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Gabon

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Population 1,8 millions
PIB par habitant 7 692 $US
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2014 2015  2016(p) 2017(p)
Croissance PIB (%) 4,4 3,9 2,3 2,4
Inflation (moyenne annuelle) 4,5 0,1 2,1 2,5
Solde budgétaire / PIB (%) 2,7 -1,2 -4,6 -2,6
Solde courant / PIB (%) 8,1 -5,4 -9,0 -8,3
Dette publique / PIB (%) 33,0 41,4 62,0 62,0

(p) Prévisions

POINTS FORTS

  • 5ème producteur de pétrole d’Afrique sub-saharienne ; 2ème producteur africain de bois ; place de 1er producteur mondial de manganèse convoitée
  • Efforts de diversification de l’économie entrepris dans le cadre du plan « Gabon émergent »
  • Industrie minière (fer, uranium, diamants) et forestière à fort potentiel

POINTS FAIBLES

  • Économie fortement tributaire du pétrole, dont les réserves sont en déclin
  • Réapparition de déficits budgétaires et courants
  • Coût élevé des facteurs de production, lié à l’insuffisance des infrastructures (transport et électricité)
  • Chômage élevé et pauvreté endémique
  • Contexte politique dégradé

Appréciation du risque

Une conjoncture pétrolière défavorable pèse sur la croissance

L’activité a ralenti en 2016 du fait d’une conjoncture pétrolière toujours morose, bien que la hausse des dépenses destinées à apaiser les tensions sociales avant l’élection présidentielle et les financements étrangers aient soutenu quelque peu la consommation et l’investissement. En 2017, la croissance devrait se stabiliser à un niveau relativement bas. Confronté à un déclin progressif de sa production d’or noir du fait de l’épuisement de ses réserves de brut, en plus de la chute des cours, l’Etat voit ses capacités d’investissement réduites. L’effort de diversification et de modernisation de l’économie, entrepris par les autorités dans le cadre du Plan Stratégique Gabon émergent (PSGE), lancé en 2010, s’en trouve freiné. Compte tenu de l’effort de réduction budgétaire et de l’augmentation du coût du service de la dette, le programme d’investissement public devrait d’autant plus ralentir. En outre, les investissements dans les industries de traitement des minerais, de la transformation du bois et dans le secteur agricole (huile de palme et hévéa) devraient diminuer. L’investissement étranger pourrait également avoir été affecté par les troubles qui ont suivi l’annonce, fin août 2016, de la réélection, contestée, du président Ali Bongo. La situation politique et des grèves à répétition dans le secteur pétrolier devraient empêcher un rebond significatif de croissance. Le soutien du FMI dans le cadre d’un mécanisme élargi de crédit (MEDC) contribuera, toutefois, à enclencher un programme de relance économique. Des progrès sont attendus sur le plan de l’efficacité des investissements, tandis qu’un certain nombre d’obstacles à la croissance restent à lever (manque de fiabilité de l’approvisionnement en électricité, rigidité du marché du travail, manque de qualification de la main-d’œuvre et incertitudes entourant la sécurité des contrats). Enfin, les dividendes de la croissance sont encore loin d'être partagés par toutes les couches de la société. En dépit de ressources naturelles abondantes et d’un revenu par habitant parmi les plus élevés d’Afrique subsaharienne, la pauvreté reste endémique et le chômage élevé.

 

Des comptes publics et extérieurs dans le rouge

Les comptes publics ont vu leur excédent fondre à compter de 2010 du fait de la hausse massive des investissements publics liée à la mise en œuvre du PSGE. Ils ont plongé dans le rouge en 2015 en raison de la baisse des recettes pétrolières, contraignant les autorités à réduire les dépenses publiques. La poursuite de la diminution des recettes pétrolières en 2016, alors que les dépenses progressaient du fait de la tenue des élections et de la préparation de la Coupe d’Afrique des Nations 2017, ont entraîné un nouveau creusement du déficit. Ce dernier devrait toutefois se réduire en 2017 grâce à la légère remontée des revenus pétroliers. Le gouvernement entend également réduire drastiquement les dépenses d’investissement (d’environ 30% dans le budget 2017) pour rétablir l’équilibre budgétaire. La signature d’un accord triennal de 642 millions de dollars MEDC entre le Gabon et le FMI en juin 2017 devrait également permettre au gouvernement d’engager des réformes structurelles visant à « la correction des grands déséquilibres budgétaires ».

La dette publique a fortement augmenté ces dernières années, passant de 19,7 % en 2012 à 62,0 % du PIB en 2016 en raison de l’émission d’euro-obligations et de la dépréciation du franc CFA. En outre, le Gabon a vu ses coûts d’emprunt augmenter sur les marchés financiers.

En 2015, le pays a également affiché son premier déficit courant en dix-sept ans du fait du repli marqué des exportations d’or noir (ramenées à 77 % des exportations totales) et ce, malgré la contraction des importations liée à la baisse de la demande publique et des prix mondiaux des produits de base. Les exportations ont continué à décliner en 2016, toujours affectées par la faiblesse des ventes de pétrole, compensant largement la hausse des ventes de manganèse et de bois. En 2017, le déficit courant devrait se contracter légèrement grâce à la remontée modérée des prix du brut et à la progression continue des exportations non pétrolières.

 

Une grave crise post-électorale

La réélection contestée d’Ali Bongo en août 2016 a déclenché des heurts violents entre les supporters du candidat de l’opposition, Jean Ping, et les forces de sécurité (deux jours d’émeutes, des morts et des centaines d’arrestations). La Cour constitutionnelle a confirmé la victoire du président sortant en septembre, ce qui n’a pas empêché les observateurs de l’Union européenne de continuer à dénoncer la faiblesse du système électoral gabonais. Un calme relatif est revenu, depuis, dans le pays mais le paysage politique est à reconstruire, alors que les élections législatives prévues en décembre 2016, puis au 30 juillet 2017, ont été reportées en avril 2018. L’ouverture d’un dialogue politique national en mars 2017 par l’administration d’Ali Bongo, mais boycotté par Jean Ping et ses partisans, s’est conclue après deux mois de discussion sans véritablement remettre en cause les grands équilibres institutionnels : les conclusions recommandent, notamment, la non-limitation des mandats des élus, y compris pour le Président.

Le mécontentement social reste, par ailleurs,nourri par les inégalités et les carences en matière de fourniture de services de base. La grève des enseignants depuis le mois d’octobre 2016 pour réclamer, primes, arriérés de salaires et la construction de nouvelles salles de classe se heurte à un gouvernement qui reconnaît le bien-fondé des revendications mais affirme ne pas avoir assez d’argent pour accéder à ces requêtes. Un appel à la grève générale de l’Organisation nationale des employés du pétrole (ONEP) en mars 2017 est venu s’ajouter aux grèves à répétition du début d’année.  Enfin, le développement à long terme du pays demeure contraint par la faiblesse de la gouvernance.

 

Dernière mise à jour : Juin 2017

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