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Mauritanie

Mauritanie

Population 3,8 millions
PIB par habitant 1 247 $US
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Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

 

 

   2015  2016  2017(p)  2018(p)
Croissance PIB (%) 0,9 1,7 3,8 3,2
Inflation (moyenne annuelle, %) 0,5 1,5 2,9 3,6
Solde public / PIB (%) -3,4 -0,3 -0,6 -2,1
Solde courant / PIB (%) -19,7 -14,9 -15,3 -12,4
Dette publique* / PIB (%) 77,8 78,3 77,7 80,8

* hors dette passive due au Koweït, en cours de négociation (p) : prévision

POINTS FORTS

  • Soutien des bailleurs de fonds et des organisations internationales
  • Richesses minérales et halieutiques
  • Perspectives énergétiques (gaz, énergies renouvelables)

POINTS FAIBLES

  • Instabilité politique et sécuritaire persistante
  • Économie peu diversifiée, vulnérable aux fluctuations des cours des matières premières
  • Croissance peu inclusive et taux de chômage élevé, notamment chez les jeunes
  • Économie formelle restreinte 

Appréciation du risque

La fin de l’ambition pétrolière entrave la reprise

Durement affectée par la baisse des cours miniers en 2014, l’économie, soutenue par les secteurs de la pêche et de la construction, a confirmé sa reprise en 2017. La croissance devrait néanmoins marquer le pas en 2018, freinée par l’arrêt de la production au champ pétrolier de Chinguetti. Après un peu plus d’une décennie de production de pétrole, l’absence persistante de rentabilité du site pour les opérateurs a finalement eu raison du seul champ en activité du pays. Pour le reste, les industries extractives, devraient, en 2018, confirmer les modestes progrès entrevus en 2017. La production de fer devrait continuer à monter en puissance, celle d’or devrait être soutenue par l’expansion de la mine de Tasiast. Les projets de mine d’or de Tijirit et de champ gazier offshore Ahmeyim-Guembeul, à la frontière avec le Sénégal, continuent d’offrir des perspectives favorables à plus long-terme pour les industries extractives. Outre ces dernières, l’activité dans le secteur secondaire devrait continuer sa reprise, portée par l’investissement public qui bénéficiera principalement à l’industrie manufacturière et à celle de la construction. Les efforts de développement de la pêche et de l’agriculture, afin de diversifier l’économie, devraient se ressentir sur la croissance du secteur primaire. Le secteur tertiaire devrait rester bien orienté, notamment grâce aux activités des transports et des télécommunications. La dépréciation de l’ouguiya devrait toutefois se faire ressentir sur les prix, plus particulièrement sur celui des denrées de première nécessité, pénalisant ainsi les activités de commerce.

 

Déséquilibres budgétaires et extérieurs persistants

Une meilleure mobilisation des recettes fiscales et un contrôle des dépenses ont permis d’effacer, presque intégralement, le déséquilibre budgétaire précipité par l’effondrement des cours des matières premières. Proche de l’équilibre en 2017, la balance budgétaire devrait toutefois replonger dans le déficit en 2018 à cause d’une hausse de l’investissement public visant à soutenir la croissance. Contraintes par l’explosion des ratios d’endettement extérieur consécutive au choc sur les termes de l’échange et à la dépréciation de l’ouguiya, les autorités veilleront donc à maintenir les dépenses courantes sous contrôle, d’autant que les recettes devraient peu progresser en 2018, malgré les réformes entreprises, car toujours contraintes par la faiblesse des revenus liés aux industries extractives.

En revanche, le déficit courant devrait être moins élevée en 2018 grâce à une amélioration du déficit commercial. Les revenus d’exportations de l’or et des produits de la pêche y apporteront une contribution positive. Les importations resteraient stables : la baisse d’importations des biens d’équipements dans le secteur minier compenserait la hausse liée aux dépenses d’investissements. Déficitaires, les balances des services et des revenus devraient peu évoluer en 2018. L’excédent de la balance des transferts devraient également persister. En dépit d’un déficit moins important, le déséquilibre des comptes extérieurs perdure et demeure ainsi vulnérable à un nouveau choc. Les réserves officielles, estimées à 4,3 mois d’importations (industries pétrolières et minières exclues), resteront donc sous pression et devraient poursuivre leur chute en 2018.

 

Crispation du climat politique

L’exécutif, incarné par le président Mohamed Ould Abdel Aziz, réélu pour cinq ans en 2014, après être arrivé au pouvoir suite à un coup d’État en 2008, devrait ressortir renforcé de l’année 2017 au prix d’un climat politique plus tendu. Le recours du Président au référendum pour faire passer une réforme constitutionnelle, pourtant initialement rejetée par le Parlement, semble fragiliser des institutions loin d’être éprouvées. Boycotté par l’opposition, le scrutin d’août 2017 est également entaché d’accusations de manipulation des chiffres de la participation. Une campagne houleuse, parfois émaillée de violence a enraciné les clivages identitaires, communautaires, sociaux et économiques de la société. Prévoyant notamment la modification de l’hymne et du drapeau mauritanien, dans le but de flatter les passions nationalistes, ce référendum dispose surtout la suppression du Sénat, remplacé par des conseils régionaux et un Haut conseil de la fatwa. En dépit des démentis du président, ce référendum est considéré par l’opposition comme une manœuvre visant à permettre à M. Abdel Aziz de se présenter à un troisième mandat en 2019. Quelques jours après la tenue du scrutin, l’arrestation, dans l’irrespect des procédures, de l’un des principaux opposants à la réforme constitutionnelle, M. Ould Ghadda, étaye l’hypothèse d’un glissement autoritariste du régime. Le risque de troubles politiques et sociaux n’est ainsi pas à exclure dans un pays encore rongé par la pauvreté, le chômage et les inégalités. De plus, l’esclavage, qui concernait, malgré son abolition, encore plus de 43 000 personnes (1 % de la population) en 2016 (Global Slavery Index), est encore un fléau. M. Abdel Aziz doit également faire face aux rumeurs persistantes de complaisance à l’égard des groupes islamistes comme AQMI, illustrés par la déclassification de documents attribués à Oussama Ben-Ladden, faisant état d’un pacte de non-agression signé en 2010 entre les djihadistes et le pouvoir mauritanien. Bien qu’épargnée par le terrorisme depuis 2011, la Mauritanie reste, à l’image des autres membres du G5 Sahel, exposée à la menace terroriste compte tenu de la porosité de la frontière avec le Mali.

Le pays continue ses efforts, et ses progrès, visant à améliorer son environnement des affaires dans le but d’attirer l’investissement étranger.

 

Dernière mise à jour : Janvier 2018

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