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09/03/2015
Risque pays et études économiques

Retards de paiement en Chine : 80 % des entreprises concernées en 2014

Retards de paiement en Chine : 80 % des entreprises concernées en 2014
Une croissance plus faible et une augmentation des prêts non performants attendues en 2015

Une nouvelle enquête[1] de Coface sur la gestion du risque de crédit des entreprises installées en Chine révèle que 8 entreprises sur 10 ont été touchées par des retards de paiement en 2014.Coface, un leader mondial de l’assurance-crédit, prévoit un ralentissement de la croissance du PIB chinois à 7 % en 2015 (contre 7,4 % en 2014). Les entreprises devant toujours faire face aux pressions liées à un fort endettement, des coûts de financement élevés et une faible profitabilité (induite par les surcapacités), le nombre de défauts de paiement ne devrait pas diminuer à court terme.

 

Retards de paiement des entreprises et prêts non performants (PNP)[2]: le risque de défauts de paiement ne devrait pas être négligé 

79,8 % des entreprises interrogées dans le cadre de l’enquête ont signalé des retards de paiement en 2014. Ce chiffre témoigne d’une légère amélioration par rapport à 2013, même si le nombre de ces retards de paiement reste élevé depuis trois ans (Annexe 1). Parmi les entreprises concernées, plus de la moitié (56,7 %) ont constaté une augmentation du nombre de retards de paiement au cours de l’année passée, en hausse de 11,7 % comparé à 2013 (Annexe 2). En ce qui concerne la durée des retards, 19,6 % des entreprises interrogées ont constaté un retard moyen supérieur à 90 jours en 2014, contre seulement 17,8 % en 2013. Les résultats de l’étude suggèrent que globalement, en Chine, le comportement de paiements des entreprises est resté très complexe en 2014. 

Ces chiffres sont en ligne avec ceux des prêts non performants publiés par la China Banking Regulatory Commission. Le ratio de PNP a atteint 1,25 % à la fin de 2014, son niveau le plus haut depuis plusieurs années. Le risque d’augmentation des défauts de paiement ne devrait pas être négligé. 

« Même si les statistiques de PNP constituent des indicateurs tardifs, elles illustrent cependant la conjoncture économique difficile à laquelle la Chine doit faire face. Ceci est confirmé par le comportement de paiement des entreprises révélé dans l’enquête annuelle de Coface », affirme Rocky Tung, économiste de Coface pour la région Asie-Pacifique. « Le montant des PNP s’est envolé de 42,3 % en un an à fin 2014, tiré par l’augmentation de 58,8 % des créances douteuses[3].Ces tendances démontrent que les risques augmentent aussi bien dans l’économie réelle que dans le système financier ».

 

Ralentissement de la croissance en 2015 attendue par près de 62 % des entreprises

La croissance annuelle de 7,4 % du PIB chinois enregistrée en 2014 aura été la plus faible de ces 24 dernières années. Ce ralentissement devrait se poursuivre cette année. Coface prévoit une croissance du PIB de 7 % en 2015 et vient de mettre une surveillance négative sur l’évaluation A3 du risque pays de la Chine (CRA)[4], qui reflète le ralentissement de la croissance, le fort endettement, les coûts élevés de financement et les difficultés de paiement croissantes pour les entreprises que connaît actuellement le pays. 

La dynamique du marché immobilier est aussi un risque à surveiller, d’autant plus qu’elle a un effet sur les recettes fiscales de l’Etat : les « transferts de droits d’utilisation de la terre » sont une source de revenus majeure pour le gouvernement (28,2 % en 2013). Plus de 13 millions d’emplois vont être créés et l’inflation devrait être maîtrisée (Coface la prévoit à 2,2 % en 2015). Le secteur immobilier semble vouloir se stabiliser depuis que le gouvernement a supprimé les restrictions d’achat dans toutes les villes, sauf cinq, et introduit des mesures d’assouplissement de la politique monétaire (baisse des taux en novembre 2014 et réduction du ratio de réserve obligatoire en février). Notre prévision de croissance de 7 % est en ligne avec le discours du gouvernement. Cela ne surprendra pas les entreprises chinoises puisque 61,7 % de celles interrogées dans le cadre de l’enquête sont convaincues que la croissance continuera de ralentir en 2015 (Annexe 5).

 

Défis pour les entreprises dans le cadre des réformes structurelles

Parallèlement, l’économie réelle en Chine doit faire face à de nouveaux défis dans trois domaines principaux :1) fort endettement ; 2) coût élevé du financement ; 3) faible profitabilité due aux surcapacités de certains secteurs.Les mesures d’assouplissement monétaire sont introduites pour atténuer le processus de ralentissement de la croissance. Mais si elles ne sont pas accompagnées d’une baisse des coûts de financement pour les acteurs qui en ont besoin et le méritent, les principaux objectifs de cette politique monétaire accommodante ne seront probablement pas atteints et des risques de crédit supplémentaires seront à prévoir. 

« Des mesures non conventionnelles pouvant contribuer à orienter l’excédent de liquidités vers l’économie réelle, et plus particulièrement en direction des PME, sont en cours, mais lorsque les responsables politiques chinois mènent des réformes structurelles et financières, il faut s’armer de patience. Par exemple, l’autorisation de créer des banques privées servira les besoins des PME, mais un certain temps est requis entre l’autorisation et la création de ces banques. Il faudra encore attendre avant que des résultats fructueux puissent être récoltés à moyen terme »,explique Rocky Tung. 

 

Secteurs à haut risque : chimie, construction, papier-bois et métallurgie

Les difficultés à court terme devraient se poursuivre en 2015 pour les entreprises en Chine. Coface a évalué 9 secteurs importants de l’économie chinoise au regard de leur expérience de paiement et de leurs performances financières.

 

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Source : Coface

 

Dans un contexte de ralentissement de l’économie, les acteurs industriels doivent s’adapter à une croissance de la demande plus modeste et rechercher de nouveaux leviers de croissance. Étant donné le niveau élevé d’endettement des entreprises chinoises, une baisse des coûts de financement est cruciale. Le secteur des métaux reste une source d’inquiétude en Chine. Les risques dans les secteurs de la chimie, de la construction et du papier-bois sont en hausse, compte tenu des signes de détérioration de leur expérience de paiement et de leurs performances financières.

 

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Depuis 2003, Coface réalise l’enquête de la gestion du risque de crédit des entreprises en Chine. La présente enquête constitue sa 12e édition. 882 entreprises de divers secteurs y ont participé en octobre et novembre 2014. Cette enquête fournit un éclairage utile sur l’expérience de paiement des entreprises basées en Chine et leurs pratiques de gestion du risque de crédit.

 

[1] Étude effectuée au cours du quatrième trimestre 2014 par la Coface

[2] NPL: non-performing loan

[3] Créances douteuses : créances dont l’échéance est dépassée de 91 à 180 jours et que le débiteur ne pourra pas rembourser complètement, voir Annexe 3

[4] L’évaluation risque pays évalue le risque moyen de défaut de paiement des entreprises dans un pays donné. Cette évaluation combine les perspectives économiques et politiques, l’expérience de Coface en matière de paiement et une analyse de l’environnement d’affaires du pays. Elle comprend 7 niveaux : A1, A2, A3, A4, B, C, D qui peuvent être mis sous surveillance.

[5] Endettement et profitabilité

 

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TABLE OF CONTENTS
  • Payment survey background
  • Corporate payment experience in 2014
  • Chinese economic outlook 2015
  • Sector analysis
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