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Chypre

Chypre

Population 0,8 million
PIB par habitant 22822 $US
B
Evaluation des risques pays
B
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2014 2015  2016(p) 2017(p)
Croissance PIB (%) -1,5 1,7 2,7 2,4
Inflation (moyenne annuelle) -0,3 -1,5 -1,0 1,0
Solde budgétaire / PIB (%) -8,8 -1,1 -0,4 -0,6
Solde courant / PIB (%) -4,4 -3,0 -3,0 -3,5
Dette publique / PIB (%) 107 108 107 105

(p) Prévisions

POINTS FORTS

  • Carrefour commercial entre Europe, Afrique et Asie
  • Appartenance à la zone euro
  • Secteur tertiaire : tourisme, services aux entreprises, transport maritime
  • Main d’œuvre qualifiée et anglophone
  • Infrastructures de transport et de télécommunication de bonne qualité

POINTS FAIBLES

  • Division de l’île (depuis 1974) et relations tendues avec la Turquie
  • Petit marché domestique, insulaire, éloigné et excentré du cœur de l’Europe
  • Faible diversification de l’activité et de la clientèle étrangère
  • Instabilité géopolitique régionale
  • Endettement élevé de tous les acteurs économiques
  • Secteur bancaire massif, hyper concentré et lesté de créances douteuses

Appréciation du risque

Croissance modérée fondée sur la consommation et le tourisme

Malgré un endettement des ménages équivalant encore à plus de 120% du PIB, la consommation privée confirmera sa reprise, encouragée par la décrue du chômage, le dégel des salaires, notamment dans le secteur public, et la stabilisation du prix des logements (après une chute de 30% depuis 2010). Elle sera aussi soutenue par les dépenses de trois millions de visiteurs étrangers séjournant sur l’île, soit plus de trois fois la population locale. Le tourisme, le transport maritime et les services non financiers destinés aux entreprises, trois secteurs exportateurs traditionnels de l’île, profitent du surcroît de compétitivité procuré par la dépréciation de l’euro et la modération salariale qui entretient le bénéfice tiré de la baisse des salaires des dernières années. Leurs excédents compensent presque le déficit commercial (18% en 2015) lié à la faible diversification de la production manufacturière locale (médicament, fromage et électronique). La probable baisse de fréquentation et des dépenses de la clientèle britannique (39% des visiteurs en 2015) due à la dépréciation de la livre devrait être en grande partie compensée par la diversification géographique des provenances et, notamment, la présence accrue de la clientèle russe (25% des visiteurs) qui ne devrait pas se détourner malgré la levée des restrictions imposées par la Russie vis-à-vis de la Turquie. Malgré l’endettement élevé des entreprises, la reprise de la construction d’équipements touristiques (marina, golfs, ports et parcs) et de bureaux, l’autre secteur majeur, devrait aussi se confirmer. L’investissement public restera contraint par la contrainte budgétaire.

 

Un secteur bancaire en longue convalescence

Suite à l’entrée dans l’UE en 2004, le secteur bancaire chypriote a enflé jusqu’à peser six fois le PIB. Le retournement du marché immobilier local fin 2008 et l’effondrement de l’économie grecque début 2010, dans lesquels il avait considérablement investi, lui ont été fatals, provoquant l’insolvabilité de ses principaux acteurs. Incapables d’opérer seules le sauvetage vue la forte dégradation des comptes publics et extérieurs, soumises à la pression de la Commission européenne, de la BCE et du FMI qui en faisaient une condition de leur aide financière, les autorités ont restructuré le secteur en grande partie aux frais des créanciers et des déposants. Malgré la liquidation de l’une des principales banques, le secteur, à présent extrêmement concentré, pèse encore lourd (3,7 fois le PIB à juin 2016), hors banques étrangères (160%). Grâce à la mise en œuvre progressive de la législation sur l’insolvabilité et la forclusion adoptée en 2015, ses créances douteuses diminuent. Mais, elles représentent encore 48% du portefeuille (août 2016) et seules 40% font l’objet d’un provisionnement. Leur traitement est rendu laborieux par la difficile estimation des biens servant de garantie, la fréquente inexistence cadastrale des appartements, ainsi que par la lenteur du transfert par l’administration des titres de propriété des promoteurs aux acheteurs. Dans cet imbroglio, ni les ménages ni les promoteurs ne sont incités à rembourser leurs emprunts. Pourtant, l’augmentation des dépôts observée depuis 2015, la progression des nouveaux crédits et la quasi disparition du recours aux liquidités de la banque centrale sont des signes positifs dans un secteur surveillé par la BCE.

 

Un lourd endettement public et extérieur

Le déficit public global a presque disparu. L’excédent primaire (c.à.d. hors intérêts de la dette) et la croissance devraient permettre d’alléger le lourd fardeau de la dette publique. Les investisseurs, convaincus de l’amélioration, ont souscrit en juillet 2016 à une émission de 1 milliard d’euros sur 7 ans au taux de 3,75%. Or, avec la réduction de l’influence des institutions européennes et du FMI depuis la fin de leur programme d’aide et la tenue de l’élection présidentielle en 2018, il y a un risque que la classe politique ralentisse dans l’effort qui sera de longue haleine. Si la réforme de l’administration (avancement, grille salariale, mobilité) est en cours, celle de la gestion des entreprises publiques, tout comme les privatisations (Cyprus Telecom, port de Limassol, électricité), a pris du retard. La dette extérieure représente plus de 5 fois le PIB. Près de 70% sont supportés par le secteur privé, parmi lesquels 60% correspondent à des engagements de structures ad hoc destinées à financer des armateurs ou entreprises souvent non résidentes. Néanmoins, la part purement domestique représente encore plus de 3 fois le PIB.

 

Un gouvernement minoritaire engagé dans des pourparlers en vue de la réunification de l’île

Les élections législatives de mai 2016 ont confirmé la première place au Parlement du Rassemblement démocratique (Disy), le parti conservateur du président, avec 18 sièges sur 56. Face au 16 députés du Parti progressiste des travailleurs (Akel, communiste), le président Nicos Anastasiades et son gouvernement doivent trouver des majorités de circonstance avec les 9 députés centristes du Parti démocrate (Diko) et les élus de 5 petits partis, en assortissant l’assainissement budgétaire de mesures sociales comme l’instauration d’un système national de santé. Par ailleurs, les négociations se poursuivent entre les gouvernements des communautés chypriotes grecque et turque de l’île en vue de mettre fin à la division du pays. Cela profiterait à l’économie et, notamment, à l’exploitation future des gisements gaziers en mer. L’issue dépendra, entre autres, de l’attitude la Turquie, présente militairement dans le tiers nord de l’île.

 

Dernière mise à jour : Janvier 2017

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