Coface Group
Sierra Leone

Sierra Leone

Population 6,4 millions
PIB par habitant 577 $US
D
Evaluation des risques pays
D
Environnement des affaires
Changer de pays
Comparer les pays
Vous avez déjà sélectionné ce pays.
0 pays sélectionnés
Vider
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Comparer

Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2015 2016 2017(p) 2018(p)
Croissance PIB (%) -20,5 6,1 5,6 6,1
Inflation (moyenne annuelle, %) 6,7 10,8 17,2 10,8
Solde public* / PIB (%) -4,5 -8,6 -6,4 5,9
Solde courant / PIB (%) -17,5 -19,9 -21,8 -18,9
Dette publique / PIB (%) 45,3 55,9 59,2 60,8

*avec dons (p) : prévision

POINTS FORTS

  • Importantes ressources minières (fer, diamant, rutile, or)
  • Production de café, riz, cacao
  • Potentiel touristique
  • Soutien financier international
  • Une activité portuaire importante amenée à se développer

POINTS FAIBLES

  • Vulnérabilité aux conditions climatiques
  • Forte dépendance aux cours des matières premières
  • Corruption, droits de propriété insuffisamment protégés
  • Risque de résurgence de l’épidémie de virus Ebola
  • Infrastructures insuffisantes, défaillance du système de santé
  • Difficultés d’accès au crédit pour les petites et moyennes entreprises
  • Extrême pauvreté, chômage important

Appréciation du risque

L’économie confirme son redémarrage

Freinée par l’inflation élevée en 2017 dans son élan de reprise suite aux chocs jumeaux, (i) épidémie du virus Ebola et (ii) effondrement des cours du minerai de fer, la croissance devrait repartir à la hausse en 2018. Elle sera notamment soutenue par la dynamique des industries extractives. En particulier, la production du minerai de fer, portée par la mine de Tonkolili et l’investissement des entreprises chinoises, devrait continuer à monter en puissance. Les perspectives sont également favorables pour le diamant avec un début de production programmé à la mi-2018 aux mines de Tongo et Tonguma dans le cadre du projet conjoint signé entre Octea Mining et Stellar Diamonds en avril 2017. L’accélération de la production de rutile devrait également se poursuivre en 2018. Les dépenses publiques d’investissement en capital devraient bénéficier aux autres secteurs de l’économie, à commencer par ceux de l’agriculture, de l’énergie, des transports et de la construction. La croissance de cette dernière devrait être soutenue par les travaux de reconstruction consécutifs au glissement de terrain qui a fait plus de 500 morts à Freetown et des dégâts matériels estimés à 30 millions de dollars. En 2018, l’inflation, malgré une atténuation des pressions haussières, sera toujours haute et continuera d’être un frein à la consommation des ménages, et, plus particulièrement, pour les plus de 70 % de sierra léonais qui vivent avec moins de 1 dollar par jour. Alimentée par les dépréciations spectaculaires du leone fin 2016 et début 2017 et l’augmentation des prix du carburant à la pompe, l’inflation pourrait éventuellement menacer les perspectives de croissance 2018, notamment, si les dernières subventions au carburant sont éliminées.

 

La réduction des déficits jumeaux au cœur du programme triennal avec le FMI

Commencée en 2017, la réduction du déficit budgétaire se poursuivra en 2018. La Sierra Leone, engagée dans un nouveau programme triennal avec le FMI depuis avril 2017 en échange d’une ligne de crédit de 224 millions de dollars, est lancée sur la voie des réformes pour atteindre un objectif de déficit primaire de 2 % du PIB en 2021 (4 % en 2017). En accord avec le Fonds, l’effort se concentrera sur le renforcement des recettes pour réduire le déficit : l’élimination des niches fiscales, l’application d’une redevance minière sur la base des prix du marché ou encore l’introduction d’un droit d’accise de 20 % sur les véhicules de luxe y participeront. Ces mesures ont été incluses dans un nouveau projet de loi, soumis au parlement en 2017, sur l’administration fiscale qui vise plus globalement à améliorer l’efficacité de la perception de l’impôt. Le pays s’est également engagé à garder les dépenses courantes sous contrôle, afin de pouvoir accélérer les dépenses d’investissement en capital qui soutiennent la croissance. L’afflux d’aides des partenaires multilatéraux et bilatéraux versées suite à la catastrophe naturelle qui a touché le pays devrait permettre de supporter le coût des réparations. L’impopulaire libéralisation des prix du carburant à la pompe, promise à l’occasion du précédent accord signé avec le FMI, ne devrait pas être mise en œuvre avant les élections présidentielles de mars 2018, exerçant une pression sur les dépenses. Un dérapage fiscal n’est d’ailleurs pas exclu à l’approche de cette importante échéance électorale.

Le compte courant, principalement grevé par un large déficit commercial, devrait encore enregistrer un déficit important, malgré l’augmentation attendue des exportations de produits miniers et agricoles. La valeur des exportations devrait, toutefois, augmenter plus rapidement que celle des importations qui accélèreront en lien avec la hausse des dépenses d’investissement en capital. Combiné à l’excédent de la balance des transferts, cela devrait permettre de renforcer la position extérieure du pays.

 

Une opposition fragmentée ouvre la voie de la présidence à l’APC

Après deux mandats consécutifs et contrairement aux rumeurs persistantes quant à ses intentions de contourner la constitution, afin de se présenter à un troisième mandat, le président Ernest Bai Koroma ne se représentera pas à la magistrature suprême en mars 2018, laissant la place à son successeur, D. Samura Kamara, actuel ministre des Affaires étrangères, comme candidat du All People’s Congress (APC). Alors que la bataille pour la succession de M. Koroma aurait pu ouvrir la voie du pouvoir au candidat de l’opposition, les divisions du Sierra Leone People’s Party (SLPP) devraient avoir raison des chances de Julius Maada Bio. De plus, la récente émergence de l’Alliance Democratic Party, menée par Mohamed Mansaray, est susceptible d’éparpiller les voix de l’opposition, plutôt que de menacer la candidature de l’APC. Le climat dans lequel se tiendront les élections sera particulièrement observé, alors que les conditions de vie se sont durcies avec l’inflation élevée. Pauvreté, chômage et corruption restent largement répandus et offrent matière à frustration sociale. Une éventuelle libéralisation des prix du carburant, qui se répercuteraient sur les prix, pourraient, par exemple, mettre le feu aux poudres dans un pays qui compte parmi les plus pauvres du continent.

La pauvreté s’explique, notamment, par un environnement des affaires déficient qui demeure un frein à l’investissement et à la création d’emploi. Ces dernières années, les réformes structurelles et de gouvernance ont tardé à se matérialiser.

 

 

Dernière mise à jour : Janvier 2018

Haut de page
  • English
  • Français