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Burundi

Burundi

Population 10,9 millions
PIB par habitant 312 $US
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Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2016 2017 2018 (e) 2019 (p)
Croissance PIB (%) -0,6 0,5 1,0 1,2
Inflation (moyenne annuelle, %) 5,5 16,1 10,3 11,4
Solde public * / PIB (%) -6,9 -4,5 -3,8 -4,4
Solde courant / PIB (%) -11,5 -11,3 -10,1 -8,6
Dette publique / PIB (%) 48,4 51,7 58,4 63,5

(e) : Estimation. (p) : Prévision. * Dons inclus.

POINTS FORTS

  • Richesses naturelles (café, thé, or)
  • Membre de la Communauté de l’Afrique de l’Est (CAE)
  • 2e réserve mondiale de nickel : 6 % du total

POINTS FAIBLES

  • Enracinement de la crise politique débutée en 2015
  • Réduction de l’aide internationale à la suite de la crise politique
  • Tensions frontalières avec le Rwanda
  • Économie peu diversifiée et vulnérable aux chocs externes
  • Enclavement géographique
  • Activité bridée par le manque d’infrastructures et d’accès à l’électricité
  • Diminution de la population active avec la fuite d’une partie de la population à cause de la crise politique

Appréciation du risque

Croissance fragile et peu diversifiée

Malgré la persistance de la crise politique, qui a gagné la sphère sociale, le pays devrait connaître, en 2019, son taux de croissance le plus élevé depuis 2014, l’année précédant le début des difficultés. Avec des conditions météorologiques favorables, la hausse des rendements agricoles permettra l’expansion du secteur primaire. La population, largement dépendante (90 % des emplois) de l’agriculture (30 % du PIB), bénéficiera, alors, de la hausse consécutive des revenus, engendrant une contribution positive, bien qu’atténuée par la forte inflation, de la consommation privée (83 % du PIB) à la croissance. Les exportations de thé et de café, principaux débouchés de l’agriculture, devraient profiter de la hausse de la production pour croître, mais de manière moins rapide qu’en 2018, conséquence de la baisse des cours mondiaux. L’inflation des prix des produits importés, principalement manufacturiers et du pétrole, alourdira la facture, ce qui pourrait engendrer une contribution négative des échanges à la croissance. La volonté du gouvernement de mieux exploiter son potentiel minier, notamment en nickel, l’a encouragé à prendre des mesures positives (octroi de licences d’exploitation) en faveur de l’investissement privé pour pallier l’insuffisance de l’investissement public dû au manque de moyens. Les effets positifs observés en 2018 devraient continuer à se faire sentir, malgré leur amplitude plus faible, avec une croissance de 5,3 % de l’investissement en 2019 (contre 11,7 % en 2018), d’après la Banque Mondiale. Cependant, l’instabilité politique continuera de constituer un motif d’inquiétude pour les investisseurs et la forte croissance de l’investissement sur la période 2018/19 résulte en grande partie d’une correction après deux années de chute drastique, consécutive à la naissance de la crise politique (2015).

Larges déficits public et courant malgré des efforts

D’après la loi de finances votée par le Parlement en juin 2018, le déficit budgétaire devrait diminuer sur la période 2018/19 par rapport à 2017. La hausse des dépenses, notamment courantes, mais aussi de capital, dans une bien plus faible mesure, devrait être moins importante que celle des recettes, plus particulièrement fiscales. Le pays n’ayant pas accès au marché des capitaux internationaux, le gouvernement fera appel au marché domestique pour se financer en émettant des bons du trésor et des obligations (plus de 80 % du total), ainsi qu’à la banque centrale, nourrissant l’inflation. La dette publique, en 2018, était composée à 70 % de dette domestique, dont 40 % de celle-ci auprès de la banque centrale et le reste auprès de banques commerciales, et pour 30 % de dette extérieure, dont 77 % contractée auprès des partenaires multilatéraux.

La réduction du déficit courant devrait se poursuivre en 2019, et ce, malgré la diminution des transferts des expatriés et de l’aide internationale. Structurellement déficitaire du fait des larges importations de produits manufacturiers (60 % du total) et de pétrole (20 %), la dégradation de la balance commerciale, causée par la dépréciation de la monnaie et son impact sur les prix des produits importés, sera contenue par la légère hausse des exportations de produits miniers et agricoles. Le faible niveau des aides extérieures sera insuffisant pour financer le déficit courant. Le développement des IDE, grâce au soutien du gouvernement, devrait, lui aussi, participer au financement et réduire l’utilisation des réserves de change (1,5 mois d’importations) de la banque centrale qui continueront, malgré tout, de baisser, accentuant la dépréciation du franc burundais et le manque de liquidité dans l’économie.

Évanouissement des espoirs de résolution de la crise politique et diplomatique

L’annonce par le président Pierre Nkurunziza de son renoncement à se présenter à un troisième mandat en 2020, non autorisé par la Constitution, n’a pas permis d’apaiser les tensions nées de son annonce de candidature en 2015. L’ONU, qui avait demandé la tenue de négociations entre le pouvoir et l’opposition, afin de pouvoir organiser les élections de 2020 de manière transparente, a vu sa Mission pour les Droits de l’Homme se faire renvoyer du pays, sur demande gouvernementale, à la fin de l’année 2018. Cela devrait encore compliquer les relations du pays avec la Communauté internationale, qui a déjà fait part de ses inquiétudes concernant le sort réservé aux opposants politiques. La Cour pénale internationale (CPI), dont le pays s’est retiré en 2017, enquête sur l’existence de crimes contre l’humanité, notamment de meurtres et de torture, et certains médias ont dénoncé la présence de camps de torture destinés aux opposants au régime. Le pays a aussi refusé la demande de l’Union africaine de dépêcher sur place des observateurs des Droits de l’Homme et des experts militaires. Les négociations orchestrées par la Communauté de l’Afrique de l’Est (CAE) se sont soldées par un échec après le refus du président Nkurunziza de participer au sommet d’Arusha, prétextant un problème de calendrier. Depuis avril 2015 et le début de la crise, ce sont ainsi près d’un demi-million de Burundais qui ont fui les violences et le marasme économique dans lequel s’enfonce le Burundi. La crise politique a annihilé les efforts réalisés pour améliorer l’environnement des affaires (168e au Doing Business 2019) et la gouvernance, qui demeure parmi la plus faible au monde d’après les indicateurs de la Banque Mondiale, en particulier sur la stabilité politique (201e) et sur l’État de droit (194e).

 

Dernière mise à jour : Février 2019

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