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Tchad

Tchad

Population 11,9 millions
PIB par habitant 852 $US
D
Evaluation des risques pays
D
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2015 2016 2017(p) 2018(p)
Croissance PIB (%) 1,8 -6,4 0,6 2,4
Inflation (moyenne annuelle, %) 4,1 -1,1 0,2 1,9
Solde public / PIB (%) -3,1 -4,9 -0,7 -0,2
Solde courant / PIB (%) (e) -12,3 -9,2 8,9 -9,1
Dette publique / PIB (%) 43,3 51,2 50,5 49,0

(p) : prévision

POINTS FORTS

  • Exploitation de nouveaux gisements pétroliers
  • Potentiel de développement du secteur agricole

POINTS FAIBLES

  • Dépendance excessive à l’égard du pétrole
  • Climat des affaires défavorable à l’éclosion du secteur privé et corruption élevée
  • Enclavement géographique
  • Dégradation des conditions de sécurité, tant au niveau national que régional (rôle de Boko Haram)

Appréciation du risque

Légère amélioration des perspectives de croissance

L’activité devrait progresser en 2018. Le climat d’insécurité lié aux activités du mouvement terroriste Boko Haram continuera de pénaliser le secteur agricole dans l’ouest du pays, mais l’agriculture (12 % du PIB) devrait soutenir la croissance, compte tenu de la volonté du gouvernement de stimuler la production de coton, afin de diversifier l’économie. En effet, par le plan quinquennal de développement (2016-2020), le gouvernement marque sa volonté de rééquilibrer l’économie, en valorisant le potentiel agricole. Ce plan prévoit aussi des volets sur l’amélioration du capital humain, de la gouvernance et de la protection sociale. Toutefois, cette volonté gouvernementale devrait se heurter à la fragilité des comptes publics. Les recettes fiscales, qui proviennent à 50 % de la production pétrolière, resteraient pénalisées par les difficultés persistantes dans ce secteur, qui ne retrouve pas ses niveaux d’avant 2014, notamment à cause de la réduction des investissements de Glencore. Cependant, l’activité pétrolière reste dominante (un cinquième du PIB) et l’exploitation de nouveaux champs pétroliers dans le sud du pays viendraient soutenir l’activité. Les investissements des compagnies pétrolières devraient continuer d’augmenter légèrement, sous la forme d’investissements directs à l’étranger (3,2 % du PIB en 2017 selon les estimations du FMI). Enfin, la consommation privée sera pénalisée par la réduction des dépenses publiques et la hausse de l’inflation, bien que celle-ci soit contenue par la fixation du franc CFA à l’euro.

L’échec des négociations de restructuration de la dette fragilise la dette et les comptes publics

Les recettes budgétaires, dont la moitié provient des revenus pétroliers, devraient augmenter, en lien avec l’évolution des cours du pétrole et la mise en service de nouveaux champs pétroliers. L’assistance budgétaire des différents bailleurs de fonds demeure un poste important de recettes. L’assiette fiscale est extrêmement réduite et conduit le gouvernement à accroître l’imposition sur les investisseurs étrangers, affaiblissant l’environnement des affaires. En outre, les troubles régionaux ont entraîné la hausse des dépenses de sécurité, ce qui ne permet pas au gouvernement d’allouer plus de dépenses pour soutenir la croissance. En raison de ces difficultés budgétaires, le FMI a approuvé à l’été 2017 un accord de trois ans à hauteur de 312 millions USD, pour « rétablir la stabilité macroéconomique, jeter les bases d’une croissance solide et inclusive ». Environ 49 millions de dollars ont été directement décaissés, le reste du montant étant échelonné sur la durée du programme. Conditionné à l’issue de la renégociation de la dette du pays, le prochain tirage, d’ores et déjà repoussé, est, néanmoins, menacé. En effet, les discussions de restructuration de la dette gagée sur le pétrole auprès de Glencore, qui représente plus d’un milliard de dollars, sont dans l’impasse et hypothèquent la soutenabilité de la dette publique. Avec plus de 80 % du service de la dette dû à la société pétrolière, et alors que les arriérés extérieurs s’accumulent, le défaut de paiement sur les obligations du pays guette si un accord n’est pas trouvé en 2018.

Le déficit courant devrait augmenter. Malgré la faiblesse de la demande interne et notamment de l’investissement, les importations devraient légèrement progresser en ligne avec la progression de l’activité. Les fragilités de la production pétrolière (près de 90 % des exportations) et le terrorisme dans la région du Lac Tchad, dépendante de l’agriculture, pénaliseraient les exportations pétrolières et agricoles.

Des tensions régionales fortes et un environnement des affaires dégradé

Idriss Déby, président depuis 1991, a été réélu en 2016 pour un cinquième mandat de cinq ans. Après avoir reporté les élections législatives en 2017, faute de moyens financiers, le président a déclaré qu’elles devraient avoir lieu en 2018. Cette incertitude électorale, couplée aux faibles performances économiques seraient susceptibles de conduire à davantage de mécontentement social. En outre, les tensions régionales (Soudan, République centrafricaine) ont considérablement augmenté l’afflux de réfugiés dans le pays, tandis que les attaques de Boko Haram ont entraîné des déplacements de populations au sein du pays. Le groupe terroriste a mené un nombre croissant d’attentats suicides depuis l’année 2015. Afin d’éradiquer son influence, la coopération militaire entre les quatre pays limitrophes du lac Tchad (Cameroun, Niger, Nigéria, Tchad) et la France demeure forte. Le Tchad est donc très actif diplomatiquement, puisque le pays est aussi membre fondateur du G5 Sahel et préside actuellement la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC).

La situation humanitaire dans le pays est de plus en plus inquiétante, les Nations Unies estimant que 3,5 millions de personnes étaient en situation d’insécurité alimentaire en 2016. Enfin, le Tchad figure comme l’un des pays où l’environnement des affaires est le plus difficile (180e sur 190 pays au classement Doing Business de la Banque Mondiale). La corruption y est endémique et ne semble pas s’améliorer, le pays ayant été déclassé au 159e rang du classement Transparency International (176 pays évalués).

 

Dernière mise à jour : Janvier 2018

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