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Yémen

Yémen

Population 31,6 millions
PIB par habitant 713 $US
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Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2018 2019 2020 (e) 2021 (p)
Croissance PIB (%) 0,7 2,1 -5,0 0,5
Inflation (moyenne annuelle, %) 27,6 10,0 26,0 31,0
Solde public / PIB (%) –7.8 -5,3 -9,0 -6,0
Solde courant / PIB (%) -2,0 -3,9 -6,5 -8,0
Dette publique / PIB (%) 74,5 76,5 81,5 80,0

(e) : Estimation (p) : Prévision

POINTS FORTS

  • Aide humanitaire et soutien des bailleurs internationaux
  • Position clé au seuil de la mer Rouge
  • Héritages culturel et architectural
  • Réserves gazières

POINTS FAIBLES

  • Guerre civile, accompagnée d’une crise économique et humanitaire, et la fragmentation du pays
  • Pauvreté la plus élevée de la péninsule arabique
  • Forte dépendance à l’aide internationale
  • Pression démographique forte
  • Climat des affaires dégradé (bureaucratie, corruption, infrastructures détruites ou inexistantes)
  • Ressources en eau en raréfaction
  • Accès restreint aux devises, blocus maritime

Appréciation du risque

Enlisement de la guerre

En 2020, affecté par le coronavirus, d'importantes inondations et cinq années de guerre, le Yémen a sombré encore davantage dans l'une des plus graves crises humanitaires au monde.
Le pays est dirigé par deux administrations: le Comité révolutionnaire, dirigé par Mohammed al-Houti au nord et l'alliance établie en décembre 2020 entre le gouvernement Hadi, reconnu internationalement et le CST, dirigé par son président Aidarous al-Zubaid qui contrôlait initialement le sud du pays. Ce nouveau gouvernement d'union permet la reconstitution d'un front anti-Houthistes et prévoit la répartition équilibrée des 24 ministères entre les deux camps avec comme chef de gouvernement Moeen Abdulmalik Saeed, ancien Premier ministre du gouvernement Hadi. Après une brève trêve suite à la pandémie de COVID-19, les combats ont repris après l’été au sud du pays, laissant douter d’une possible réconciliation à court-terme entre les deux camps. En outre, les Houthis, qui contrôlent le nord du pays depuis plusieurs années, se battent pour obtenir la région du Marib. Cette dernière, dernière région du nord contrôlée par le gouvernement et longtemps considérée comme refuge par les déplacés internes, dispose d’importantes ressources pétrolières qui attisent la convoitise. Elle est en passe d’être gagnée par les Houthis, ce qui constituerait un coup fatal au gouvernement d’union qui perdrait alors une grande partie de ses recettes fiscales. Par ailleurs, le conflit est toujours nourri par les ingérences de puissances étrangères qui constituent un obstacle à la paix. La coalition de pays principalement arabes qui s'oppose aux rebelles houthis est dominée par l'Arabie saoudite, tandis que l'Iran reste le seul pays à les soutenir officiellement. Les États de la région cherchent toutefois à s’extirper d’un conflit qui s’enlise depuis des années. En effet, les Émirats Arabes Unis ont fortement réduit leur engagement miliaire et l’Arabie Saoudite, bien que soutien principal d’Hadi, tente de mettre fin à cette guerre lui ayant coûté presque 100 milliards de dollars.

De surcroît, le pays fait face au risque engendré par le pétrolier Safer, amarré au large des côtes d’Al-Hodeïda depuis plusieurs années et qui menace de déverser plus d'un million de barils de pétrole brut sur le littoral de la mer Rouge, provoquant un désastre écologique sans précédent.

 

Absence de reprise prévue pour 2021

L’économie du pays a été très affectée par la guerre civile, mais aussi par le coronavirus qui a notamment limité les envois de fonds et l’aide étrangère octroyée par les pays du Golfe. L’activité a chuté de 5% en 2020 et la croissance devrait reprendre très légèrement en 2021. La consommation privée a diminué suite aux nombreuses pénuries de biens de première nécessité, aux mesures de confinement mises en œuvre et à la forte hausse de l’inflation. Elle devrait continuer à baisser en 2021, tirée par la poursuite du conflit et l’inflation. Celle-ci est causée entre autres par la dépréciation du Riyal yéménite, qui a perdu environ 30% de sa valeur sur le marché noir en un an.

En 2020, le secteur pétrolier a subi la baisse des cours ainsi que le ralentissement de sa production suite au conflit. Il bénéficiera cependant en 2021 d’un cours du pétrole favorable. En outre, le secteur agricole, qui emploie plus de la moitié de la population active, a été très gravement touché par des inondations exceptionnelles ayant détruit les récoltes. Ces inondations ont détérioré les systèmes d’eau et des d’électricité du pays déjà très délabrés. Avec seulement la moitié des établissements médicaux en état de fonctionnement, les inondations ont augmenté les risques associés à l’épidémie de choléra qui sévit dans le pays.

 

Des comptes publics et courants très déficitaires

Le déficit courant s’est creusé en 2020 malgré une amélioration du déficit commercial. En effet, les importations ont reculé suite à la dépréciation de la monnaie ainsi qu’au blocus naval contre les territoires contrôlés par les Houthis. En 2021, la balance commerciale bénéficiera d’un retour des exportations (+60% selon le FMI), bien qu’elle sera pénalisée par la hausse du cours de l’or noir, le pays étant un importateur net de pétrole. Par ailleurs, la chute de 70% des envois de fonds, qui représentent 10% du PIB, a lourdement pesé sur la balance des transferts. Le financement du déficit sera difficile, la banque centrale ayant pratiquement épuisé ses réserves de change. Il sera cependant permis par l’aide internationale multilatérale et bilatérale dont bénéficie le pays (quand bien même les 1,35 milliard de dollars récoltés lors de la conférence des donateurs pour le Yémen en juin 2020 ne représentent que la moitié de ce qui a été récolté en 2019).

Le déficit public s’est creusé en 2020. Le pays a en effet été confronté à une baisse des recettes pétrolières (principale source de revenus) et à une gestion difficile de la collecte de l’impôt. La dette publique a ainsi augmenté mais son remboursement sera facilité par l’initiative de suspension du service de la dette octroyée par le club de Paris qui permettra une économie de 211 millions de dollars, soit 0,9% du PIB.

 

Dernière mise à jour : Février 2021

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