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Soudan

Soudan

Population 38,4 millions
PIB par habitant 2 119 $US
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Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2014 2015  2016(p) 2017 (p)
Croissance PIB (%) 1,6 4,9 3,1 3,7
Inflation (moyenne annuelle) 36,9 16,9 15,0 17,5
Solde budgétaire / PIB (%) -1,4 -1,9 -2,1 -2,2
Solde courant / PIB (%) -7,0 -7,9 -5,9 -5,0
Dette publique / PIB (%) 76,8 72,9 62,8 56,7

 

(p) Prévisions

POINTS FORTS

  • Position stratégique entre le Moyen-Orient et l’Afrique de l’Ouest
  • Relative stabilisation via l’accord pétrolier avec le Soudan du Sud
  • Effort d’ajustement entrepris dans le cadre d’un suivi assuré par le FMI

POINTS FAIBLES

  • Perte de revenus pétroliers à la suite de l’indépendance du Soudan du Sud
  • Dette extérieure non viable
  • Manque d’investissements dans les infrastructures
  • Lacunes importantes en termes d’environnement des affaires et de gouvernance
  • Insécurité
  • Niveau élevé du chômage (notamment des jeunes) et de la pauvreté

Appréciation du risque

Une croissance modeste, tributaire du secteur agricole

Des efforts importants ont été réalisés en vue d’améliorer la stabilité macro-économique et restaurer la croissance depuis le choc qu’a représenté la sécession du Soudan du Sud en 2011. L’ajustement entrepris a permis de contenir la hausse du déficit public, de réduire l’inflation et de soutenir la reprise. Subsistent toutefois d’importants déséquilibres, liés à la perte de trois quart des exportations pétrolières (et des recettes budgétaires correspondantes), qui continuent à peser sur les perspectives de croissance, au même titre que la faiblesse de l’environnement des affaires, le manque de flexibilité du taux de change, le surendettement, les conflits intérieurs et les sanctions américaines.

Dans ce contexte, alors que les cours des produits exportés ont baissé, la croissance reste modeste. L’activité a ralenti en 2016 du fait du recul de la production agricole. En 2017, des récoltes plus abondantes, en raison d’une meilleure pluviométrie, et leur effet induit sur la consommation privée, devraient tirer la croissance vers le haut. La légère remontée des cours du pétrole devrait également entraîner une hausse de la consommation publique. Après trois années de récession, le PIB pétrolier pourrait croître légèrement.

L’inflation serait en augmentation en 2017, reflétant la faiblesse du contrôle monétaire et la hausse des cours du pétrole (dont le pays est désormais importateur net) et des denrées alimentaires.

 

Des déficits jumeaux qui peinent à se résorber

En 2016, le déficit courant a légèrement reculé sous l’effet de la reprise des exportations d’or, tirée par la remontée des cours (le Soudan exporte également du bétail, du pétrole et du sésame). En 2017, les comptes extérieurs resteront sensiblement déséquilibrés, même si les exportations de pétrole commencent à se redresser légèrement. Les investissements étrangers ne suffiront pas à couvrir le déficit courant, rendant toujours nécessaire l’octroi d’une aide étrangère substantielle. Celle-ci devrait permettre d’éviter une nouvelle baisse des réserves de change, dont le niveau est faible (environ 1 mois d’importations). Par ailleurs, en raison du manque de flexibilité du régime de change, le taux de change est surévalué d’environ 50 % en termes réels.

Le déficit budgétaire s’est creusé sous l’effet de la baisse des recettes pétrolières (y compris les transferts en provenance du Soudan du Sud liés à l’utilisation des pipelines soudanaises et à la compensation de la perte de champs pétroliers) en lien avec la chute des cours du brut. Malgré les efforts entrepris pour contenir les dépenses courantes et accroître les recettes fiscales, dont le poids dans le PIB reste faible comparé à la moyenne des pays pauvres, le déficit public reste à un niveau qui nécessite le recours aux financements de la banque centrale.

Le Soudan demeure surendetté. Les ratios de dette publique et extérieure sont élevés et la majeure partie de la dette extérieure est en arriéré. D’où la nécessité pour le pays de privilégier les financements sous forme de dons et de prêts concessionnels et de continuer à œuvrer en vue d’obtenir un allègement de dette dans le cadre de l’initiative PPTE.

 

Un environnement politique très difficile

Vingt-six ans après le coup d’Etat qui l’avait porté au pouvoir, le président Omar Al-Béchir, soutenu par le Parti du Congrès national, a été réélu pour un second quinquennat lors de l’élection présidentielle d’avril 2015. Ce scrutin et les législatives qui se sont déroulées à la même date ont été boycottés par l’opposition et désavoués par les chancelleries occidentales. Les protestations populaires périodiques, nourries par l’absence de changement politique et l’austérité, souvent durement réprimées, ne sont pas de nature à déstabiliser le régime et l’opposition politique reste divisée. A plus longue échéance, pourrait malgré tout se poser la question de la succession du président, qui n’a pas désigné de dauphin.

Si l’enjeu économique commun lié à la production et à l’acheminement du pétrole a conduit le Soudan et le Soudan du Sud à coopérer, le problème du statut de plusieurs régions frontalières (Abyei, Sud-Kordofan et Nil Bleu) a continué à entacher les relations entre les deux pays.

Un conflit violent a éclaté au Darfour, dans l’ouest du Soudan, en 2003 et se poursuit, opposant des insurgés issus de minorités ethniques et le pouvoir, aux mains de la majorité arabe. Depuis, cette date, l’ONU estime que les combats entre les forces gouvernementales et les rebelles ont fait au moins 300 000 morts et 2,5 millions de déplacés.

Le Soudan est soumis depuis 1997 à un embargo commercial de la part des Etats-Unis qui ont d’abord accusé le pouvoir soudanais de soutenir des groupes islamistes violents et, par la suite, dénoncé ses exactions dans le conflit au Darfour. Washington a prolongé d’un an ses sanctions en novembre 2016 mais n’exclut pas de les lever si des progrès sont accomplis par le pays.

 

Dernière mise à jour : Janvier 2017

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