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Changer de secteur

Forces

  • Résilience aux fluctuations des prix des entreprises leaders, qui ont des activités diversifiées
  • Forte demande attendue en 2018, liée à la croissance mondiale élevée
  • Efforts des compagnies pétrolières pour rationaliser leur production

Faiblesses

  • Fort endettement des entreprises en particulier, celles qui exploitent du pétrole de schiste
  • Forte volatilité des cours du brut
  • Surcapacités chez certaines parapétrolières

Evaluation des risques

Les faits marquants
Evolution des investissements dans le secteur Pétrole & Gaz

Evolution des investissements dans le secteur Pétrole & Gaz

L’accord de plafonnement de la production de l’Organisation des pays producteurs de pétrole (OPEP) et de ses partenaires, dont la Russie, premier producteur mondial, a été prolongé de neuf mois jusqu’en décembre 2018. L’objectif affiché est de réduire les stocks à leur moyenne sur cinq ans, en réduisant la production de 1,8 million de barils par jour, soit environ 2 % de la production mondiale. Cette fois-ci l’accord inclurait la Libye et le Nigéria, qui devraient limiter leur production au niveau le plus haut de 2017. C’est dans ce cadre que les prix du baril de Brent et du « West Texas Intermediate », (WTI, l’indicateur nord-américain également utilisé comme référence pour déterminer le prix du pétrole) ont atteint des maximas en janvier 2018, 
à USD 67 et USD 61 respectivement. L’introduction de pipelines américains d’une nouvelle génération, dont la capacité est améliorée, devrait contribuer à réduire l’écart de prix à USD 4 entre le Brent et le WTI, au cours du deuxième semestre de 2018.

Après avoir atteint un maximum historique en 2016, les stocks de pétrole se maintiennent à un niveau très élevé (140 millions de barils de plus que la moyenne sur cinq ans), mais leur niveau diminue. Ils devraient atteindre la moyenne sur cinq ans au cours de la deuxième partie de 2018. En outre, la demande est en hausse depuis de nombreux semestres et a été en mesure de rattraper l’offre sur les marchés courant 2017. Les leaders du secteur (Chevron, ExxonMobil, Shell, Total, BP) qui disposent de l’ensemble de la chaîne de création de valeur (exploration, production, raffinage, distribution), devraient légèrement accroître leurs dépenses en capital, profitant de la croissance de leurs marges en 2017.

Demande

Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), la demande mondiale de pétrole devrait atteindre environ 98,9 millions de barils par jour en 2018, soit une légère hausse de 1,3 % par rapport à 2017 ; largement inférieure à la croissance économique mondiale de 3,7 %. Cette tendance met en évidence une efficacité accrue de l’utilisation des énergies fossiles de la part des principaux pays consommateurs.

La demande en Europe devrait stagner en 2018 à un niveau proche de 15 millions de barils/jour. Les prévisions de consommation pourront être revues à la hausse en cas d’hiver plus rude que les deux dernières années, hypothèse qui parait probable. Les raffineries ont pu profiter de la forte baisse des cours depuis juin 2014 pour améliorer leurs marges (calculées à partir du NWE Brent cracking spread). Toutefois, le coût du brut dans leur coût total de raffinement reste considérable, à hauteur de 50 %. En comparaison, pour les raffineries américaines, le coût du brut représente 28 % de leurs dépenses totales. Ceci aura pour principal effet d’accroître la vulnérabilité de la demande européenne, qui sera davantage impactée par la volatilité des prix. Alors que les dernières années ont été marquées par la réduction des capacités des raffineries européennes, les derniers investissements (Total à Anvers par exemple) illustrent davantage de confiance en l’avenir du secteur, notamment en matière de gaz naturel.

La demande américaine en produits pétroliers devrait rester solide; avec une hausse attendue de 1 % en 2018. Les marges des raffineries devraient continuer à se stabiliser, après avoir atteint un maximum de 29 dollars par baril, suite aux ouragans, qui ont limité l’offre en raison des ruptures qu’ils induisent. La réforme fiscale du Président Trump visant à baisser les impôts sur les sociétés sera favorable aux raffineries. En outre, le taux d’utilisation des capacités de production a augmenté de 4 points en 2017 par rapport à 2016. Cette dynamique s’explique par les effets combinés d’une hausse des marges et du rebond du cours du baril de Brent, par rapport au WTI.

Le processus en cours de rééquilibrage de l’économie chinoise devrait conduire à une modération de sa croissance dans les années à venir. Coface s’attend à une croissance du PIB réel de l’économie chinoise de 6.5 % contre 6.7 % en 2017. En conséquence, la consommation d’énergie de l’économie chinoise croîtrait de 2,7 % selon l’AIE. L’économie de l’Empire du Milieu importerait moins de pétrole tout en augmentant l’efficacité de son utilisation. L’économie indienne sera encore en 2018, un des principaux pays consommateurs de pétrole; connaissant une forte croissance de la demande (+6,7 % en 2018).

Offre

En dépit de l’accord qui devrait faire stagner la production dans les pays de l’OPEP et en Russie, l’offre devrait augmenter de 1 % en 2018 pour atteindre 100 millions de barils/jour, en raison des prix qui favorisent les producteurs américains de pétrole de schiste. Les investissements attendus (+4,3 % en 2018) dans le secteur restent insuffisants et les entreprises parapétrolières, qui en dépendent, continueront à souffrir.

Selon l’Agence américaine pour l’énergie (EIA), la production de brut aux États-Unis atteindrait un maximum historique de 10 millions de barils /jour en 2018. Les acteurs du pétrole de schiste ont réussi à faire baisser drastiquement leur point mort, ont augmenté leur productivité et ont réduit leurs coûts. Le nombre de foreuses en activité a doublé depuis mi-2016, pour atteindre 915 (dont 91 % de forages horizontaux). La production américaine est favorisée par l’augmentation de la productivité des puits, bien qu’elle reste très en deçà des niveaux atteints ces dernières années. Nous constatons également une baisse des défaillances dans le secteur de l’exploration. Selon le cabinet juridique international Haynes and Boone, elles étaient de 64 les dix premiers mois de 2016, contre seulement 20 sur la même période de 2017. Néanmoins, cela reste à nuancer puisque le cash-flow des entreprises reste limité face à des dettes qui arrivent à maturité en 2018. Elles sont largement supérieures à celles de l’année précédente (115,8 milliards, +172 %), ce qui pourrait indiquer davantage de défaillances en 2018. Les perspectives d’investissement dans le pétrole de schiste seront, limitées, par le besoin de financement des entreprises.

En Europe de l’Ouest, les résultats financiers des principales compagnies se sont améliorés, après une année 2016 morose. Le segment d’exploration et de production a bénéficié de prix du Brent plus élevés. La légère amélioration de la situation financière des entreprises contribue à améliorer les perspectives des parapétrolières européennes en 2018, qui dépendent de l’investissement. Selon la banque JPMorgan Chase & Co., le profit moyen sectoriel a augmenté de 9 % en 2017 en Europe, contre 6 % en Amérique du Nord.

La production chinoise continuerait de décroître en 2018 de 2,6 %, après avoir déjà diminué en 2016 et 2017. Ceci s’explique par une orientation industrielle du gouvernement en faveur du gaz naturel. Le gouvernement souhaite en effet se désengager progressivement en conduisant des privatisations des entreprises du secteur.

En Amérique latine, le retour de la croissance au Brésil, la production du gisement offshore Lula et les investissements à Libra ont amélioré les perspectives du secteur en 2017.

 

Dernière mise à jour : janvier 2018

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