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Biélorussie

Biélorussie

Population 9,5 millions
PIB par habitant 6 658 $US
C
Evaluation des risques pays
B
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2018 2019 2020 (e) 2021 (p)
Croissance PIB (%) 3,1 1,2 -3,0 2,2
Inflation (moyenne annuelle, %) 4,9 5,6 5,1 5,1
Solde public / PIB (%)* 1,6 0,3 -3,6 -2,2
Solde courant / PIB (%) 0,0 -1,2 -1,9 -1,3
Dette publique / PIB (%)* 47,5 41,9 51,0 48,6

(e) : Estimation (p) : Prévision *Opérations hors budget et dettes garanties des entreprises publiques incluses

POINTS FORTS

  • Situation stratégique entre la Russie et l’Union européenne et réseau de transports bien développé : tête de pont de la Route de la soie chinoise
  • Membre de l’Union économique eurasiatique
  • Main-d’œuvre relativement bien formée et qualifiée
  • Secteur industriel important (26 % du PIB)
  • Faibles inégalités et pauvreté rare

POINTS FAIBLES

  • Forte dépendance énergétique et financière à l’égard de la Russie
  • Faible diversification géographique et sectorielle des exportations
  • Sensibilité au niveau des prix des produits pétroliers (prix d’achat négocié auprès de la Russie)
  • Omniprésence du secteur public dans l’économie (56 % de la valeur ajoutée, 70 % du PIB)
  • Gouvernance médiocre (corruption élevée, système juridique peu protecteur, rigidité institutionnelle, absence de pluralisme)
  • Diminution de la population active et exode de la jeunesse la plus éduquée
  • Enclavement géographique entre OTAN et Russie

Appréciation du risque

Le trouble politique pèse sur la reprise

L’économie s’est modérément contractée en 2020, plus du fait de la dégradation de la situation politique qu’en raison de la crise du COVID-19. Le président a refusé d’imposer des mesures strictes pour lutter contre la propagation du virus. Seules des mesures de distanciation sociale ont été mises en place, ainsi que l’interdiction des vols internationaux et transports terrestres en provenance de l’étranger. Les manifestations contre le pouvoir depuis août 2020, accompagnées de grèves, ont significativement affecté l’activité. La poursuite des manifestations en 2021 pourraient retarder la reprise et continuer de peser sur les investissements (25% du PIB), notamment étrangers, en raison de l’incertitude politique. La consommation des ménages (75% du PIB), qui a été affectée par la fermeture des magasins et des perturbations sur les chaînes d’approvisionnements, n’avait pas retrouvé son niveau pré-COVID-19 au moment du démarrage du mouvement revendicatif. En 2021, elle restera confrontée à une inflation forte, mais toujours stable, l’atonie de la demande et le contrôle sur les prix des produits de base compensant l’impact de la dépréciation du rouble (25% face à l’euro en 2020) sur les prix des produits importés. En outre, salaires et crédit ne devraient que faiblement progresser. La production manufacturière (20% du PIB), est affectée par la faiblesse de la demande domestique, ainsi que par la reprise hésitante de la demande extérieure, tant en Russie qu’en Europe occidentale. Viennent s’ajouter les mouvements sporadiques de grève. Enfin, d’ici 2023, les droits de douane sur les exportations russes d’hydrocarbures auront disparu, compensés par la hausse de la taxe perçue au niveau de leur extraction. Les importations de pétrole russe par la Biélorussie, destinées à la réexportation après raffinage, étant largement exonérées de ces droits de douane, la bascule se révèle coûteuse. La perte associée de recettes publiques devrait affecter négativement les investissements publics.

 

Des comptes publics et extérieurs influencés par la Russie

L’évolution de la fiscalité russe sur la réexportation de produits pétroliers depuis 2019, ainsi que la baisse des recettes fiscales associée à la baisse du prix du pétrole, creusent le déficit et alourdissent la dette publique. Celle-ci est à 90% libellée en devises étrangères (fin 2020). Sa part extérieure (65% du PIB), répartie également entre État et entreprises, est détenue à 70% par la Chine et la Russie. Les garanties fournies aux entreprises publiques (31 % du PIB et 28 % de l’emploi) et aux banques publiques (65% des actifs bancaires) par l’État central ou ses échelons locaux représentent environ 9% du PIB. Le secteur public commercial (finance, énergie, potasse, machines, mécanique, agriculture) doit s’accommoder d’un manque d’efficacité et des instructions de l’État loin d’être toujours pertinentes, mais bénéficie du crédit dirigé. Les projets de privatisation et de réorganisation, ont été remisés, éloignant la conclusion d’un programme financier avec le FMI.

Le solde des échanges de marchandises restera négatif. États baltes et Pologne refusent d’acheter du courant produit par la centrale nucléaire d’Astraviets, mise en fonction en novembre 2020. Cependant, le démarrage de la centrale s’accompagnera d’une baisse des importations de gaz. Ce déficit est compensé par l’excédent des services liés à l’activité de transit de marchandises et de gaz entre la Russie et l’Europe occidentale, qui se sont maintenus malgré la conjoncture économique européenne dégradée. Des accords sur les conditions financières de l'approvisionnement en gaz russe et de son transport à travers le pays à partir du 1er janvier 2021 ont été conclu en décembre 2020. De fait, le déficit courant résultera de celui des revenus, lié au paiement d’intérêts accrus sur la dette et à la diminution de la ristourne sur les droits de douane sur le pétrole russe. Même réduits, les investissements directs étrangers le financeront. Les réserves de change ont fondu en raison des opérations de la Banque Centrale pour limiter la dépréciation de sa monnaie (25% face à l’euro en 2020) et couvrent moins de 2 mois d’importations en novembre 2020.

 

Une autocratie en difficulté

La réélection, avec 80% des voix, du président Alexandre Lukachenko pour la 6e fois en août 2020 a provoqué d’importantes manifestations dans le pays. La campagne a été qualifiée de non libre et injuste par les observateurs et le scrutin entaché de fraudes massives. Selon eux, Svetlana Tikhanovskaïa, candidate d’opposition validée par le pouvoir, ayant pris le relais d’opposants empêchés de se présenter à l’élection, aurait dû l’emporter largement. Après l’élection, où elle a obtenu 10% des voix, elle a fui en Lituanie et est devenue une figure de proue de l’opposition. La population qui est confrontée à des difficultés économiques croissantes, voit se développer une classe moyenne sensible à la démocratie. De surcroît, la gestion du COVID-19, minimisé par le gouvernement, nourrit le mécontentement. Les manifestants réclament la tenue de nouvelles élections, la fin de la répression, et la libération des prisonniers politiques. Le Conseil de l’Union Européenne a imposé des sanctions (interdiction de pénétrer sur le territoire de l’UE et gel des avoirs) à l’encontre de 40 individus considérés comme responsable d’actes de répression et d’intimidation lors des manifestations. Alexandre Lukachenko, lors d’une rencontre en septembre 2020 avec le président russe, a obtenu un prêt de USD 1,5 milliard et proposé une modification de la constitution, suivie de son départ, solution soutenue par la Russie, mais qui reste floue. La Russie souhaite, à la fois, éviter une transition désordonnée, s’assurer que le successeur sera favorable à ses intérêts, et, dans l’intervalle, obtenir des concessions de la Biélorussie sur un rapprochement des deux pays en contrôlant la manne financière.

 

Dernière mise à jour : Février 2021

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