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Mozambique

Mozambique

Population 26,5 millions
PIB par habitant 630 $US
D
Evaluation des risques dans ce pays
C
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2013 2014 2015 (p)  2016(p)
Croissance PIB (%) 7,1 7,4 6,3 3,0
Inflation (moyenne annuelle) 4,2 2,3 3,5 15,0
Solde budgétaire* / PIB (%) -8,1 -15,4 -11,0 -13,8
Solde courant / PIB (%) -40 -34,7 -41,0 -45,3
Dette publique / PIB (%) 52,2 57,5 75,0 90,0

(p) Prévisions

*hors dons

POINTS FORTS

  • Situation géographique privilégiée : longue façade maritime, proximité avec le marché sud-africain
  • Importantes richesses minières (charbon), agricoles et hydroélectriques
  • Immenses ressources gazières découvertes au large des côtes en 2010

POINTS FAIBLES

  • Faible diversification ; dépendance aux cours des matières première (aluminium, charbon)
  • Insuffisance des infrastructures de transport et portuaires qui contraint fortement les capacités d’exportation de matières premières
  • Forte dépendance à l’aide internationale et à l’économie sud-africaine
  • Faiblesse de la gouvernance

Appréciation du risque

Net repli de la croissance attendu en 2016

La croissance devrait baisser en 2016. Le secteur agricole devrait notamment souffrir de la sécheresse provoquée par le phénomène météorologique El-Niño. L’activité industrielle, en particulier la production de charbon pourrait bénéficier de la nouvelle ligne ferroviaire reliant les mines du centre du pays au port de Nacala, mise en service mi-2015. Mais, la révélation d’un important montant de dette dissimulé par le gouvernement aux institutions financières multilatérales, aura un impact très négatif sur les flux d’investissements directs et financiers.

La baisse attendue des dépenses d’investissements publics, devrait en outre peser sur le secteur de la construction, traditionnellement porteur pour l’économie mozambicaine. La faiblesse de la demande extérieure et le niveau bas des cours des principales matières premières exportées par le Mozambique (aluminium et charbon), devraient également limiter la contribution des exportations à la croissance. Enfin, la consommation privée devrait être freinée par la forte hausse de l’inflation, alimentée par l’impact de la sécheresse sur les prix des biens alimentaires, la hausse de certains tarifs publics (en particulier électricité) et les effets de la dépréciation du metical.

 
Une dégradation des finances publiques et du déficit courant difficile à éviter.

Depuis la forte détérioration du solde budgétaire observée en 2014, le gouvernement a mis en place des mesures de consolidation budgétaire, en particulier dans le cadre de l’accord conclu avec le FMI en octobre 2015. Le scandale concernant la dette non divulguée pourrait compromettre ces efforts, les principaux donateurs (FMI, Banque Mondiale notamment) ayant suspendu leur aide, alors que les dons représentent environ 10 % des revenus de l’Etat. La dégradation du solde budgétaire pourrait toutefois être atténuée par des mesures visant à élargir la base d’imposition et améliorer le recouvrement des impôts.

La dette publique (majoritairement constituée de dette extérieure) a fortement progressé et les conditions des crédits, de moins en moins concessionnelles, alourdissent la charge de remboursement. La dépréciation du metical face au dollar accroît l’endettement de l’Etat, libellé à plus de 80 % en devises. Enfin, le gouvernement doit faire face aux obligations liées à la garantie souveraine accordée sur la dette des grandes entreprises publiques. Ainsi, les créances relatives à l’obligation émise par EMATUM, compagnie d’Etat de pêche, d’un montant de 850 millions d’USD, ont été échangées contre des titres d’Etat et la garantie de la dette supplémentaire de 1,4 milliards d’USD est désormais intégrée dans les statistiques de la dette publique. Le risque de surendettement est élevé.

Le déficit courant structurel, lié aux immenses besoins d’importations de biens et de services du pays pour développer ses infrastructures (gaz, transport) ne se résorbera pas en 2016. Les exportations de produits miniers n’augmenteraient pas dans un contexte de faible progression de la demande extérieure et du niveau toujours bas du prix des matières premières. Les entrées de capitaux devraient baisser compte tenu de la perte de confiance des investisseurs dans la capacité du pays à faire face à son important endettement.

Les pressions à la baisse sur le cours du metical devraient donc persister et la dépréciation vis-à-vis du dollar pourrait être aussi élevée en 2016 qu’en 2015 (30 %) alors que les réserves de change ont baissé pour atteindre à peine 2 milliards d’USD (de l’ordre de 2 mois d’importations).

 

Une situation politique qui reste fragile et des faiblesses en matière de gouvernance

Le Frelimo dirige le pays depuis son indépendance (1975). Son représentant, Filipe Nyussi, est président du Mozambique depuis janvier 2015, après avoir remporté les élections d’octobre 2014. Les tensions avec la Renamo, principal parti d’opposition qui a affronté le Frelimo pendant la guerre civile, s’aggravent. La situation sociale demeure également instable en raison du mécontentement croissant de la population face à la lenteur des progrès en termes de lutte contre la pauvreté et de baisse du chômage, ainsi qu’à la persistance des incertitudes politiques qui nuisent aux investissements étrangers.

L’environnement des affaires reste difficile au Mozambique. Ses performances selon les indicateurs de gouvernance de la Banque Mondiale sont globalement inférieures à celle de ses principaux voisins (à l’exception du Zimbabwe). Le pays recule dans le classement, en particulier en ce qui concerne la lutte contre la corruption (151ème rang sur 2015 pays en 2014 contre 124ème en 2010), le respect des lois (164ème contre 129ème) et surtout la stabilité politique (recul de 49 places depuis 2010 pour atteindre la 141ème en 2014).

 

Dernière mise à jour : Juin 2016

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