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Nigeria

Nigeria

Population 174,9 millions
PIB par habitant 3300 $US
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Evaluation des risques dans ce pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2013  2014 2015 (p) 2016 (p)
Croissance PIB (%) 5,4 6,3 2,7 -1,5
Inflation (moyenne annuelle) 8,5  8,0 9,0 15,0
Solde budgétaire / PIB (%) -2,3  -1,8 -3,7 -4,4
Solde courant / PIB (%) 3,6 0,2 -3,1 -3,1
Dette publique / PIB (%) 10,5 12,4 14,4 17,0

 

(e) Estimations  (p) Prévisions

POINTS FORTS

  • Première puissance africaine en termes de PIB et pays le plus peuplé d’Afrique (162 millions)
  • Importantes ressources en hydrocarbures et large potentiel agricole
  • Faible endettement public et extérieur

POINTS FAIBLES

  • Forte dépendance aux revenus pétroliers (90 % des exportations, 75 % des recettes fiscales)
  • Faibles recettes budgétaires : 6% du PIB
  • Insuffisance des capacités de raffinage, gazières et électriques due au contrôle des prix
  • Tensions ethniques et religieuses
  • Insécurité, corruption contraignant l’environnement des affaires

Appréciation du risque

L’activité du secteur non-pétrolier ne compensera pas la baisse de l’activité pétrolière en 2016

L’activité dans la construction, traditionnellement dynamique au Nigéria est freinée par le report du programme de dépenses d’investissement public. L’activité manufacturière pourrait en outre être freinée par un approvisionnement erratique en électricité ainsi que les dispositions du contrôle des changes limitant l’importation de 41 types de biens. La production pétrolière n’augmenterait pas en 2016 en raison d’attaques sur les infrastructures pétrolières par des rebelles (Niger Delta Avengers) dans le Delta du Niger, source de la majorité du pétrole nigérian, et de la faiblesse des prix.
En outre, l’absence de cadre juridique (les négociations entre exécutif et législatif en vue de l’adoption du Petroleum Industry Bill attendue depuis 2008 sont suspendues) n’encourage pas les investissements dans ce secteur. D’une manière générale, l’investissement, déjà affecté par l’insécurité et les prix administrés, risque d’être découragé par une demande interne peu porteuse et un taux directeur de la banque centrale (CBN) passé de 12 à 14% en juillet 2016. Avec une production pétrolière en valeur ayant diminué d’un tiers, la contribution des exportations nettes à la croissance devrait être légèrement négative. La consommation privée devrait rester freinée par le niveau élevé de l’inflation. La hausse des prix devrait être entretenue par le renchérissement des produits importés lié à la forte dévaluation du naira déclenchée par l’abandon de son indexation au dollar, mais surtout par l’augmentation des prix administrés. Au final, la croissance 2016 être négative, une première depuis 1984.

 

Le déficit budgétaire se creuserait modérément, mais le déficit courant se stabiliserait

Malgré la baisse des recettes, provenant pour environ 75 % du secteur pétrolier, le creusement du déficit public devrait être limité, car la dévaluation entraîne une augmentation de la contrepartie en naira des recettes pétrolières en dollar qui n’est que partiellement consommée par l’impact de la hausse de l’inflation sur les dépenses. En tout état de cause, le gouvernement a décidé d’augmenter les dépenses, notamment en infrastructures, dont le pays manque. Cependant, le budget ayant été adopté plus de quatre mois après le début de l’exercice, la mise en œuvre du programme d’investissement a pris du retard. La réduction des lourdes subventions sur les prix de l’alimentation et de l’énergie est ralentie par les réticences des législateurs et les recours juridiques.
Le déficit courant apparu en 2015 ne devrait pas se creuser. La diminution des exportations de pétrole (90 % du total) liée à l’effet conjugué du volume et du prix devrait être compensée par celle des importations due au renchérissement des importations et au recul de l’investissement. De plus, les rapatriements de dividendes seront moins importants.
Les pressions à la baisse sur le naira ont conduit la CBN à prendre, courant 2015, des mesures interdisant l’achat de devises pour l’importation de certains produits afin de préserver les réserves (5 mois d’importations environ). La situation devenue intenable, la CBN a dû se résoudre à mettre fin à l’ancrage au dollar et à laisser flotter le naira le 20 juin 2016. Entre cette date et mi-septembre, le naira a perdu plus de 35 % de sa valeur face au dollar. Malgré l’instauration d’un régime de change flexible, la CBN se réserve la possibilité d’intervenir sur les marchés et a maintenu les mesures de contrôle des changes imposées à l’été 2015 sur une quarantaine de produits, maintenant ainsi l’existence d’un marché parallèle.
Le secteur bancaire, fortement exposé au secteur pétrolier (environ un quart du total des prêts) est affecté par les conséquences de la baisse des prix du pétrole, mais aussi par les difficultés d’accès aux devises rencontrées par certaines entreprises. Du fait de la défiance persistante des investisseurs étrangers et des acteurs locaux, la pénurie de devises risque de durer.

 

Confrontation aux djihadistes de Boko Haram et aux sabotages dans la zone pétrolière

La victoire de Muhammadu Buhari et de son parti fraichement créé, l’All Progressive Congress aux élections de 2015 marque une alternance au pouvoir après la domination du Parti Démocratique Populaire depuis 1999. Le nouveau président a fait de la lutte contre la corruption l’une de ses priorités (le Nigéria occupait le 194ème rang sur 215 en 2014 dans le classement de la Banque Mondiale). Les efforts à accomplir seront importants au sein de l’administration des 36 états fédérés qui ont pris de mauvaises habitudes lorsque la manne pétrolière était abondante. L’attente de la population est grande vis-à-vis du nouveau président, en particulier dans ce domaine. Une mise en œuvre trop lente des réformes, mais aussi une réduction trop rapide des subventions dans un contexte de croissance anémique, pourraient être source de tensions et d’instabilité sociale.
La situation sécuritaire demeure très instable dans le nord-est du pays en proie aux attaques du mouvement islamiste radical Boko Haram. Dans la région du Niger, la plus grande pourvoyeuse en pétrole, des rebelles réclament un meilleur partage des ressources et sabote les installations pétrolières. Le fait que le président soit un musulman originaire du nord ne facilite pas les négociations.

 

Dernière mise à jour : Septembre 2016

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