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Biélorussie

Biélorussie

Population 9,5 millions
PIB par habitant 6283 $US
C
Evaluation des risques pays
B
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

 

  2017 2018 2019 (e) 2020 (p)
Croissance PIB (%) 2,5 3,0 1,3 1,4
Inflation (moyenne annuelle, %) 6,0 5,6 5,8 5,5
Solde public * / PIB (%) -0,3 -1,3 -3,0 -2,0
Solde courant / PIB (%) -1,7 -0,1 -2,3 -3,0
Dette publique * / PIB (%) 53,4 48,7 55,0 58,0

 

(e) : Estimation. (p) : Prévision. * Garantie des dettes des entreprises publiques incluses.

POINTS FORTS

  • Situation stratégique entre la Russie et l’Union européenne et réseau de transports bien développé : tête de pont de la Route de la soie chinoise
  • Membre de l’Union économique eurasiatique
  • Main-d’œuvre relativement bien formée et qualifiée
  • Secteur industriel important (26 % du PIB)
  • Faibles inégalités et pauvreté rare

POINTS FAIBLES

  • Forte dépendance énergétique et financière à l’égard de la Russie
  • Faible diversification géographique et sectorielle des exportations
  • Sensibilité au niveau des prix des produits pétroliers (prix d’achat négocié auprès de la Russie)
  • Omniprésence du secteur public dans l’économie (56 % de la valeur ajoutée, 70 % du PIB)
  • Gouvernance médiocre (corruption élevée, système juridique peu protecteur, rigidité institutionnelle, absence de pluralisme)
  • Diminution de la population active
  • Enclavement géographique entre OTAN et Russie

Appréciation du risque

Une croissance faible et sous influence

Après le pic de 2018, la croissance est retombée à un faible niveau, sous son potentiel estimé à 2 %. En 2020, la consommation des ménages (53 % du PIB) devrait être l’élément le plus vaillant. Cependant, si la hausse des salaires et pensions devrait se poursuivre, dans la perspective de l’élection présidentielle en août 2020, elle sera partiellement compensée par l’inflation alimentée par la hausse des prix alimentaires, ainsi que par celle des prix des services, même réglementés, conséquence de l’augmentation des salaires. Si le crédit progresse à la faveur de la baisse du taux directeur (à 9,5 % à octobre 2019) permise par la stabilisation de l’inflation, le taux réel reste élevé. De plus, l’efficacité de la politique monétaire sur les prix est limitée par la forte dollarisation de la masse monétaire (> 50 %), la part encore élevée du crédit dirigé (28 %) et celle encore limitée du crédit dans l’économie (61 % du PIB). L’investissement (26 % du PIB) progresserait peu, la partie domestique (très largement le fait du secteur public) en raison des contraintes budgétaires, la partie étrangère, pour cause d’incertitude sur l’évolution de la relation du pays avec la Russie. La demande extérieure pour les produits chimiques (engrais potassés, plastique), pétroliers, agroalimentaires (produits laitiers, viande bovine), agricoles (bétail et céréales), sidérurgiques, ainsi que les camions et les engins de chantier restera négativement impactée par la petite forme de l’économie russe et du reste de l’Europe. Sans compter l’éventualité de nouveaux embargos russes intempestifs, comme ceux intervenus sur les pommes, la viande et les produits laitiers en 2019. La perspective de croissance pourrait s’assombrir au cas où l’impact du changement du mode d’imposition russe de la production d’hydrocarbures n’était pas compensé. D’ici 2023, les droits de douane sur les exportations russes d’hydrocarbures auront disparu, compensés par la hausse de la taxe perçue au niveau de l’extraction. Les importations de pétrole russe par la Biélorussie étant largement exonérées de ces droits de douane, la bascule se révèle coûteuse. Faute d’aménagement (en négociation), la croissance serait diminuée. Au total, l’agriculture et le commerce de détail seraient les secteurs les mieux orientés, mais ils ne constituent, respectivement, que 7 et 12 % de l’économie.

 

Des comptes publics lestés d’un secteur public massif et peu efficace

La période électorale rend difficile la maîtrise des dépenses. Ajoutée à l’impact de l’évolution fiscale russe sur le produit de la réexportation de produits pétroliers, cela pourrait creuser le déficit et alourdir la dette, dont la part en devises représente 97 %. Les garanties fournies aux entreprises publiques (à l’origine de 31 % du PIB et de 28 % de l’emploi) et aux banques publiques (66 % des actifs bancaires) par l’État central ou ses échelons locaux représentent à elles seules 10 % du PIB. Le secteur public commercial doit s’accommoder d’un manque d’efficacité et des instructions de l’État loin d’être toujours pertinentes. L’assainissement du secteur public sera laborieux du fait des contraintes budgétaires, d’autant que l’État n’a pas renoncé à l’influencer, notamment en dirigeant le crédit. Les projets de privatisation et de réorganisation, potentiellement coûteux en termes d’emploi et de popularité, ont été remisés, au moins le temps des élections, éloignant la conclusion d’un programme financier avec le FMI.

 

Des comptes extérieurs fragiles et influencés par la Russie

Le solde des échanges de marchandises restera négatif. États baltes et Pologne refusent d’acheter du courant produit par la centrale nucléaire d’Astraviets. Mais, de l’autre côté, le démarrage de la centrale s’accompagnera d’une baisse des importations de gaz. Ce déficit sera compensé par l’excédent des services liés à l’activité de transit de marchandises et de gaz entre la Russie et l’Europe occidentale. De fait, le déficit courant résultera du déficit des revenus lié au paiement des intérêts de la dette. Même réduits, les investissements directs étrangers le financeront. L’amortissement de la dette extérieure (65 % du PIB), répartie à peu près également entre État et entreprises, sera suspendu à un refinancement russe, principale créancière en dépit d’un récent emprunt de 500 millions USD auprès de la Chine. Les réserves de change ne couvrent que deux mois d’importations, trois avec l’or. Le besoin de financement extérieur représentant 26 % du PIB est sensible à l’évolution du change. Le rouble biélorusse, qui fait l’objet d’un flottement accompagné avec référence à un panier de devises (rouble, USD et euro), n’est pas à l’abri d’un accès de faiblesse, notamment en lien avec le rouble russe. Enfin, l’absence d’accord avec la Russie verrait le solde courant se creuser, de 2 % en 2020 à 4 % en 2023.

 

Un président maintenant l’équilibre entre la Russie et l’Occident

Le président Alexandr Lukashenko (65 ans), au pouvoir depuis 1994, réélu pour la 5e fois en 2015, devrait se représenter en août 2020. Lors des élections législatives de novembre 2019, les candidats le soutenant ont remporté la totalité des sièges face à une opposition politique éclatée et évanescente. Le président doit ménager la Russie, tout en développant les relations avec les autres pays pour sortir de sa dépendance à la première. Il lui faut obtenir, à la fois, une compensation pour atténuer l’impact négatif du changement du mode de taxation des hydrocarbures par la Russie, un refinancement de la lourde dette contractée auprès de la Russie, une ristourne sur le prix du gaz, ainsi qu’un prix favorable pour le transit des hydrocarbures. L’utilisation du pays par la Chine comme base productive et exportatrice dans le cadre de son initiative One Belt One Road, ainsi que le recours aux financements chinois, diversifient les partenaires.

 

Dernière mise à jour : Février 2020

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