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Tchad

Tchad

Population 11,566 millions
PIB par habitant 942 $US
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Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2014 2015  2016(p) 2017 (p)
Croissance PIB (%) 6,9 1,8 -1,1 1,7
Inflation (moyenne annuelle) 1,7 3,7 0,0 5,2
Solde budgétaire / PIB (%) -4,2 -4,9 -2,8 -1,3
Solde courant / PIB (%) -9,0 -12,4 -8,7 -7,8
Dette publique / PIB (%) 39,2 42,6 45,0 45,0

 

(p) Prévisions

POINTS FORTS

  • Exploitation de nouveaux gisements pétroliers
  • Potentiel de développement du secteur agricole
  • Retour d’un climat politique intérieur plus propice aux réformes

POINTS FAIBLES

  • Dépendance excessive à l’égard du pétrole
  • Climat des affaires défavorable à l’éclosion du secteur privé et corruption élevée
  • Enclavement géographique
  • Dégradation des conditions de sécurité, tant au niveau national que régional (rôle de Boko Haram)

Appréciation du risque

La faiblesse des prix du pétrole et l’insécurité pénaliseraient l’activité

Après une récession marquée en 2016, l’activité devrait reprendre lentement en 2017. Certes, l’exploitation pétrolière reste dominante (un cinquième du PIB) et fait face à des difficultés persistantes liées à la faiblesse des prix du pétrole. Néanmoins, une hausse modérée des cours et l’exploitation de nouveaux champs pétroliers dans le sud du pays, notamment celui de Bongor, viendraient légèrement soutenir l’activité. Par ailleurs, la croissance devrait être portée par le secteur non pétrolier. Les secteurs du commerce et du transport (22 % du PIB), encore pénalisés par la détérioration des conditions de sécurité dans le pays et aux frontières, connaîtraient une embellie. Le secteur agricole (12 % du PIB) devrait tirer la croissance, compte tenu de la volonté du gouvernement de soutenir la production de coton afin de diversifier l’économie, et ce malgré la faiblesse des cours mondiaux. En effet, par le plan quinquennal de développement (2016-2020), le gouvernement marque sa volonté de rééquilibrer l’économie, en valorisant le potentiel agricole du pays. Ce plan prévoit aussi des volets sur l’amélioration du capital humain, de la gouvernance et de la protection sociale. Cependant, les projets d’investissements publics resteraient contraints par la faiblesse des ressources de l’Etat.

Enfin, l’augmentation des cours des matières premières ainsi que la perturbation des échanges avec les pays voisins (Cameroun et Nigéria entre autres) liée au contexte sécuritaire difficile entraineraient une hausse de l’inflation.

 
Les déficits jumeaux s’amélioreraient en 2017

Le déficit public devrait diminuer en 2017. La fin des dépenses électorales de 2016 soulagerait les comptes publics. Les recettes fiscales pétrolières connaitraient une expansion mais demeureraient insuffisantes pour financer l’économie, grâce aux revenus issus de l’exploitation de nouveaux gisements pétroliers. L’assistance budgétaire des différents bailleurs de fonds demeure, en outre, un poste important de recettes. En particulier, en novembre 2016, le FMI a prévu le transfert de 61 millions de dollars dans le cadre du programme FEC, dont la fin est établie en novembre 2017. Le redressement budgétaire serait aussi porté par un effort de réduction des dépenses courantes notamment.

L’augmentation des émissions de titres sur le marché régional et les arriérés de paiement dus à la contraction des revenus pétroliers portent la dette publique expliquent le mouvement haussier de la dette depuis ces dernières annés. En revanche, le Tchad a atteint le point d’achèvement de l’initiative PPTE en avril 2015. Cependant, cette annulation portait sur un montant relativement raisonnable de la dette. Compte tenu de la dépréciation du franc CFA en 2015, l’initiative PPTE n’a eu qu’un effet limité sur les ratios d’endettement.

Le déficit de la balance courante devrait se réduire en 2017, mais demeurer élevé. D’une part, l’excédent de la balance commerciale augmenterait compte tenu de la la hausse des exportations, surtout pétrolières, et de la stabilité relative passée de la monnaie face au dollar américain (partenaire commercial majeur)

Les réserves de change de la banque centrale resteraient stables à un niveau inquiétant, à moins d’un mois d’importations.

 

La forte insécurité persiste

Les élections législatives, initialement prévues en juin 2015, ont finalement été reportées à une date ultérieure. L’élection présidentielle s’est tenue en avril 2016 dans une atmosphère tendue. Idriss Déby, président depuis 1991, a été reélu avec près de 60 % des voix pour un cinquième mandat de 5 ans. Les résultats de ce scrutin, conjugués aux climats économique, social et sécuritaire agités des dernières années commencent à constituer une source de tensions entre l’opposition et le gouvernement.

Les principaux risques proviennent du conflit armé avec la secte terroriste Boko Haram. Principalement implanté dans le nord du Nigéria et dans la région du lac Tchad, Boko Haram a mené un nombre croissant d’attentats suicides dans cette région depuis l’année 2015. Ainsi, l’état d’urgence est decreté en novembre 2015 dans la région du lac Tchad, puis renouvelé pour 6 mois en avril 2016.

Afin d’éradiquer son influence dans la région, la coopération militaire entre les quatre pays limitrophes du lac Tchad (Cameroun, Niger, Nigéria, Tchad) et la France demeure forte. Le Tchad est très actif dans la lutte contre ce groupe terroriste, notamment via de nombreuses offensives au cours de l’année 2016. Ces opérations ont mené à la reddition de centaines de combattants de Boko Haram a été novembre 2016.

En outre, les problèmes sécuritaires découlent aussi de l’augmentation de la pauvreté, liée à la perte de 90 % de la surface du lac Tchad en quelques décennies, ce qui entraîne l’émigration de certains jeunes vers Boko Haram. Le lac Tchad est en effet une région essentielle pour le secteur agricole, la pêche et l’environnement, faisant vivre plus de 50 millions de personnes. Pour lutter contre l’asséchement total du lac, un plan d’infrastructures est en cours de pourparlers et certains pays ont accru leurs engagements bilatéraux, notamment la France qui s’est engagée à tripler ses aides financières d’ici 2020.

La gouvernance demeure préoccupante, dans la mesure où le Tchad figure comme l’un des pays où l’environnement des affaires est le plus difficile (183ème sur 189 pays au dernier classement Doing Business de la Banque Mondiale). La corruption y est également endémique (147ème sur 168 pays selonTransparency International).

 

 

Dernière mise à jour : Janvier 2017

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