Mali

Afrique

PIB / Habitant ($)
847,5 $
Population (en %année%)
22,6 Millions

Evaluation

Risque Pays
D
Climat des affaires
D
Précédemment :
D
Précédemment :
D

suggestions

Résumé

Points forts

  • Importantes ressources naturelles agricoles (coton) et minières (or, bauxite, fer)
  • Assistance internationale
  • Remises des expatriés (5,7% du PIB en 2022)
  • Membre de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA)

Points faibles

  • Économie vulnérable aux aléas climatiques et aux fluctuations des cours des matières premières
  • Pauvreté répandue
  • Enclavement géographique
  • Situation sécuritaire dégradée par la présence de groupes djihadistes sur une grande partie du territoire
  • Dépendance à l’aide internationale
  • Environnement des affaires mauvais (instabilité politique, insécurité)
  • Manque de transparence de l’industrie aurifère

Echanges commerciaux

Export des biens en % du total

Afrique du Sud
35%
Suisse
25%
Côte d'Ivoire
10%
Australie
8%
Bangladesh
5%

Import des biens en % du total

Sénégal 45 %
45%
Chine 13 %
13%
Europe 12 %
12%
Côte d'Ivoire 7 %
7%
Bénin 3 %
3%

Perspectives

Cette rubrique est un véritable outil pour le directeur financier ou le credit manager dans l'entreprise. Elle informe sur les moyens de paiement à utiliser et sur la façon de mener des actions de recouvrement.

Un regain de la croissance en 2023

La croissance de l’économie malienne a ralenti en 2022 du fait des sanctions imposées par la CEDEAO et l’UEMOA entre le 9 janvier et le 3 juillet 2022. L’économie malienne a été confrontée, notamment, à un embargo sur les échanges avec les autres pays de la CEDEAO pour tous les produits autres que ceux de première nécessité. En sachant que les importations maliennes proviennent à environ 42% des pays ouest-africains. Les perspectives pour 2023 sont néanmoins favorables, avec une croissance estimée à 5 %. Cette relance de l’activité économique est due à la levée des sanctions, mais aussi à l’intensification de la mobilisation des ressources intérieures, notamment via un plan visant à promouvoir l’électrification du pays, mais aussi l’investissement agricole, avec le soutien de l’état, des exploitants agricoles et des partenaires financiers étrangers. Ce second volet représente 17 % des dépenses budgétaires prévues par le gouvernement en 2023, Ceci permettrait au Mali de conserver sa place de numéro 1 de producteur de coton en Afrique avec une augmentation de production de 25,5 %, mais aussi une croissance de 5,5 % pour celle de céréales. Par ailleurs, la production d’or croîtrait de 5,6%, avec des cours mondiaux élevés. Cependant, même si l’inflation devrait se tasser en lien avec les cours internationaux et le resserrement des conditions monétaires par la Banque centrale des États de l'Afrique de l'Ouest, dans le sillage de la banque centrale européenne, les prix encore élevés de l’énergie risquent de constituer un frein à la croissance, d’autant plus que cela se répercute sur ceux des engrais et du transport très importants pour le secteur agricole.

L’assainissement budgétaire, une priorité de l’état malien

Le Mali affiche en 2022 un déficit budgétaire légèrement supérieur à 3%, la limite imposée par l’UEOMA. Néanmoins, l’absence de dérive budgétaire, malgré la crise Covid et les tensions inflationnistes témoigne d’une politique budgétaire prudente. En effet, pour l’année 2023, le gouvernement malien anticipe et se fixe comme objectif une réduction du déficit budgétaire, essentiellement grâce aux réformes fiscales et à la rationalisation des dépenses. Cet assainissement budgétaire est une condition nécessaire au renouvellement de la Facilité élargie de crédit du FMI venue à échéance en août 2022. La dette publique, résultant principalement des investissements en infrastructures et aux plans de développement agricole, devrait se stabiliser, mais restera élevée. Il est possible que la dette intérieure puisse dépasser la dette extérieure, ce qui pourrait générer un effet d’éviction qui gênerait l’accès des entreprises domestiques au crédit. Jumelé à la forte instabilité politique et à l’incertitude sur les prix de l’énergie, l’incitation à investir et à entreprendre sera émoussée.

Le déficit courant est susceptible de se réduire légèrement en ligne avec celui de la balance commerciale. La politique économique moins accommodante incitera les ménages à modérer leur consommation, donc les importations, tandis que les prix de l’énergie pourraient se tasser. De plus, l’augmentation des revenus liés aux ventes d’or et de coton jouera aussi favorablement. Le solde des revenus primaires restera déficitaire en raison des rapatriements, sans doute accrus, des bénéfices des entreprises extractives étrangères, contrairement au solde de revenus secondaires qui demeurera positif grâce à la coopération internationale et aux remises des expatriés qui représentaient 5,7 % du PIB en 2022.

L’instabilité politique et l’insécurité, comme une épée de Damoclès

L’instabilité politique intérieure et l’insécurité, tant dans le pays qu’au niveau régional, constituent, à la fois, une menace et un frein pour l’économie. L’activité économique sera fortement conditionnée par la tenue des élections dans un délai de 2 ans à compter du 26 mars 2022, comme s’y est engagé le chef de la junte militaire, le colonel Assimi Goïta, car, faute de quoi, on peut s’attendre à de nouvelles sanctions de la CEDEAO et un non renouvellement par le FMI de la Facilité élargie du crédit. Ceci devrait inciter la junte à calmer les tensions au sein du pays. Par ailleurs, un projet de nouvelle constitution devrait être soumis à référendum en mars 2023. La nouvelle constitution devrait octroyer davantage de prérogatives au président. La junte a également adopté une loi électorale qui permet aux militaires de se présenter aux élections à condition d’avoir présenté leurs démission 4 mois avant.

La menace terroriste islamiste reste prégnante et justifie, pour les autorités, le gouvernement militaire de transition. Le traitement choisi par ce dernier affecte les relations entretenues avec les quatre pays restant du G5 Sahel, suite au retrait du Mali, mais aussi avec les autres partenaires internationaux. Ainsi, la relation avec la mission locale de l’ONU, la MINUSMA, est tumultueuse. Il faut ajouter la fin de l’opération militaire française Barkhane avec en arrière-plan l’arrivée de combattants de la société militaire privée russe Wagner.

Dernière mise à jour :avril 2023

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