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Tanzanie

Tanzanie

Population 54,7 millions
PIB par habitant 1 040 $US
C
Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2017 2018 2019 (e) 2020 (p)
Croissance PIB * (%) 6,8 5,4 5,1 1,0
Inflation (moyenne annuelle, %) 5,3 3,5 3,4 4,0
Solde public ** / PIB (%) -1,4 -2,5 -2,8 -3,3
Solde courant / PIB (%) -3,0 -3,6 -4,5 -5,2
Dette publique / PIB (%) 38,4 38,4 41,7 42,4

(e) : Estimation. (p) : Prévision.* Croissance 2018 estimée. **Année fiscale du 1er juillet - 30 juin. Données 2020 : AF19-20.

POINTS FORTS

  • Richesse minière (or, cuivre)
  • Potentiel gazier grâce aux réserves offshore découvertes en 2010
  • Potentiel touristique (parcs nationaux, littoraux)
  • Stratégie de coopération régionale
  • Soutien international sous la forme de prêts concessionnels
  • Développement des instruments de politique monétaire

POINTS FAIBLES

  • Forte dépendance au cours de l’or
  • Vulnérabilité de l’agriculture (29 % du PIB et 65 % de l’emploi) aux conditions climatiques
  • Insuffisance des infrastructures, en particulier dans les domaines de l’électricité et des transports
  • Politique industrielle inconsistante et environnement des affaires déficient
  • Tensions religieuses entre Zanzibar et le continent

Appréciation du risque

Une croissance robuste mais contrainte

En 2020, la croissance devrait rester robuste, portée par l’investissement public. Les projets d’infrastructure, particulièrement dans les transports (travaux de la ligne ferroviaire Dar es Salaam – Makutupora) ou l’énergie (construction de la centrale hydroélectrique de Rujifi), seront les principaux destinataires de cet investissement et porteront les activités de construction. Les contraintes persistantes de financement devraient toutefois limiter l’apport de ce levier de croissance. L’investissement privé devrait souffrir de la dégradation de la perception du climat global des affaires, mais aussi des retards dans les projets de gaz naturel liquéfié (LNG) et d’oléoduc pétrolier devant relier Hoima (en Ouganda) au port de Tanga (Tanzanie). Alors que les taxes et interdictions d’exportations devraient continuer à brider les exportations, les importations de biens d’équipement grèveront la contribution de la balance commerciale à la croissance. Toutefois, la remontée des prix internationaux de l’or et une potentielle hausse de la production aurifère, consécutive à l’acquisition de l’entreprise Acacia Mining (avec laquelle les autorités étaient en litige) par Barrick Gold, pourraient soutenir une hausse des recettes d’exportations du métal précieux, qui représentent environ un tiers du total. En revanche, le risque de transmission de la maladie à virus Ebola depuis la République démocratique du Congo pourrait freiner la hausse des recettes touristiques, malgré l’expansion de la compagnie aérienne nationale (Air Tanzania) et les travaux d’infrastructures aéroportuaires. La contribution de la consommation privée resterait solide, bénéficiant d’une inflation relativement bénigne.

 

Un risque budgétaire grandissant

Le déficit budgétaire devrait continuer à se creuser avec l’augmentation des dépenses d’investissement en capital dans les infrastructures, tandis que celle des dépenses courantes devrait être plus contenue. Dans le budget 2019/2020, une augmentation de près de 30 % des dépenses d’investissement est prévue. Néanmoins, l’augmentation dépendra plus certainement des progrès dans le recouvrement des recettes domestiques (environ 12 % du PIB) qui doivent servir à financer les projets. Ces progrès jusqu’à présent limités ont contribué à l’accumulation d’arriérés de l’État envers ses fournisseurs. Afin d’atteindre les objectifs élevés en matière de recouvrement des recettes domestiques, les autorités entreprendront notamment d’améliorer la plateforme de collecte électronique et d’élargir l’assiette fiscale, en accentuant la formalisation de l’économie. Compte tenu du besoin de financement plus important généré par les projets d’infrastructure, le niveau de la dette, et notamment sa partie commerciale (environ 20 % du total), devrait continuer à augmenter. Le niveau de la dette reste néanmoins peu élevé et le risque de surendettement contenu.

 

En 2020, le déficit du solde courant devrait s’amplifier. Cette détérioration serait largement induite par l’augmentation des importations de biens d’équipement. L’excédent du compte des services pourrait être rogné par les services logistiques, malgré une potentielle hausse des recettes touristiques. Si les transferts issus de la coopération internationale courante ont décliné au cours des dernières années, l’excédent du solde des transferts sera entretenu par les envois de fonds des travailleurs expatriés. Ceux-ci devraient néanmoins s’inscrire en baisse compte tenu de l’évolution de la conjoncture économique mondiale. Enfin, le déficit de la balance des revenus restera grevé par les rapatriements de profits des entreprises. Alors que les IDE ont diminué ces dernières années, des emprunts, tant concessionnels que commerciaux, et l’utilisation des réserves de change (qui couvrent près de six mois d’importations) pourraient être nécessaires pour financer le déficit courant.

 

Le « Bulldozer » en route vers la réélection ?

Élu en 2015, le président John Magufuli, issu du parti Chama cha Mapinduzi (CCM), devrait être candidat à sa réélection lors des élections générales prévues dans le courant de l’année 2020. Bénéficiant d’une base électorale solide, notamment dans les centres ruraux, le CCM, au pouvoir depuis 1977, devrait obtenir une nouvelle majorité. Le président Magufuli, surnommé Tingatinga (« Bulldozer » en swahili) depuis son passage au ministère des Travaux publics, semble également bien placé pour se maintenir au pouvoir. Néanmoins, de nombreuses voix s’élèvent pour dénoncer le virage autoritaire du gouvernement et la perception grandissante d’un verrouillage de l’espace d’expression, alimentée, par exemple, par l’interdiction de publier des statistiques sans l’accord de l’Institut statistique. Son style de gouvernance et certaines décisions peu favorables aux investisseurs et exportateurs suscitent également une défiance grandissante des partenaires bilatéraux et bailleurs de fonds multilatéraux. Ces derniers ont notamment mis en doute la fiabilité des chiffres de croissance publiés par l’institut national de statistiques en 2018. Ces développements contribuent à dégrader la perception d’un climat des affaires contraignant (141e sur 190 pays dans le classement Doing Business).

 

 

Dernière mise à jour : Février 2020

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