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Iran

Iran

Population 77,8 millions
PIB par habitant 5353 $US
D
Evaluation Pays
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2013  2014 2015 (p) 2016(p)
Croissance PIB (%) -1,9 4,3 0,5 3,5
Inflation (moyenne annuelle) 34,7 15,5 15,1 11,5
Solde budgétaire / PIB (%)* -0,9 -1,1 -2,9 -1,6
Solde courant / PIB (%) 8,2 4,5 2,4 1,5
Dette publique / PIB (%) 15,4 15,8 16,4 15,3

 

(e) Estimations (p) Prévisions  

*année fiscale débutant le 21 mars

POINTS FORTS

  • Importantes réserves de gaz et de pétrole (respectivement aux second et quatrième rangs mondiaux)
  • Très faible endettement extérieur
  • Positionnement stratégique dans la sous-région.

POINTS FAIBLES

  • Forte inflation
  • Tensions sociales
  • Environnement des affaires peu favorable

Appréciation du risque

Reprise attendue après la levée des sanctions

Après une croissance à 4 % en 2014, l'activité a enregistré un important ralentissement en 2015. L'assouplissement des sanctions commerciales et financières associées à l’accord intérimaire de novembre 2013 entre l’Iran et les P5+1 a permis une reprise de l’activité en 2014 même si celle-ci était de courte durée. La forte baisse des prix mondiaux du pétrole et le report des décisions d’investissement dans l’attente de la signature effective de l’accord de juillet 2015 ont limité toute progression de l’activité l’année dernière. Cette atonie de la croissance s’est également traduite par le ralentissement des secteurs clefs, tels que l’automobile et la construction en 2015 en réponse à une faiblesse de la demande domestique. La baisse des prix des matières premières a tout de même permis de limiter les pressions inflationnistes avec une stabilisation du taux d’inflation autour de 14 % fin 2015. La levée des sanctions qui devrait être effective au courant de l’année 2016 favorisera une reprise de l’économie iranienne dont les principaux moteurs devraient être une reprise du commerce extérieur et l’investissement. Le retour de l’Iran sur le marché mondial bénéficiera principalement aux exportations d’hydrocarbures. La production de pétrole iranien a été pénalisée par les restrictions imposées aux exportations. Elle était estimée à 3 Mb/j en 2015. La relance du secteur qui devrait s’appuyer sur l’afflux d’investissements étrangers pourrait permettre d’atteindre 3,7M/bj en 2016 et 4,4 Mb/j à l’horizon 2020. L’économie hors hydrocarbures profitera également des retombées positives induites par un regain d’activité de la production de pétrole ainsi que par un retour de la confiance des ménages et entreprises. Les effets positifs de la levée des sanctions pourraient néanmoins être limités par les rigidités et les vulnérabilités structurelles de l’économie iranienne. Cette dernière fait toujours face à des taux d’inflation élevés et à une baisse tendancielle de la productivité du capital et du travail renforcée durant la période des sanctions. En outre, bien que le plan d'action global commun (JPCOA) permette une levée des sanctions afférant à la poursuite du programme nucléaire iranien, l’Iran reste sous le coup d’autres sanctions internationales réprimant le financement du terrorisme et la violation des droits de l’homme. La multiplicité des régimes de sanction et les différences entre les régimes de sanction européen et américain risquent de rendre difficile l’accès des entreprises étrangères au marché iranien et de limiter les effets attendus d’une reprise du commerce.

 

Des finances publiques pénalisées par la faiblesse du prix des hydrocarbures  

Sous le régime de sanctions, les autorités iraniennes ont progressivement diversifié leurs sources de financement. Aussi, la baisse des cours des hydrocarbures a eu un effet moins négatif sur les comptes publics que celle qui a été observée dans d’autres pays pétroliers. Néanmoins les effets cumulés de la baisse de l’activité en 2015 et du cours des matières premières ont favorisé le creusement du déficit public. Alors que l’atonie du marché pétrolier perdurerait en 2016, le solde public évoluerait favorablement. La reprise attendue suite à la levée des sanctions favoriserait l’accroissement des recettes hors pétrole. De même les recettes pétrolières augmenteraient à la faveur d’une progression des volumes d’exportations. L’investissement pourrait néanmoins peser négativement sur les finances publiques. On s’attend en effet à ce que la levée des sanctions permette au gouvernement d’entreprendre un ensemble de projets d’infrastructures dans le cadre du sixième plan de développement quinquennal. La dette iranienne demeure faible et majoritairement contractée auprès des banques publiques. L’Etat devrait en outre bénéficier de ses avoirs gelés à l’étranger.

 

Des comptes extérieurs résilients

Le compte courant devrait rester excédentaire sous l’effet cumulé de la levée des restrictions et d’une baisse des coûts de transaction des exportations. Néanmoins les retombées positives de la levée des sanctions pourraient être limitées. D’une part, les exportations iraniennes restent fortement tributaires du secteur des hydrocarbures et des secteurs industriels dépendants de la production de pétrole. Aussi, la faiblesse des prix du baril de brut devrait freiner la progression des recettes d’exportations pétrolières alors même que les volumes augmenteraient. D’autre part, les exportations pourraient être contraintes par une appréciation du taux de change résultant de l’afflux de capitaux. Les IDE devraient en effet s’accroitre sans pour autant retrouver leur niveaux d’avant 2012.

Le système bancaire iranien souffrait déjà de fragilités structurelles avant le renforcement des sanctions. Les banques d’Etat y occupent un rôle important et il reste sous-capitalisé. L’exclusion des banques iraniennes du SWIFT a accru cette vulnérabilité en gelant les avoirs des banques iraniennes à l’étranger et en limitant les dépôts en devise étrangère. La Banque centrale, en accord avec les préconisations du FMI, entend mener une recapitalisation des banques en difficulté ainsi qu’une remise à niveau du système bancaire en accord avec la législation prudentielle internationale.

 

Vers une ouverture internationale

L’élection du président Rohani a marqué un nouveau temps dans la vie politique iranienne. Le président réformiste modéré a réenclenché avec succès le processus de négociations internationales qui a débouché sur un accord le 14 juillet 2015. L’issue des élections parlementaires de février 2016 reste cependant conditionnée par la réussite du Plan global d'action conjoint (JCPOA), dont l’application est attendue au premier semestre. Suite à « l’Adoption day », le 18 octobre 2015, les étapes restantes avant l’application du JCPOA dépendent de la rapidité avec laquelle la levée des sanctions sera prise en compte dans les différentes réglementations aux Etats Unis et en Europe. L’Iran a en outre informé l'AIEA qu'il appliquerait le protocole additionnel au Traité de non-prolifération nucléaire, autorisant des inspections plus poussées de ses sites nucléaires par l'agence onusienne.

 

Dernière mise à jour : Janvier 2016

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