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Ethiopie

Ethiopie

Population 91,2 million
PIB par habitant 795 US$
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Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2015* 2016* 2017*(p) 2018*(p)
Croissance PIB (%) 10,4 7,6 9,3 8,2
Inflation (moyenne annuelle, %)** 10,1 7,3 10,2 14,4
Solde public / PIB (%) -2,0 -2,4 -2,5 -2,6
Solde courant / PIB (%) -11,6 -9,9 -8,3 -7,4
Dette publique / PIB (%) 60,0 57,9 59,8 59,0

 

* Dernière année fiscale du 8 juillet 2017 au 7 juillet 2018 ** Année calendaire

POINTS FORTS

  • Antécédents remarquables en matière de croissance et de réduction de la pauvreté
  • Investissements publics dans les infrastructures
  • Effort de diversification de l’économie
  • Fort potentiel hydroélectrique

POINTS FAIBLES

  • Vulnérabilité aux aléas climatiques et à l’évolution des cours mondiaux des produits de base
  • Enclavement du pays
  • Niveau de réserves de change insuffisant
  • Handicaps persistants sur le plan de l’environnement des affaires et de la gouvernance
  • Environnement régional instable
  • Tensions ethniques exacerbées

Appréciation du risque

Une croissance rapide malgré l’inflation et le risque politique

Malgré les entraves à la croissance (sécheresse, tensions ethno-politiques), la croissance s’est maintenue à un niveau très élevé et a même rebondi en 2016/17. En 2017/18, l’activité devrait rester robuste mais, néanmoins, marquer le pas, contrainte par l’inflation et le risque politique. L’augmentation des prix consécutive à la dévaluation de 15 % de la devise nationale (le birr) devrait mettre sous pression la consommation des ménages et peser sur la croissance. Cette dévaluation devrait néanmoins permettre d’améliorer la compétitivité des exportations qui étaient en berne. Aussi, elles devraient rebondir grâce à une meilleure production agricole, de café et fruits oléagineux (sésame) notamment, après avoir été touchée par des conditions de sécheresse en 2016 et 2017. De plus, l’inauguration de plusieurs parcs industriels, dont ceux de Hawala et de Mekelle, devrait permettre au pays d’augmenter ses exportations de cuirs, chaussures et textiles et, ainsi, commencer à réaliser l’ambition du pays de se positionner en grand centre manufacturier. Dans le cadre du second Plan pour la croissance et la transformation de l’Éthiopie, les investissements publics demeureront également vigoureux, particulièrement dans le secteur des transports, des télécommunications ou de l’énergie avec le projet de « barrage de la Renaissance » d’une capacité de production électrique de 6 000 mégawatts. Un effort sera également consenti dans les infrastructures sociales (hôpitaux et écoles). En revanche, la croissance de l’investissement privé resterait entravée par la persistance de tensions ethno-politiques.

 

Une politique budgétaire soutenable mais des déséquilibres extérieurs persistants

Le déficit budgétaire devrait rester relativement faible. Le budget 2017/18 est en augmentation de près de 10 % par rapport à l’année fiscale précédente. Cette augmentation est principalement dirigée vers les dépenses d’investissements en capital dans les projets d’infrastructures. Les recettes devraient augmenter en ligne avec la croissance du PIB et, ainsi, permettre au déficit budgétaire de rester relativement stable. Toutefois, la hausse des revenus restera contrainte par la collecte de l’impôt domestique, encore sous-optimale ; les revenus fiscaux représentent moins de 14 % du PIB, contre une moyenne, elle-même relativement basse, d’environ 20 % en Afrique subsaharienne. Ce point a donc été érigé en priorité par les autorités éthiopiennes dans le budget 2017/18. Le déficit est financé par les prêts et dons étrangers (environ 18 % du budget).

Le déficit courant resterait élevé en 2017/18, mais la dévaluation du birr devrait permettre de réduire la pression sur les comptes extérieurs. En effet, la devise plus faible devrait contraindre la croissance des importations et soutenir la compétitivité des exportations, notamment des biens manufacturés et des denrées alimentaires. Les transferts des travailleurs expatriés demeureront une contribution positive importante dans le solde courant. La conjoncture économique favorable en Europe et aux États-Unis pourrait avoir un effet bénéfique sur les flux de ces transferts. Les flux d’investissements directs étrangers, notamment dans les infrastructures et les industries, devraient permettre de financer le déficit de la balance courante. Le renforcement de la position extérieure de l’Éthiopie pourrait permettre de reconstituer quelques réserves de change, qui restent à un niveau faible (environ 2,5 mois de couverture d’importations).

L’endettement est encore relativement élevé, mais, compte tenu de la part encore importante de prêts à caractère concessionnel (environ 60 % du stock de dette extérieure), le risque qui y est associé demeure modéré.

 

La levée de l’état d’urgence ne soulage pas les tensions intérieures

La coalition au pouvoir, le Front démocratique révolutionnaire des peuples éthiopiens, menée par le Premier ministre Hailemariam Desalegn et dominée par l’ethnie minoritaire des Tigréens, reste confrontée à d’importantes tensions ethno-politiques. Ces dernières ont connu une résurgence depuis novembre 2015 et des manifestations de l’ethnie majoritaire des Oromos. En octobre 2016, celles des Amharas demandant plus de représentations et de libertés politiques ont fait au moins 600 morts, notamment suite à une bousculade meurtrière déclenchée par les forces sécurité. Par la suite, le gouvernement a décrété un état d’urgence qui ne sera levé qu’en août 2017. Les mesures de sécurité ont conduit à l’arrestation, dans des conditions contestées par les associations des Droits de l’Homme, de 29 000 individus, permettant une accalmie, toute relative, des troubles politiques dans les zones dissidentes de la région d’Oromia. Toutefois, des affrontements à la frontière entre les régions d’Oromia et de Somali éclatent ponctuellement et continuent de menacer la stabilité du pays.

La persistance de ses troubles ethniques pourrait éventuellement conduire à une détérioration des relations avec ses partenaires internationaux. Comptant parmi l’un des deux seuls invités d’Afrique subsaharienne au Forum One Belt, One Road (avec le Kenya), l’Éthiopie entretient des liens de plus en plus étroits avec la Chine.

 

Dernière mise à jour : Janvier 2018

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