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Géorgie

Géorgie

Population 3,7 millions
PIB par habitant 3 872 $US
B
Evaluation des risques pays
B
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

 

   2015  2016  2017(p)  2018(p)
Croissance PIB (%) 2,9 2,7 4,0 4,5
Inflation (moyenne annuelle, %) 4,0 2,1 5,7 2,5
Solde public / PIB (%) -3,7 -4,2 -4,0 -3,5
Solde courant / PIB (%) -12,0 -13,5 -12,0 -12,0
Dette publique / PIB (%) 52,3 55,5 57,0 58,0

(p) : prévision

POINTS FORTS

  • Bonne résistance à la crise économique régionale (2014-2016)
  • Potentiel agricole, minéral, hydroélectrique et touristique
  • Soutien international, notamment de l’UE et du FMI
  • Position géographique stratégique (point de passage du pétrole et du gaz de la mer Caspienne)
  • Système politique démocratique

POINTS FAIBLES

  • Déficit commercial structurel, faible diversification et valorisation des exportations
  • Pauvreté importante sur fond de chômage, de sous-emploi et de formation inadaptée
  • Faible productivité de l’agriculture : la moitié des actifs, mais moins de 10 % de la valeur ajoutée
  • Insuffisance des infrastructures de transport
  • Faiblesse de l’éducation et de l’innovation
  • Relations avec la Russie fragilisées par la situation en Abkhazie et en Ossétie du sud

Appréciation du risque

L’investissement et les exportations renforcent la croissance

L’investissement domestique et étranger, tant en infrastructures que dans les autres domaines, devrait progresser encore plus rapidement. Les acteurs privés sont confortés par les Accords d’association et de libre échange conclus avec l’Union européenne, ainsi que par la Facilité de crédit élargie de 285 millions USD sur trois ans accordée par le FMI en avril 2017. Les programmes d’investissements publics destinés à moderniser et développer les infrastructures du pays, comme la réalisation du port en eaux profondes sur la mer Noire, se poursuivent. Les exportations (cuivre, vin, spiritueux, eau minérale, ferro-alliages, noix, médicaments) vont profiter de l’embellie attendue en Russie et dans les autres pays de la région. Les recettes touristiques devraient encore progresser avec l’augmentation du nombre de visiteurs russes. Les performances pourraient être accrues en cas d’accord sur l‘établissement de corridors commerciaux avec la Russie à travers les régions sécessionnistes d’Abkhazie et d’Ossétie du sud. La consommation privée devrait progresser modérément, alors même que les ménages devraient bénéficier de la hausse des transferts d’expatriés (10 % du PIB), dont environ 60 % proviennent de Russie, et d’un repli de l’inflation lié à la remontée de la monnaie locale, le lari. De plus, le crédit devrait continuer d’enregistrer une bonne progression. Les banques ne font état que de 4 % de prêts douteux et ont bien résisté à l’épisode de forte dépréciation du lari, malgré la forte dollarisation (60 % des prêts et 70 % des dépôts). Pour autant, les autorités ont entrepris de subventionner la conversion des emprunts en dollars à un taux de conversion favorable.

 

Début de consolidation budgétaire, mais permanence du massif déficit courant

La conclusion d’un nouvel accord avec le FMI devrait s’accompagner d’une consolidation budgétaire. Cependant, la réduction du déficit public restera laborieuse. En effet, même si les dépenses courantes devraient être mieux maîtrisées, les investissements publics (réseau électrique, routes, assainissement, adduction d’eau, irrigation) demeurent prioritaires et continueront de progresser (étant précisé que leur financement est en partie couvert par des prêts multilatéraux). L’augmentation du produit intérieur et la remontée du lari devraient toutefois limiter l’alourdissement de la dette dont 83 % (46,1 % du PIB fin 2016) sont détenus par des créanciers extérieurs, principalement publics, multilatéraux et bilatéraux, à taux fixe, en dollars ou DTS. Du fait des conditions concessionnelles, le service annuel de la dette publique extérieure ne représente que 5 % du PIB.

Le déficit courant restera élevé en 2018. Cela s’explique par le déficit massif des échanges de biens (26 % du PIB en 2016) lié à l’étroitesse de la base productive, aux importations de biens d’équipement et à la faible valorisation des produits exportés. Les recettes touristiques, les revenus du transit des hydrocarbures azéris et les transferts des expatriés permettent, au final, de limiter le déficit courant à 12 % du PIB. Le financement de ce déficit est assuré par les investissements étrangers (12 % du PIB), notamment dans le transport, l’immobilier, les télécommunications et la finance, ainsi que par l’endettement extérieur. La dette extérieure représentait 108 % du PIB fin 2016, se répartissant à peu près également entre débiteurs publics et privés.

 

Liens avec la Russie qui soutient les régions sécessionnistes, climat des affaires correct

Les tensions perdurent aux limites des régions qui ont proclamé unilatéralement leur indépendance (Abkhazie et Ossétie du sud, avec respectivement 160 000 et 50 000 habitants), soutenues par la Russie. Pourtant, la Géorgie et la Russie ont repris leurs relations commerciales, la première étant une source importante de boissons pour la seconde, et la seconde à l’origine d’importants transferts d’expatriés et de recettes touristiques pour la première. Par contre, les mauvaises relations avec les deux régions sécessionnistes entravent les relations terrestres avec la Russie et compliquent la gestion de la centrale hydroélectrique d’Inguri dont le lac de retenue est en Géorgie et l’usine en Abkhazie.

Sur le plan national, « Rêve géorgien » (RG), parti du président G. Margvelashvili élu en 2013, a remporté les élections législatives d’octobre 2016 avec 115 sièges sur 150, loin devant ses anciens partenaires du précédent gouvernement de coalition et le Mouvement National Uni (MNU) de l’ancien président M. Saakashvili (27 sièges). Ce résultat clair peut être favorable à l’avancée des réformes et au rapprochement avec l’Otan et l’U.E. Cependant, la concentration du pouvoir au sein d’un parti, dans lequel l’ancien Premier ministre et multimilliardaire B. Ivanishvili demeure très influent, y compris face à l’actuel Premier ministre G. Kvirikashvili, peut faire craindre des dérives. Le projet de nouvelle constitution est critiqué, de même que celui d’une loi électorale censée faire plus de place à la proportionnelle, mais dont l’application n’interviendrait qu’en 2024. Un projet d’interdiction d’achat de terres agricoles par des étrangers pourrait dissuader les nombreuses banques étrangères de prêter au secteur agricole. D’après la Banque Mondiale, la gouvernance est médiocre pour ce qui concerne l’état de droit et la redevabilité des autorités, mais moyenne pour la lutte contre la corruption, la qualité de la réglementation, l’efficacité des pouvoirs publics et le traitement de l’insolvabilité.

 

Dernière mise à jour : Janvier 2018

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