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Namibie

Namibie

Population 2,2 millions
PIB par habitant 5 041 $US
B
Evaluation des risques pays
A4
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2014 2015  2016(p) 2017(p)
Croissance PIB (%) 6,5 5,3 0,2 2,9
Inflation (moyenne annuelle) 5,4 3,4 6,7 6,3
Solde budgétaire / PIB (%) -6,3 -8,3 -6,3 -5,5
Solde courant / PIB (%) -10,7 -12,7 -11,1 -8,1
Dette publique / PIB (%) 25,5 39,9 42,1 43,0

(p) Prévisions   *année fiscale de avril a mars

POINTS FORTS

  • Importantes ressources minérales (diamants, uranium, cuivre)
  • Potentiel touristique
  • Bonnes infrastructures de transport

POINTS FAIBLES

  • Dépendance au secteur minier (près de 50 % des exports)
  • Dépendance à l’Afrique du Sud
  • Chômage très élevé (28 %) et fortes inégalités

Appréciation du risque

Reprise fragile de la croissance en 2017

L’activité économique, soutenue par le seul secteur primaire, devrait reprendre modestement en 2017 après une progression quasi-nulle au cours d’une année 2016 conclue par une récession technique. Après trois années consécutives de contraction du secteur minier, l’augmentation de la production dans les mines nouvellement mises en service devrait permettre au pays de sortir de la récession. En particulier, la montée en puissance de la production de la mine d’uranium de Husab, dont l’exploitation a débuté au début de l’année 2017, pourrait permettre au pays, actuellement 5ème producteur mondial, de monter sur le podium des producteurs d’uranium (derrière le Kazakhstan et le Canada). La hausse de la production des mines d’or d’Otjikoto et de cuivre de Tschud, mises en service en 2015, soutiendrait également l’activité. En déclin ces dernières années, l’activité d’extraction de diamants devrait aussi confirmer la reprise entamée au dernier trimestre 2016 et confirmée au premier trimestre 2017.

Par ailleurs, le secteur agricole devrait recouvrer de l’intense sècheresse induite par El Niño en 2016, et ce,  malgré l’invasion de chenilles légionnaires qui a touché l’Afrique australe. De plus, le développement de l’élevage, pénalisé par les sécheresses à répétition, devrait profiter d’un soutien de 20 millions d’euros accordé par l’Union Européenne.

La fragilité actuelle des cours mondiaux des matières premières fait toutefois peser un risque sur une croissance namibienne essentiellement dépendante du secteur primaire. En outre, l’activité, restreinte par des politiques monétaire et budgétaire plus restrictives, devrait rester atone dans les autres secteurs de l’économie. Notamment, la réduction des dépenses d’investissement du gouvernement freinerait l’avancement des projets d’infrastructures et pénaliserait un secteur de la construction en grande difficulté. De plus, les propositions populistes avancées par le président Geingob et son gouvernement (obligation pour les entreprises détenues par les blancs de vendre 25% de leur capital à de la majorité noire, expropriation des propriétaires fonciers blancs) dans le cadre d’une politique de promotion de la population noire (New Economic Empowerment Framework - NEEEF), pourraient dissuader les futurs investissements étrangers et aggraver un contexte économique difficile.  

La désinflation en Namibie devrait se poursuivre en 2017, alors que les effets de la sécheresse sur les prix de l’alimentation se dissipent et que les prix baissent en Afrique du Sud, principal fournisseur du Namibie.

 

Des déficits jumeaux en recul

En 2016, le déficit public s’était fortement dégradé sous l’effet de la politique budgétaire expansionniste adoptée par le gouvernement pour soutenir la croissance. Cependant, à l’automne 2016, le gouvernement a amorcé une consolidation fiscale qui devrait permettre une réduction du déficit en 2017. En effet, une baisse des dépenses en capital serait à prévoir, tandis que les dépenses courantes resteraient stables et toujours orientées vers les secteurs essentiels (santé, éducation…). Parallèlement, les recettes liées aux exportations minières viendraient améliorer les revenus. De plus, les droits de douane reversés à la Namibie dans le cadre de l’Union douanière sud-africaine (SACU), qui contribuent pour environ un tiers aux recettes fiscales du pays, resteraient modestes. Enfin, bien que la collecte de l’impôt ne soit pas optimale, des progrès seraient initiés par la mise en place d’une nouvelle agence fiscale dès l’exercice 2017/2018. 

La dette publique devrait encore excéder en 2017 la limite de 35 % du PIB que s’est fixée le gouvernement. Il s’agit pour l’essentiel (70 %) d’une dette locale, majoritairement libellée en dollar namibien et en rand.

Le déficit courant se réduirait en 2017 grâce, notamment, à la hausse des exportations minières. En particulier, la Namibie pourra compter sur la progression attendue des prix et de la demande de diamants (plus de 29 % des exportations de biens en 2016). De plus, l’accord de partenariat économique de juin 2016, prévoyant un accès libre de droits de douane et de quotas au marché européen, entre l’Union Européenne et six pays de la communauté de développement de l’Afrique australe (dont la Namibie) offrirait des perspectives prometteuses. Les exportations namibiennes pourraient néanmoins continuer à souffrir de la faible croissance en Afrique du Sud, partenaire commercial majeur. Enfin, avec le ralentissement attendu des projets d’infrastructures, les importations de biens d’équipement devraient être moins dynamiques.

Le dollar namibien, indexé au rand sud-africain, continuera à être vulnérable en 2017 aux pressions baissières et à la forte volatilité de la monnaie d’Afrique du Sud.

 

Augmentation du risque politique et social

La Swapo, au pouvoir depuis l'indépendance (1990), domine la scène politique. Son candidat, Hage Geingob a été élu à la présidence avec 87 % des voix en novembre 2014, succédant à H. Pohamba qui ne pouvait pas, en application de la Constitution, briguer un troisième mandat. Par ailleurs, l’opposition demeure fragmentée et peine à faire entendre sa voix. Toutefois, avec un chômage à un niveau record de 14,2% (2016), 11% de la population dans l’extrême pauvreté, des inégalités persistantes,  une inflation toujours élevée, une activité économique au ralenti et la nécessité d’opérer une consolidation budgétaire, les motifs d’une frustration sociale montante ne manquent pas. La pression populaire pour mener des politiques économiques radicales (expropriation des fermiers blancs notamment) et plus interventionnistes trouve un écho particulier auprès d’un H. Geingob qui aura besoin d’être réélu à la tête du Swapo lors du Congrès du parti organisé fin 2017. Le pays demeure l’un des pays d’Afrique subsaharienne les mieux classés selon les indicateurs de gouvernance de la Banque Mondiale. Si les performances de la Namibie demeurent meilleures que celles de la majorité des pays de la région, elles tendent à se dégrader. Le pays est ainsi passé du 74ème rang dans le classement Doing Business 2011 au 108ème dans celui de 2017 (dont 4 places perdues entre les deux dernières éditions).

 

Dernière mise à jour : Juin 2017

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