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Agroalimentaire

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Amérique Latine
Amérique du Nord
Europe centrale et de l'est
Europe de l'Ouest
Asie émergente
Moyen-Orient & Turquie
Changer de secteur

Forces

  • Tendance haussière et probablement durable des prix.
  • Demande bénéficiant de la consommation des ménages des émergents.

Faiblesses

  • Secteur soumis aux aléas climatiques.
  • Stocks de céréales élevés.

Evaluation des risques

Les faits marquants
Evolution des prix des matières premières agricoles

Evolution des prix des matières premières agricoles (Base 100 = Jan 2016)

Après avoir atteint un plancher historique en janvier 2016 (depuis10 ans),  l’indice FAO des prix des matières premières agricoles s’établit en hausse de +15%  en 2016. L’ensemble de l’évolution positive des prix des matières premières agricoles, excepté celle des prix des céréales (-5%), contribue à dynamiser cet indice sur l’année.

La production de céréales demeure supérieure à la demande en volume sur l’année. Les stocks représentent toujours plus d’un quart de la demande mondiale en 2016, et pèsent fortement sur les prix des céréales. Les prix de la viande (plus faible hausse depuis janvier à +11% en 2016), comme ceux des céréales sont inférieurs de -23% (-24% pour les céréales) à leurs niveaux d’il y a deux ans. La demande de viande reste fragilisée par la baisse progressive de sa consommation dans les pays en développement.

Les prix du lait (+28% en 2016) et des huiles (+26%) se sont raffermis fortement en 2016. Les cours du lait en poudre et du beurre ont fortement augmenté du fait d’une demande d’importation plus soutenue des marchés du Moyen-Orient, de l’Afrique du Nord et de la Chine, combinée à une offre limitée de la Nouvelle-Zélande. Quant aux prix des huiles, leur croissance émane notamment d’une production moins bonne d’huile de palme en Asie du Sud Est.

Les prix du sucre connaissent la plus forte hausse annuelle de prix (+44%). Elle émane notamment de l’appréciation du real brésilien par rapport au dollar de +22% entre janvier et novembre 2016.

Demande

La demande de matières premières agricoles devrait rester soutenue sur 2017, compte tenu de l’augmentation de la population mondiale.

 

En Asie, malgré le ralentissement chinois, le secteur alimentaire reste orienté à la hausse. Les perspectives de consommation de riz (+1,8% sur un an en 2016/2017 – ci- après nommé 2017 – année de référence de septembre à septembre, relative aux récoltes) sont soutenues par la demande du continent asiatique. La Chine, l’Inde et l’Indonésie, (60% de la consommation mondiale), devraient voir leur consommation de riz croître respectivement de +1,4%, +4% et +1,4% sur un an en 2017 selon l’EIU. Pour les céréales toujours, la croissance de la demande chinoise de maïs (+4,7% sur un an en 2017), qui pèse 22% de la demande mondiale, devrait être dynamique. La hausse des cours du soja est favorable à la Chine, premier consommateur mondial (30,5%), dont la demande est stimulée par la forte croissance des fermes aquacoles (62% des capacités installées dans le monde selon la FAO). Selon l’EIU, cette dernière s’élève a +6% sur un an  en 2017 en Chine, soit un niveau supérieur à la croissance moyenne de la consommation mondiale de soja (+4,4%) sur la même période.

En Amérique du Nord, la demande de maïs (céréale la plus consommée au monde et principalement produite aux Etats-Unis), dont la consommation est à 60% utilisée pour l’alimentation animale, 30% pour la transformation industrielle (éthanol-carburant et amidon) et 10% directement comme nourriture, devrait augmenter de 3,3% en 2017. Pour la première fois, la demande annuelle totale devrait dépasser 1 milliard de tonnes en 2016/2017. Le maintien de l’embargo russe du 15 février 2016, contre le soja et le maïs américain, devrait avoir un impact relativement marginal pour la filière américaine.

L’Amérique du Sud est l’une des zones où la croissance de la demande de soja devrait être soutenue selon l’USDA (+3,3% en moyenne) en 2017, et notamment au Brésil et en Argentine. Ces deux pays consomment à eux deux autant que la Chine, soit 30% de la consommation mondiale, et l’utilisent principalement pour la nourriture animale.

En Europe de l’Ouest, l’Union européenne (UE, premier consommateur de blé avec 17% de la consommation mondiale), devrait voir sa consommation de blé baisser de -1% en 2017. Enfin, l’ensemble du secteur agroalimentaire devrait rester fragilisé par l’embargo russe sur les produits alimentaires (fruits, légumes, viande, volaille, poisson, lait et produits laitiers) en provenance des Etats-Unis et de l’Union européenne, qui a été prolongé jusqu’à fin 2017 par Vladimir Poutine en juillet 2016.

Offre

La production de l’ensemble des matières premières agricoles en 2017 est attendue en hausse. Dépendante des conditions climatiques, elle ne devrait pas souffrir d’El Nino en 2017.

En Asie du Sud-Est, si les fortes sécheresses de 2016 devraient continuer d’affecter la production d’huile de palme en 2017, cette dernière devrait néanmoins croître de 9% (rebond après une baisse de 5% en 2016). Néanmoins, malgré ce rebond, les stocks devraient représenter 17% de la demande mondiale en 2017 (20% en 2015). Les prix devraient donc demeurer en hausse au cours du premier semestre 2017. La faible croissance de l’offre mondiale de sucre prévue 2017 (+1,1%) est liée au second recul consécutif attendu de la production en Inde (-8%, 2ème producteur mondiale). Les deux années de mousson inférieures à la normale continuent de maintenir les rendements de canne indienne en dessous des niveaux normaux.  

En Amérique du Nord, les Etats-Unis, premier producteur  de soja et de maïs, devraient voir leur production de céréales croître respectivement de +6,6% et 8,5% en 2017. Le monde agricole américain devrait être favorisé par un « farm bill » (équivalent de la PAC européenne) avantageux. D. Trump a annoncé que son administration serait « pro agriculture ».

En Amérique du Sud, l’ensemble du secteur devrait être favorisé par la baisse progressive taux d’intérêt sur les crédits liée à une inflation contrôlée, et par l’appréciation des devises sud-américaines qui pourrait conduire à une baisse des prix de certains intrants.

En Europe de l’Ouest, le marché sucrier de l’UE sera libéralisé à partir du premier octobre 2017. Après une baisse de la production de 22% en 2016, il est prévu que cette dernière augmente de 10% en 2017. La fin des quotas pourrait permettre d’indexer les prix du sucre européens aux prix mondiaux. Si dans le cas actuel, cela favoriserait les producteurs européens de betterave (9,3% de la production mondiale en 2017), l’absence du filet de sécurité de l'UE risque de conduire à de nouvelles rationalisations au sein de l'industrie. Enfin, les pluies récentes dans certaines parties de la France, de la Russie et de l'Ukraine ont entraîné des dommages importants à la quantité et à la qualité du blé récolté. La production européenne devrait ainsi se contracter de 11% en 2017, à un niveau de 141 millions de tonnes (plus bas depuis la récolte 2013). Enfin, et selon l’Insee, le revenu net des agriculteurs français a baissé de 16% en 2016, compte tenu des faibles prix du lait, de la viande et des céréales. Si la lente mais progressive remontée de prix du lait devrait être favorable pour les éleveurs de vache laitière en 2017, les secteurs de la viande et des céréales ne devraient pas observer d’amélioration en 2017. Une progression des défaillances est à craindre.

 

Dernière mise à jour : décembre 2016

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