signalé des interférences du processus électoral. L’arrestation de Tundu Lissu (Chadema), second du scrutin présidentiel, avant une manifestation de contestation de l’élection a signalé la tolérance limitée des autorités pour les menaces perçues à la stabilité sociale. A sa libération, il a fui vers la Belgique, indiquant qu’il était la cible demenaces de mort. La gouvernance du président John Magufuli, les décisions peu favorables aux investisseurs étrangers prises par son gouvernement et celles signalant un verrouillage croissant des espaces d’expression participent à la perception d’un climat détérioré des affaires. Sur le plan de la politique extérieure, les efforts visant à positionner le pays comme un carrefour du commerce régional qui pourrait renforcer les liens avec les pays voisins, à l’image du projet commun d’oléoduc avec l’Ouganda. En outre, en octobre 2020, l’attaque de Kitaya, près de la frontière avec le Mozambique, a signalé que l’insécurité liée à l’insurrection islamiste chez son voisin pouvait l’atteindre.

 

Dernière mise à jour : Février 2021

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