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Libye

Libye

Population 6,3 millions
PIB par habitant 6276 $US
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Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

   2014 2015 2016 (p) 2017 (p)
Croissance PIB (%) -24,0 -6,4 -3,3 13,7
Inflation (moyenne annuelle) (%) 2,8 14,1 14,2 12,5
Solde budgétaire / PIB (%) -40,3 -52,5 -56,6 -43,8
Solde courant / PIB (%) -27,8 -42,1 -47,4 -36,9
Dette publique / PIB (%) 36,4 73,8 101,8 100,2

 

(p) Prévisions

POINTS FORTS

  • Importance des réserves de pétrole et de gaz.

POINTS FAIBLES

  • Economie très peu diversifiée, essentiellement tributaire du secteur des hydrocarbures.
  • Transition politique très incertaine et problèmes sécuritaires critiques.
  • Environnement des affaires très difficile.
  • Insuffisante modernisation de l’économie et du secteur bancaire.

Appréciation du risque

Une stabilisation politique incertaine

Le manque de données disponibles et fiables sur le pays rend difficile l’appréciation du risque en Libye.

Depuis la chute, fin août 2011, du régime du colonel Kadhafi, la situation politique en Libye est instable. Le chaos sécuritaire s’est doublé d’une crise institutionnelle en 2014 suite à l’invalidation par la Cour suprême de Libye de l’élection de la Chambre des représentants. La Libye est depuis régie par deux gouvernements et deux parlements. D’une part, la Chambre des Représentants (CDR), reconnue par la communauté internationale jusqu’en mars 2016 siège à Tobrouk, dans l’extrême est du pays. De l’autre, le Congrès Général National (CGN) garde le contrôle de Tripoli. Après plusieurs tentatives de dialogue avortées sous l’égide des Nation Unies, les deux gouvernements sont parvenus à un accord en décembre 2015 à Skhirat. Cet accord a conduit à la création d’un gouvernement de transition. Ce gouvernement d’union nationale, dirigé par Fayez el-Sarraj, peine à s’imposer, bien que reconnu et soutenu par les grandes puissances occidentales et l’ONU. En effet, il a fait l’objet d’un coup d’Etat manqué en octobre 2016, n’est pas reconnu par le maréchal Khalifa Haftar (figure montante des forces armées sous le commandement de la CDR), et entretient des relations tendues avec la CDR. Bien que cet accord semble être un premier pas vers une solution à la crise libyenne, la Libye reste un territoire morcelé entre des zones de non droit, des parties sous influence tribale et la multiplication des milices. Par ailleurs, la menace djihadiste reste latente, malgré la reprise de Syrte à Daech en décembre 2016. Ce dernier conserve des combattants éparpillés, notamment dans le sud du pays.

 

Une crise économique aux répercussions de long terme

Les perspectives économiques libyennes dépendent d’une reprise de la production pétrolière qui reste pénalisée depuis 2014 par l’aggravation de la crise sécuritaire et politique dont souffre le pays. La reprise du « croissant pétrolier » par K. Haftar aux troupes loyales à F. Sarraj précarise encore davantage l’équilibre politique de la région et, par extension, les possibilités d’exportation de pétrole brut. La remise d’une partie des terminaux de production à la compagnie pétrolière nationale par le maréchal laisse présager d’une reprise modérée du secteur pétrolier. Un rebond, même faible, des exportations de pétrole en 2017 permettrait de soutenir la croissance libyenne, dans un contexte de remontée progressive du prix du baril de Brent. Cependant, un tel scénario restera dépendant des développements entre les factions armées rattachées aux autorités rivales. Enfin, les affrontements qui sévissent entre les différentes milices qui se partagent le territoire ont endommagé de manière durable les infrastructures pétrolières et éloignent les perspectives d’un retour de la production au niveau de 2010 établi en moyenne à 1,6 million de barils/jour (contre 0,4 million de barils/jour en 2016).

La faiblesse de la monnaie, les difficultés d’approvisionnement et de circulation ainsi que la rareté des biens maintiendraient les pressions inflationnistes sur les biens alimentaires, le prix de l’immobilier ainsi que les transports. Ces pressions s’alourdiraient en lien avec la fin des subventions sur les produits alimentaires en 2016. Ces mesures pèseront lourdement sur le niveau de vie des ménages fortement éprouvés par la crise politique et sécuritaire.

 

Des déficits jumeaux abyssaux

Après avoir cumulé d’importantes réserves financières, la Libye fait désormais face à un déficit budgétaire alarmant. L’extrême dépendance des finances publiques à l’égard du secteur des hydrocarbures a entraîné un effondrement des recettes budgétaires à mesure que la production de pétrole diminuait. Dans un contexte de bipolarisation politique, la banque centrale est restée en charge de la politique budgétaire et monétaire du pays allouant à chacun des gouvernements une partie des ressources financières disponibles. Face à la baisse des recettes, la banque centrale continue de financer ce qui reste des institutions et services publics en puisant dans les importantes réserves de change accumulées sous le régime de Kadhafi. La reprise des prix des hydrocarbures amorcerait un regain des recettes pétrolières, ce qui pourrait passablement soulager les comptes publics.

Le recours à l’endettement auprès des banques commerciales a conduit à une augmentation significative du niveau de dette publique. Le risque souverain est d’autant plus important que l’endettement croît, alors que les réserves s’effondrent. Les fonds de la Libyan Investment Authority, estimés à 67 milliards de dollars en 2015, ont, quant à eux, été gelés par le Conseil de sécurité de l’ONU dans l’attente d’une solution à la crise politique.

La reprise des cours du pétrole en 2017 et une possible reprise des exportations pétrolières sont autant de facteurs favorables à l’amélioration du compte courant. Les dommages causés aux installations pétrolières ne devraient toutefois pas permettre une hausse marquée des exportations à moyen terme. Aussi, on s’attend à ce que le déficit courant se prolonge dans les années à venir. 

 

Dernière mise à jour : Janvier 2017

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