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Irak

Irak

Population 34,3 millions
PIB par habitant 6520 $US
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Evaluation des risques dans ce pays
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2013 2014  2015(p) 2016(p)
Croissance PIB (%) 6,6 -2,1 2,4 5,1
Inflation (moyenne annuelle) 1,9 2,2 1,9 3,0
Solde budgétaire / PIB (%) -5,8 -5,3 -23,1 -17,7
Solde courant / PIB (%) 1,3 -2,8 -12,7 -11,0
Dette publique / PIB (%) 31,9 38,9 75,7 88,2

 

(e) Estimations (p) Prévisions

POINTS FORTS

  • Cinquième plus grandes réserves prouvées de pétrole brut dans le monde.

POINTS FAIBLES

  • Tensions politiques fortes entre les différentes minorités ethniques et religieuses et la majorité chiite au pouvoir.
  • Risque de scission avec le Kurdistan autonome important contributeur du secteur pétrolier.
  • Coût de la reconstruction suite au conflit armé pouvant peser sur les comptes publics.
  • Poids faible du secteur privé hors hydrocarbures irakien dans le PIB.

Appréciation du risque

L’économie irakienne fait face à un double choc

La croissance irakienne restera contrainte par la poursuite de la guerre menée contre l’Etat islamique ainsi que par la baisse du cours du pétrole depuis juin 2014. En 2016, elle devrait néanmoins enregistrer un léger rebond suite à l’augmentation de la production pétrolière. En effet, sachant que 87 % de la production hydrocarbure est concentrée dans les champs sud de Bassora épargnés par les affrontements, la production pétrolière n’a été que peu affectée par le conflit. La multiplication des qualités de pétrole autorisées à l’exportation ont conduit à une augmentation de la production de bruts sulfureux lourds dans les champs du sud. En outre, l’accord entre le Kurdistan irakien et le gouvernement central de Bagdad signé en décembre 2014 a permis une reprise des exportations des régions du Nord. Ainsi la production totale irakienne est passée de 2,5 Mb/j en 2014 à 3,1 Mb/j en septembre 2015 et elle devrait atteindre 3,3 Mb/j en 2016.

L’enlisement de la guerre contre l’Etat islamique qui contrôle un tiers du territoire devrait continuer d’annihiler une partie importante du pays, l’autre partie étant paralysée par la proximité du conflit. Depuis 2014, l’Irak fait face à une grave crise humanitaire, plus de 10 % de la population a été déplacée à cause du conflit, et le pays continue d’accueillir des réfugiés en provenance de Syrie. Le FMI estime que 10 millions d’irakiens, soit plus d’un tiers de la population, auraient besoin d’une assistance humanitaire. Ce nombre pourrait augmenter en 2016 étant donné le retard qui sera pris dans la remise en place des infrastructures de base.

La contraction des recettes budgétaires devrait fortement limiter le concours de l’Etat à l’économie alors même qu’une part importante du budget reste mobilisée par l’effort de guerre. Le secteur privé quasi inexistant continuera de pâtir d’une baisse de la confiance des ménages et des investisseurs. La consommation devrait également ralentir suite au gel des salaires des fonctionnaires qui composent 50 % de la population active occupée. Les efforts de reconstruction dans les territoires repris aux mains de Daech pourraient permettre une légère reprise de l’activité dans les zones sinistrées bien que cette dernière pourrait être limitée par les problèmes de corruption et par l’importance des délais de mise en œuvre. L’inflation devrait rester modérée dans les zones irakiennes mais elle devrait être plus élevée dans les zones occupées par Daech.

 

Légère diminution des déficits jumeaux abyssaux

Avec des recettes budgétaires issues à plus 80 % du pétrole, la faiblesse du cours des hydrocarbures fragilise les finances publiques. L’Etat irakien s’est vu amputé de 40 % de ses recettes budgétaires depuis la chute du prix du baril en 2014 alors qu’il fait face à un accroissement de ses dépenses militaires. La crise budgétaire a été d’autant plus profonde que malgré certaines mesures visant la réduction des dépenses en 2015, le déficit public a dépassé 20 % du PIB. Ce dernier devrait se réduire légèrement en 2016 en raison de l’augmentation de la production pétrolière et de l’entrée en vigueur de nouvelles taxes. Les salaires des fonctionnaires devraient subir les conséquences des coupes budgétaires. Le gel des salaires en 2015 pourrait donner lieu à une baisse des salaires des fonctionnaires en 2016. Le gouvernement devrait avoir recours à l’endettement domestique afin de compenser ses importants déficits publics ce qui entrainera une augmentation substantielle de la dette. En effet, l’instabilité régionale limite fortement toutes perspectives d’endettement sur les marchés financiers internationaux. L’Etat irakien pourra cependant compter sur le soutien des organismes internationaux notamment en ce qui concerne l’aide humanitaire. Le FMI devrait accorder une aide sous la forme d’un financement d’urgence (RFI rapid financing instrument). La Banque mondiale abonderait un fond de reconstruction en direction des zones libérées de 350 millions de dollars. Enfin le Koweït et les Nation Unies débloqueraient respectivement des dons de 300 et 500 millions de dollars en direction de l’aide aux réfugiés.

Le solde du compte courant négatif depuis 2014 a enregistré un déficit conséquent en 2015 résultant de la contraction des recettes pétrolières. L’augmentation de la production pétrolière en 2016 devrait cependant permettre une légère diminution de ce dernier.

 

Une guerre qui s’enlise face à des tensions communautaires qui se renforcent

Alors que la coalition internationale bombarde les positions de l’EI, l’armée et les milices chiites reprennent progressivement du terrain sur les zones occupées par l’organisation islamique. Mais la frontière entre territoires repris et territoires occupés reste mouvante et l’armée irakienne accuse encore des défaites sur le terrain. L’intensification des frappes en Syrie par la coalition à laquelle s’est adjointe la France et la Russie pourrait marquer un tournant dans l’issue du conflit en affaiblissant l’organisation de l’Etat islamique au sein de ses zones de repli. La guerre contre Daech ne sera pas sans répercussions sur le devenir politique de l’Irak. Les tensions communautaires entre sunnites et chiites qui ont fait le lit de l’Etat islamique suite aux purges  anti-sunnites orchestrées par l’ancien premier ministre Nouri al-Maliki, notamment dans l’armée et l’administration, ne se sont pas éteintes. Les exactions menées par les milices chiites sur les tribus sunnites dans les territoires repris à l’Etat islamique renforceraient le risque de scission et de soulèvement. Le gouvernement central sous la direction de Haider al-Abadi ébranlé par des scandales de corruption est de plus en plus critiqué par les partis chiites liés aux milices et voit ses marges de manœuvre diminuer.

 

Dernière mise à jour : Janvier 2016

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