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Corée du Sud

Corée du Sud

Population 50,617 millions
PIB par habitant 27221 $US
A3
Evaluation des risques pays
A2
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2014 2015  2016 (e) 2017(p)
Croissance PIB (%) 3,3 2,8 2,8 2,5
Inflation (moyenne annuelle) 1,3 0,7 1,0 1,8
Solde budgétaire / PIB (%) 0,4 0,3 0,3 0,7
Solde courant / PIB (%) 6,0 7,7 7,0 6,3
Dette publique / PIB (%) 35,9 37,8 38,6 38,6

(p) Prévisions

POINTS FORTS

  • Base industrielle diversifiée
  • Leader sur l’électronique haut de gamme
  • Système éducatif performant
  • Dépenses publiques élevées en R&D
  • Augmentation des investissements coréens en Chine, au Vietnam et en Inde

POINTS FAIBLES

  • Sidérurgie, textile et industrie navale affectés par la concurrence chinoise
  • Poids des importations de matières premières
  • Endettement élevé des ménages et des petites entreprises
  • Vieillissement de la population 
  • Chômage des jeunes important en dépit d’un système éducatif performant
  • Imprévisibilité du régime de la Corée du Nord

Appréciation du risque

L’activité devrait ralentir en 2017

En 2017, malgré un regain de croissance au premier trimestre grâce aux exportations et à l’investissement, l’activité devrait ralentir. L’économie, fortement exportatrice, restera contrainte par l’atonie de la demande mondiale et le ralentissement de l’activité chinoise, l’empire du Milieu étant destinataire d’un quart des exportations coréennes. L’endettement privé reste élevé (253% du PIB) et continuera à peser sur l’activité. Le chômage des jeunes est source d’inquiétude (9,6% en mai, contre 3,6% dans la population totale), au même titre que le sous-emploi, en hausse depuis 2014. En dépit des mesures correctives annoncées par le gouvernement, l’économie sera toujours affectée par les faiblesses des PME (manque de compétitivité notamment) et le vieillissement de la population. En outre, elle restera à deux vitesses avec des conglomérats industriels dynamiques – leschaebols –mais un secteur des services à faible productivité. La transparence deschaebols, caractérisés par le contrôle familial et la succession héréditaire, reste limitée.

Néanmoins, la consommation des ménages devrait rebondir grâce aux mesures de relance mise en place par l’ancien gouvernement Park, telles que des incitations fiscales à l’acquisition d’une voiture. Elle pourrait aussi bénéficier du budget supplémentaire que le nouveau président Moon Jae-in souhaite mettre en place, s’il est adopté. L’investissement devrait également profiter des plans de relance initiés pour soutenir l’activité, notamment la construction de logements, mais sera cependant affecté par les restructurations annoncées en juin 2016 dans les secteurs de la construction navale et du transport maritime (les capacités vont être réduites de 20 % à l’horizon 2018). Préoccupée par demande nationale toujours faible, la banque centrale coréenne maintient sa politique accommodante, avec un taux directeur à 1,25% depuis l’été 2016.

 

Faible risque budgétaire et extérieur, mais lourd endettement des ménages

Les mesures de relance destinées aux priorités nationales (croissance de la population active, relance de l’économie et sécurité) ne se sont pas traduites par une dégradation des finances publiques. La progression des dépenses est compensée par une hausse des taxes telle que celle sur les cigarettes. De plus, le gouvernement entend élargir l’assiette fiscale en taxant le secteur informel qui représenterait un quart de l’économie formelle. Ainsi, l’excédent budgétaire devrait continuer à progresser. La dette publique restera soutenable et inférieure aux niveaux observés dans la plupart des autres pays de l’OCDE. Néanmoins, les engagements contingents et la dette des entreprises publiques représentent respectivement 10 et 30 % du PIB.

L’excédent courant devrait se réduire légèrement, mais restera très largement excédentaire en 2017. La valeur des importations de pétrole devrait progresser en lien avec la hausse du prix du baril. Les exportations, qui représentent 50% du PIB, sont en hausse depuis octobre 2016, bénéficiant de la demande dynamique des pays développés, mais elles devraient se dégrader en raison de la baisse de la demande chinoise.

Dans ce contexte, les réserves de change resteront à un niveau satisfaisant. Le won reste, cependant, dépendant des flux de capitaux et pourrait se déprécier face au dollar avec le resserrement de la politique monétaire américaine. Néanmoins, la solidité de l’excédent courant et la faible corrélation du marché obligataire coréen à l’aversion global au risque devraient permettre de limiter les mouvements de la devise. Enfin, le niveau élevé de l’endettement des ménages, qui a atteint un nouveau record (1 170 milliards de dollars au dernier trimestre 2016, en hausse de 11,7% par rapport à l’année précédente), constitue un risque pour le secteur bancaire.

 

Moon Jae-in élu président

Après la destitution de Park Geun-hye, dont le procès pour corruption et abus de pouvoir a commencé le 23 mai 2017, Moon Jae-in (Parti démocratique) a été élu président le 9 mai, après une campagne en faveur de l’apaisement des relations avec le voisin nord-coréen, et d’un programme économique pour stimuler la croissance. Dès le 7 juin, son gouvernement a proposé à l’Assemblée Nationale un budget supplémentaire, à hauteur de 0,7% du PIB, financé par l’excédent budgétaire, dans le but de créer plus de 100 000 emplois, essentiellement dans le secteur public, et d’encourager l’entrepreneuriat. Toutefois, le parti du président n’ayant que 40% des sièges, cette proposition risque de ne pas être acceptée, l’opposition disant que ce budget ne satisfait pas les exigences de la Loi des finances pour un budget supplémentaire (guerre, catastrophe naturelle ou risque de chômage de masse).

Le nouveau président a annoncé vouloir renforcer l’alliance avec les Etats-Unis, bien qu’il ait suspendu le déploiement du bouclier antimissile américain THAAD début juin. Par ailleurs, Moon Jae-in souhaite améliorer les relations avec la Chine, ce qui devrait diminuer l’incertitude géopolitique dans la région et favoriser la prise de risque et les entrées d’investissement de portefeuille dans les actifs coréens. Enfin, Moon Jae-in prône le dialogue avec la Corée du Nord dans le cadre de la politique « du rayon de soleil », pour développer les échanges économiques, mais les risques persistent. La Corée du Nord a réalisé des dizaines de tirs de missiles et 2 essais nucléaires depuis début 2016. Depuis lors, sa rhétorique est très agressive. Les menaces récurrentes proférées par ce pays illustrent l’instabilité des relations entre les deux économies. L’ONU a ainsi adopté de nouvelles sanctions le 2 juin 2017, contre 14 responsables nord-coréens et 4 entités du pays.

 

Dernière mise à jour : Juin 2017

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