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Chimie

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Amérique Latine
Amérique du Nord
Europe centrale et de l'est
Europe de l'Ouest
Asie émergente
Moyen-Orient & Turquie
Changer de secteur

Forces

  • Chute des cours des principaux intrants
  • Robustesse de la demande américaine
  • Chimie de spécialité moins dépendante de la conjoncture

Faiblesses

  • Forte dépendance de la chimie de base à la conjoncture économique
  • Surcapacités en Chine
  • Accroissement des capacités de production de l’éthylène

Evaluation des risques

Les faits marquants
Chimie

Cours du naphta et de l’éthane

Bien qu’évoluant toujours à des niveaux relativement bas les prix des principaux intrants utilisés dans la production de produits chimiques (Brent, gaz naturel, naphta) ont repris des couleurs au second semestre 2016.

Le faible coût des principales matières premières offre du répit, notamment celle du naphta, aux producteurs européens. L’activité demeure néanmoins en deçà du potentiel du secteur, n’atteignant pas les niveaux connus en 2006, année record pour la production et la consommation.

Les producteurs pétrochimiques américains ont pu profiter, jusqu’à un passé récent de leur accès à un gaz naturel peu cher et abondant. C’est encore le cas, mais la chute des cours du brut a permis aux producteurs européens utilisant du naphta de se remettre en selle. Toutefois, les producteurs américains disposent toujours de cet avantage comparatif.

Un cours bas du naphta fait aussi les affaires des producteurs chinois. Néanmoins, le développement d’oléfines via le charbon, abondant et peu coûteux, nécessite beaucoup de capitaux, et exerce une forte pression sur l’environnement, dans un contexte de surcapacités dans certains segments de l’industrie chimique, tel le PVC (polychlorure de vinyle).

Demande

La demande mondiale en produits chimiques devrait croître modérément en 2017, tirée par l’Amérique du Nord et l’Europe de l’Ouest.

En Europe de l’Ouest, l'activité chimique est dans l’incertitude symbolisée par une croissance européenne molle et par la peur de l’aléa politique (Brexit et élection de D. Trump). La production industrielle chimique locale est largement orientée vers le marché domestique (75%). Elle restera tirée par les biens de consommation non durables en 2017 puisque nous anticipons une croissance de 2,8%. Le secteur automobile semble tirer son épingle du jeu, avec 34 mois consécutifs de hausse des ventes de véhicules neufs (+9,3% à fin septembre 2016, sur un an). Or avec l’industrie, la consommation des ménages constitue le principal moteur du secteur.

La demande en produits chimiques en Amérique du Nord en 2017 devrait croître modérément. En effet, Coface prévoit un taux de croissance du PIB américain de 1,8% en 2017, affecté par un ralentissement de la consommation des ménages. Du côté manufacturier, nous prévoyons une contraction (-0,5%) de la croissance des ventes de véhicules neufs en 2017. Elle s’expliquerait par la remontée des taux d’intérêt de la FED, ainsi que par le niveau des ventes qui est supérieur à celui d’avant crise. Du côté de la construction, les logements privés démarrés, qui ont augmenté de 2% à fin octobre 2016 sur un an, continueront de ralentir dans un contexte de normalisation de la politique monétaire.

En Chine, le secteur de la construction, offre des perspectives contradictoires au secteur de la chimie : l’investissement dans l’immobilier a vu sa croissance annuelle à fin octobre 2016 rebondir à 6,6% selon le NBS, mais les prix sur ce marché risquent de décroître durant l’année 2017, car ce secteur est en situation de surcapacités, de nombreux logements étant vacants. Le ralentissement de l’économie chinoise exerce une pression sur la profitabilité des chimistes chinois. Ils souffrent de difficultés financières liées à leur endettement, aux conditions de crédit qui se resserrent, mais aussi à l’augmentation des délais de paiement selon l’enquête annuelle Coface sur ces délais en Chine.

Offre

Les cours bas du brut engendrent une amélioration des marges des chimistes utilisant du naphta, sans toutefois faire disparaître l’avantage comparatif de la chimie provenant du gaz naturel.

En Europe en 2017, la faiblesse du prix du pétrole pourrait continuer à profiter à la production chimique. En conséquence les cours du naphta, un dérivé du brut et un intrant majoritairement utilisé en Europe, suivront la même tendance. En 2016, la production a baissé de 0,3% à fin août et sur huit mois, subissant encore la concurrence des produits nord-américains et du Moyen-Orient. Les cours européens du naphta, qui sert de matière première à la pétrochimie, se sont repris en 2016. Si la hausse du prix de cet intrant devrait grignoter les marges des entreprises, il demeure toutefois relativement bas au regard des niveaux atteints en 2014. Toutefois la continuelle baisse des prix producteurs est inquiétante car elle réduit d’autant les marges. Selon le CEFIC (Conseil Européen des Fédérations de l'Industrie Chimique), les prix à la production ont chuté de 4,8% à fin octobre 2016 (sur 8 mois).

Aux Etats-Unis en 2017, la demande devrait offrir des débouchés aux producteurs de ce pays. Le cours de l’éthane, à sa sortie du pipeline à Mont Belvieu au Texas, s’établissait à 19,75 cents/gallon mi-novembre 2016, contre 13,63 cents/gallon mi-janvier 2016, soit une augmentation de 45%. Les pétrochimistes américains demeurent toutefois compétitifs, particulièrement dans les oléfines. Le ratio pétrole brut (brent) sur gaz naturel à Henry Hub a amorcé une reprise depuis janvier 2016 et s’établit à 17,8 toujours à l’avantage des pétrochimistes américains, et devrait rester stable en 2017. Néanmoins, on observe une bonne tenue de la filière aux Etats-Unis, car l’indice d’activité de l’American Chemistry Council continue de croître, mais à un rythme moins rapide. Pour l’année 2017, le secteur chimique devrait légèrement ralentir sans toutefois sans que cela n’induise une dégradation du risque de crédit.

La Chine souffre de surcapacités dans la pétrochimie, même si la production dans ce pays est en hausse de 6,3% à fin septembre sur un an. Ainsi, c’est le cas pour le polyéthylène, le PVC (dont le taux d’utilisation des capacités de production est à environ  60%) et pour le méthanol. A moyen-terme, l’augmentation des capacités de production dans les oléfines, produit via du charbon, risque de détériorer la profitabilité des producteurs. En outre, cette technologie nécessite une forte consommation d’eau, de capitaux et surtout fait peser de fortes contraintes sur l’environnement, une question sensible en Chine. En 2016, près des 3/4 de l’éthylène produit en Chine l’ont été à partir du naphta. La chute des cours du brut s’est répercutée en retour sur celui-ci, donnant un répit aux marges. En 2017, l’industrie chimique chinoise continuera à souffrir de surcapacités, entraînant une faible profitabilité. Ces difficultés sur le marché local devraient pousser les producteurs à exporter, mimant ce qui se fait dans la sidérurgie depuis 2015.

 

Dernière mise à jour : décembre 2016

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