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Liban

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Population 4,5 millions
PIB par habitant 11 295$US
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

 

 

   2015  2016  2017(p)  2018(p)
Croissance PIB (%) 0,8 1,7 1,8 2,0
Inflation (moyenne annuelle, %) -3,7 -0,8 3,1 2,5
Solde public / PIB (%) -7,6 -9,9 -7,3 -7,0
Solde courant / PIB (%) -18,7 -18,6 -18,0 -16,8
Dette publique / PIB (%) 142,2 148,7 152,3 156,1

(p) : prévision

POINTS FORTS

  • Système bancaire robuste bénéficiant de la confiance des investisseurs
  • Soutien financier de la diaspora et de la communauté internationale
  • Découverte de gisements offshore de gaz naturel

POINTS FAIBLES

  • Fractionnement politique selon des critères confessionnels et divergences politiques fortes autour de la question syrienne.
  • Forte exposition aux tensions géopolitiques régionales.
  • Dette publique très élevée.
  • Instabilité politique 

Appréciation du risque

Incertitudes politiques persistantes

Après le départ du président Michel Sleiman en mai 2014, le Liban a connu une période de vide institutionnel jusqu’au 31 octobre 2016, jour de l’élection par le parlement de Michel Aoun (ancien général chrétien), issu de la « coalition du 8 mars », nommée d’après la manifestation pro-syrienne qui s’est tenue à cette date en 2005 et composée essentiellement de partis chiites (dont le Hezbollah et le Amal) et de partis chrétiens. Le 3 novembre 2016, Saad Hariri, leader des sunnites du Courant du Futur, membre de la « coalition du 14 mars » (nommée d’après la date de la manifestation contre la présence syrienne qui a suivi l’assassinat de Rafik Hariri en février 2005 et composée surtout de partis chrétiens et sunnites unis par leur opposition à l’autre coalition), a été nommé premier ministre et a formé un gouvernement d’union nationale. Au cours d’une visite à Riyad, le 4 novembre 2017, le premier ministre Saad Hariri a décidé de démissionner. Cette déclaration, inattendue, a provoqué un vif émoi national auprès de l’ensemble des factions, et a d’après M. Aoun, eu lieu sous pression du régime saoudien. A son retour à Beyrouth, le 22 novembre, S. Hariri a suspendu sa démission. L’hypothèse la plus plausible est son maintien jusqu’aux prochaines élections parlementaires qui devraient avoir lieu en mai 2018.

 

Une croissance fragile en 2018

Après avoir repris en 2017, l’économie libanaise a démontré, encore une fois, sa résilience en raison de la stabilité de son système bancaire, dont les actifs représentent 350 % du PIB, et des importants transferts de la diaspora. Néanmoins, l’activité reste contrainte par les incertitudes politiques et l’instabilité régionale, avec notamment l’accueil d’un million de réfugiés syriens (près d’un quart de la population). Suite à la découverte de gisements de pétrole et de gaz offshore en Méditerranée, le gouvernement a établi un cadre légal de taxation et d’exploitation, en janvier 2017, et a lancé les appels d’offres. Il semble peu probable que les retombées sur l’économie libanaise soient observables dès 2018, malgré l’objectif affiché des autorités d’entamer la production dès le début de l’année, la concurrence étant rude avec Israël pour certains gisements. L’activité touristique (15 % du PIB en 2016) ne devrait être que faiblement impactée par l’appel aux citoyens d’Arabie Saoudite (2,5 % des touristes) et de ses alliés au Moyen-Orient de quitter le territoire libanais.

L’investissement des ménages devrait bénéficier des prêts à un taux de 1 % de la banque centrale (en comparaison au taux de 8,4 % des banques commerciales). Le projet est destiné aux ménages à faible et moyen revenus, afin de contribuer à la croissance du secteur immobilier, notamment dans la région du Grand Beyrouth. Au sujet de l’investissement privé, la loi sur les partenariats public-privé (PPP), votée en août en 2017, a pour objectif de faciliter l’implication des acteurs privés dans des projets de modernisation des infrastructures (aéroport international de Beyrouth, autoroute Khaldé-Nahr Ibrahim). La consommation privée, malgré les incertitudes politiques, devrait augmenter en raison de l’arrivée de réfugiés syriens.

La banque centrale devrait maintenir son taux de change fixe (depuis 1999) de la livre par rapport au dollar américain, mesure garantissant la stabilité financière pour les investisseurs, au sein d’une économie fortement dollarisée. En effet, les dépôts sur les comptes libanais (qui représentent plus de deux fois le PIB), qui, pour la plupart proviennent de la diaspora libanaise sont à 60 % effectués en dollar américains.

 

Des déficits jumeaux importants et un accroissement de la dette

Le 9 octobre 2017, le parlement a approuvé son premier budget depuis 2005. Le projet inclut une augmentation de 16 % des salaires et retraites. Les subventions, notamment celle de l’entreprise Électricité du Liban (6 % des dépenses totales), continuent à peser sur les comptes publics. Afin de compenser cette hausse des dépenses, la TVA devrait passer de 10 à 11 %, l’impôt sur les sociétés de 15 à 17 %, la taxe sur les intérêts des dépôts de 5 à 7 % et, enfin, il devrait y avoir des augmentations des taxes sur certains produits tels que le ciment ou le tabac devraient augmenter. L’ensemble de ces mesures contribueraient à réduire le déficit public. La balance primaire restera excédentaire, le large déficit public étant principalement dû au règlement des intérêts de la dette publique (32 % des dépenses en ٢٠١٨), qui ne cesse de s’accroître. La dette, qui est à un niveau exceptionnellement élevé, est principalement détenue par des banques libanaises, 60 % de leurs actifs étant des titres souverains.

En 2018, le compte courant demeurera largement déficitaire en raison du déséquilibre de la balance commerciale. Les importations (34,5 % du PIB en 2016) devraient se maintenir à un niveau élevé dans l’hypothèse de fermeté des prix du pétrole (21,2 % des importations). La hausse de la demande domestique pour les biens alimentaires et de consommation, provoquée par la hausse de la population, favoriserait également cette tendance. Les exportations vers le voisin syrien, qui n’ont jamais cessé malgré la guerre, augmenteraient suite aux défaites du groupe EI, notamment dans le secteur agricole. Le large déficit courant est financé par les transferts courants de la diaspora et les IDE (respectivement 16 et 5,5 % du PIB en 2016).

Dernière mise à jour : Janvier 2018

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