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Niger

Niger

Population 18,6 millions
PIB par habitant 412 $US
C
Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

   2015  2016  2017(p)  2018(p)
Croissance PIB (%) 4,0 5,0 5,1 5,2
Inflation (moyenne annuelle, %) 1,0 0,2 1,0 0,7
Solde public / PIB (%) -9,1 -6,2 -5,4 -5,0
Solde courant / PIB (%) -18,0 -15,5 -18,6 -18,3
Dette publique / PIB (%) 41,0 46,3 51,5 52,8

(p) : prévision

POINTS FORTS

  • Quatrième producteur mondial d’uranium
  • Exportateur net de produits pétroliers et d’or
  • Effort d’investissement dans l’agriculture et les infrastructures
  • Membre de l’Union économique et monétaire ouest-africaine
  • Soutien financier des prêteurs multilatéraux

POINTS FAIBLES

  • Économie vulnérable aux chocs climatiques et aux fluctuations des cours des matières premières
  • Économie encore largement dépendante d’une agriculture de subsistance
  • Système de perception des taxes et des droits de douane déficient
  • Frontières poreuses favorisant l’immigration illégale et les trafics
  • Croissance rapide de la population et grande pauvreté
  • Détérioration de la situation sécuritaire et menace terroriste 

Appréciation du risque

Une croissance stimulée par les investissements en infrastructures, malgré une situation sécuritaire difficile

En 2018, la croissance sera stimulée par l’investissement dans les infrastructures, l’accroissement de la productivité agricole, ainsi qu’une hausse relative des prix de l’uranium, dynamisant sa production.

La mise en place d’une Facilité élargie de crédit avec le FMI en janvier 2017 (100 millions DTS sur trois ans) permet de stimuler les investissements en infrastructure, rassure les investisseurs et encadre l’aide au développement. Surtout ciblés sur les secteurs de l’énergie (barrage de Kandaji et projet d’oléoduc depuis Agadem pour rejoindre l’oléoduc Tchad-Cameroun existant) et des transports (échangeur de Niamey), ces différents projets devraient permettre de combler des lacunes en terme d’infrastructure et, par la même, d’attirer d’autres investissements et augmenter les capacités de production. La hausse des prix de l’uranium (31 % des exportations en 2015) devrait attirer de nouveaux investissements et stimuler la production, notamment avec la hausse des rendements de la mine de Madaouela (GoviEX) pour laquelle la pleine exploitation est prévue fin 2018. Cependant, le climat des affaires déficient pèse sur la mise en place des projets, et menace leur aboutissement. Par ailleurs, les projets de développement d’infrastructures agricoles liés, notamment, à l’initiative 3N (les Nigériens nourrissent les Nigériens), devraient permettre une hausse de la productivité agricole. La demande domestique devrait rester soutenue, stimulée par les dépenses publiques et une consommation privée assez stable, en lien avec une forte croissance démographique et la stabilité des prix, toujours en deçà de la cible de 3 % définie par la Banque centrale de l’UEMAO. Cependant, ces perspectives de croissance restent soumises aux risques sécuritaires, climatiques et humanitaires dans un pays comptant déjà l’un des plus fort taux de pauvreté du monde.

 

Des projets d’investissements qui pèsent sur les comptes public et courant mais des efforts d’assainissement en cours

Les contributions des donateurs internationaux permettent de réduire le déficit public (de 11,0 % à 6,2 % du PIB en 2016). La hausse des recettes liées à l’augmentation des exportations de matières premières ne compensera que partiellement la forte augmentation des dépenses publiques d’investissements et de sécurité. Toutefois, les efforts réalisés dans la collecte des impôts et des droits de douanes sous l’égide du FMI devraient permettre de continuer à réduire le déficit. Dans ce contexte, la dette publique devrait continuer à augmenter, détenue aux trois-quarts par des créanciers publics étrangers, et majoritairement concessionnelle. Toutefois, en raison de l’appartenance du Niger à l’UEMOA (Union économique et monétaire ouest-africaine) et du taux de change du franc CFA fixé à l’euro, une dévaluation est improbable et la dette nigérienne est donc peu exposée au risque de change.

Enfin, du côté des comptes extérieurs, la balance des biens et des services est largement déficitaire (19,7 % du PIB en 2016). Les mauvaises conditions économiques nigérianes continueront de peser. La hausse des exportations de matières premières ne compensera pas l’augmentation des importations liées au développement des projets d’infrastructures. Les transferts d’expatriés et l’aide budgétaire étrangère permettent d’abaisser le déficit courant à 15,5 % du PIB. Ce déficit est financé essentiellement par des IDE (7,6 % du PIB), ainsi que par des dons et prêts dédiés au financement de projets (6,8 % du PIB).

 

Une situation sécuritaire dégradée

La situation politique nigérienne est caractérisée par la mainmise du président Mahamadou Issoufou (Parti nigérien pour la démocratie et le socialisme) sur les différentes institutions depuis la victoire de son parti aux élections présidentielle et législatives de février-mars 2016. L’opposition, bien que marginalisée, est très critique vis-à-vis des actions répressives du président, et est susceptible de catalyser la grogne populaire. Toutefois, la principale menace réside dans une situation sécuritaire très dégradée, les groupes terroristes de la région (Boko Haram, AQMI, Al-Murabitoun) trouvant au Niger un terreau fertile de recrutement (fort taux de pauvreté et peu de perspectives) et des frontières poreuses favorables à leurs actions. La coopération internationale devrait continuer à se renforcer entre les 5 pays du Sahel (Mauritanie, Mali, Niger, Tchad et Burkina Faso), pour tenter de contenir les troubles observés dans les pays voisins (notamment au Nigéria). Cette action internationale se trouve toutefois menacée après la mort de quatre soldats américains en octobre 2017 qui pourrait amener Donald Trump à revoir sa politique de coopération. Cette situation sécuritaire incertaine pèse sur le climat des affaires, avec un risque d’enlèvement ciblant les ressortissants étrangers toujours élevé. 

 

Dernière mise à jour : Janvier 2018

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