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Biélorussie

Biélorussie

Population 9,5 millions
PIB par habitant 5727 $US
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

 

  2016 2017 2018 2019 (p)
Croissance PIB (%) -2,5 2,4 3,3 1,8
Inflation (moyenne annuelle, %) 11,8 6,0 5,0 6,0
Solde public / PIB (%) -1,7 -0,3 -1,3 -3,9
Solde courant / PIB (%) -3,5 -1,7 -2,5 -4,0
Dette publique * / PIB (%) 53,5 53,4 51,7 54,1

 

(e) : Estimation. (p) : Prévision. * Garantie des dettes des entreprises publiques incluses.

POINTS FORTS

  • Situation stratégique entre la Russie et l’Union Européenne et réseau de transports bien développé
  • Main d’œuvre relativement bien formée et qualifiée
  • Secteur industriel important
  • Faibles inégalités et pauvreté rare

POINTS FAIBLES

  • Forte dépendance énergétique, économique et financière à l’égard de la Russie
  • Sensibilité au niveau des prix du pétrole et de ses dérivés
  • Omniprésence de l’Etat dans l’économie (56% de la valeur ajoutée, 70% du PIB), contrôle des changes
  • Gouvernance médiocre (corruption élevée, système juridique peu protecteur)
  • Diminution de la population active
  • Enclavement géographique entre OTAN et Russie

Appréciation du risque

Une croissance ralentie par des exportations en berne

Après un pic en 2018, la croissance devrait nettement ralentir en 2019, grevée par une contraction de la demande de ses principaux partenaires. En effet, les exportations (63 % du PIB) vers la Russie, la zone euro et le Royaume-Uni sont en forte baisse, principalement dans les secteurs des hydrocarbures, de la pétrochimie, des produits agricoles, et des biens d’équipement (machines agricoles, camions). Les exportations ont également été affectées par l’arrêt de l’approvisionnement en pétrole russe via le pipeline de Druzhba, après la pollution par un solvant de nettoyage des puits qui s’est déclarée en avril 2019 et a duré plusieurs mois. De plus, la formation de capital fixe devrait être moins dynamique en 2019. Cependant, la consommation des ménages (55 % du PIB) résiste grâce à une croissance soutenue des rémunérations qui sera supérieure au rythme de l’inflation, elle-même en légère hausse comparée à 2018 à cause de mauvaises récoltes.

 

Des comptes extérieurs influencés par la Russie

Après le refus biélorusse de reconnaître l’annexion de la Crimée et d’accepter une base militaire, la Russie a utilisé le prétexte de la mise en place de l’Union économique eurasienne en 2015 pour relever le prix du gaz, puis réduire ses livraisons de pétrole. Un accord est intervenu début 2017, mettant fin à une brouille coûteuse pour l’économie biélorusse. La Russie a accordé une augmentation des livraisons de pétrole autorisé à la réexportation, un refinancement des arriérés gaziers et octroyé de nouveaux prêts. Dans la foulée, le pays a pu émettre des euro bonds permettant, à la fois, de renflouer un peu ses réserves (2 mois d’importations et 70 % de la dette à court terme en 2019) et de consolider le service de sa dette extérieure, qui représente 69 % du PIB. Cette dette résulte d’un déficit courant récurrent, surtout lié au paiement des intérêts de la dette. Le déficit des échanges de biens (5,9 % du PIB en 2018) est compensé par l’excédent des services liés à l’activité de transit de marchandises et de gaz depuis la Russie et l’Asie vers l’Europe occidentale. Le déficit courant est financé par les investissements étrangers directs et de portefeuille. Ce déficit est susceptible de se creuser en raison de l’augmentation des intérêts de la dette, mais aussi avec le changement de mode de taxation des hydrocarbures par la Russie à compter de 2019. D’ici 2023, les droits de douane sur les exportations d’hydrocarbures auront disparu, compensés par la hausse concomitante de la taxe perçue au niveau de l’extraction. Les importations de produits pétroliers russes par la Biélorussie étant exonérées de ces droits de douane, la bascule pourrait se révéler coûteuse pour le pays. Faute d’aménagements (en négociation), le coût s’élèverait à USD 300 millions (0,5 % du PIB), rien que pour 2019. D’un autre côté, l’achèvement prochain de la centrale nucléaire d’Astraviets par Rosatom, dont un des deux réacteurs entrera en service fin 2019, devrait s’accompagner d’une baisse des importations de gaz et de biens d’équipement. Le rouble biélorusse, qui fait l’objet d’un flottement accompagné avec référence à un panier de devises (le rouble, le dollar des États-Unis et l’euro), n’est pas à l’abri d’un accès de faiblesse, notamment en lien avec le rouble russe.

 

Un secteur public massif et peu efficace

La dette publique n’a cessé de s’alourdir pour représenter aujourd’hui plus de la moitié du PIB. 90 % du total est libellé en devises. Les garanties fournies par l’État central ou ses échelons locaux aux entreprises publiques (à l’origine d’un tiers du PIB) et aux banques publiques (66 % des actifs bancaires) représentent à elles seules 9 % du PIB. Par ailleurs, le secteur agricole (7 % du PIB) est presque totalement contrôlé par l’État. Le secteur public doit s’accommoder d’un manque d’efficacité et d’instructions de l’État loin d’être toujours pertinentes. L’assainissement du secteur public sera laborieux du fait des contraintes budgétaires, d’autant que l’État n’a pas renoncé à l’influencer, notamment en dirigeant le crédit. Les projets de privatisation et de réorganisation, potentiellement coûteux en termes d’emploi et de popularité, ont été remisés, éloignant la conclusion d’un programme financier avec le FMI. Enfin, le déficit public risque de s’accroître avec la diminution des taxes à l’exportation de produits pétroliers raffinés et dérivés, les marges étant réduites à cause de l’augmentation du prix du pétrole brut vendu par la Russie.

 

Un président maintenant l’équilibre entre la Russie et l’Occident

Le président Alexandr Lukashenko, au pouvoir depuis 1994, a été réélu pour la 5e fois en 2015. La prochaine élection est prévue en 2020, tandis que les élections parlementaires auront lieu en novembre 2019. L’opposition politique est anémique. Par contre, le climat social, détérioré par la crise économique de 2015/16, pourrait de nouveau se tendre, si un accord n’était pas trouvé pour atténuer l’impact négatif du changement du mode de taxation des hydrocarbures par la Russie. Minsk souhaite que ses entreprises les payent au même prix que les raffineries russes, ces dernières recevant des subventions des autorités russes pour compenser la hausse des taxes sur l’extraction. De son côté, Moscou veut monnayer son appui financier à une intégration renforcée entre les deux pays, et notamment un alignement de la politique étrangère de la Biélorussie sur la sienne, ce que refuse le Président Lukashenko. En outre, la détérioration des relations entre Russie et Occident peut compliquer l’équilibrisme biélorusse. L’utilisation croissante du pays par la Chine comme base productive et exportatrice dans le cadre de son initiative One Belt One Road, ainsi que le recours accru aux financements chinois, est un moyen de diversifier les partenaires.

 

Dernière mise à jour : Août 2019

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