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Moldavie (République de)

Moldavie (République de)

Population 2,7 millions
PIB par habitant 4 458 $US
C
Evaluation des risques pays
B
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2018 2019 2020 (e) 2021 (p)
Croissance PIB (%) 4,0 3,6 -4,5 4,0
Inflation (moyenne annuelle, %) 3,1 4,8 2,8 2,3
Solde public / PIB (%)* -0,8 -1,4 -8,0 -4,3
Solde courant / PIB (%) -10,7 -8,9 -8,3 -10,5
Dette publique / PIB (%) 31,6 28,4 37,8 39,0

(e) : Estimation (p) : Prévision *Dons inclus

POINTS FORTS

  • Potentiel agricole (vin, fruits, légumes, tournesol, blé)
  • Accords d’association et de libre-échange avec l’UE (2014)
  • Soutien financier international
  • Main d’œuvre relativement peu coûteuse
  • Flexibilité accompagnée de la monnaie

POINTS FAIBLES

  • Pays le plus pauvre d’Europe, forte émigration (1 million d’émigrés sur 3,4 millions d’habitants)
  • Importance du secteur informel, faible productivité
  • Corruption, faible gouvernance, système oligarchique et clientélisme
  • Crédit peu développé (20 % du PIB en 2020)
  • Dépendance à l’égard des transferts des travailleurs expatriés
  • Volontés sécessionnistes en Transnistrie

Appréciation du risque

Retour de la croissance attendu en 2021

En 2020, la crise économique et sanitaire a frappé l’économie moldave alors que sa croissance était déjà en décélération. Touchée par la baisse de la consommation et la chute des exportations, la Moldavie devrait toutefois retrouver le chemin de la croissance en 2021. En effet, en temps normal, la consommation privée, qui représente plus de 80% du PIB, est un moteur de croissance pour le pays. Sa chute en 2020 s’explique notamment par les mesures sanitaires mises en œuvre (fermeture des magasins et restaurants jusqu’en juin) ainsi que les pertes de revenus des ménages (hausse du chômage et chute des envois de fonds au premier semestre qui représentent la moitié du revenu disponible de 15% des ménages). Ces effets ont cependant été en partie compensés par le plan de soutien de l’État prévoyant une baisse des impôts ainsi qu’une hausse des allocations sociales. En 2021, l’allégement des mesures sanitaires et le retour à la hausse des envois de fonds permettront à la consommation de croître. En outre, après un effondrement en 2020, l’investissement devrait rebondir en 2021. Certains grands projets ont toutefois pu être maintenus en 2020. C’est notamment le cas de l’inauguration du gazoduc Ungheni-Chisinau de 120km qui reliera le réseau gazier moldave à l’UE via la Roumanie et permettra au pays de diversifier ses voies d’approvisionnement et ainsi accroître sa sécurité énergétique.

Par ailleurs, le pays est fortement tributaire de l’agriculture (12% du PIB et 30% de la main d’œuvre), secteur qui a réussi à maintenir une croissance modérée en 2020. Le secteur agricole ainsi que le secteur agroalimentaire soutiendront les échanges extérieurs (35% des exportations).

 

Déficits jumeaux élevés

En avril 2020, le gouvernement a annoncé un plan de relance de 2% du PIB visant notamment à baisser la TVA sur certains services (restauration, hôtellerie) et aider les entreprises et ménages en difficulté. La mise en œuvre de ce plan, couplée à une baisse des recettes, a accru le déficit public. En conséquence, le pays a vu sa dette publique (à 70% extérieure) augmenter. En 2021, la diminution des dépenses permettra une réduction du déficit sans pour autant réduire l’endettement du pays.

Le déficit courant s’est légèrement amoindri en 2020 grâce à une amélioration du profond déficit de la balance des biens (environ 30% du PIB) due à une baisse de la demande intérieure. La diminution des exportations (dont la moitié sont des exportations agricoles et de biens d’équipement) a en effet été compensée par une plus forte chute des importations (machines et minerais notamment). La forte baisse des envois de fonds du premier semestre a eu un effet limité sur l’année grâce à leur reprise à partir du mois de juin. En 2021, le déficit se creusera suite à la reprise de la demande intérieure qui alimentera le déficit commercial. Les besoins de financement du déficit sont assurés par l’aide internationale, dont notamment un financement de 235 millions de dollars du FMI (environ 2% du PIB), un prêt russe de 217 millions de dollars ainsi qu’une aide de l’UE de 109 millions de dollars. Enfin, les réserves détenues par la Banque centrale (plus de 6 mois d’importations en septembre 2020) sont confortables et le taux de change est resté relativement stable malgré la crise.

 

Instabilité politique mais amélioration du système financier vérolé

Après plusieurs mois d’instabilité, Maia Sandu, candidate pro-européenne du Parti action et solidarité (PAS), a été élue présidente le 15 novembre 2020, battant ainsi le Président sortant Igor Dodon du parti socialiste pro-russe. Bien que sa victoire fût une surprise, elle a recueilli près de 58% des voix grâce à la forte mobilisation de la diaspora qui a voté massivement en sa faveur. Néanmoins, le résultat de l’élection témoigne davantage de l’importance accordée par l’opinion publique à la lutte contre la corruption menée par Sandu plutôt qu’à ses positions vis-à-vis de l’Europe. Le pays est en effet gangréné par ce fléau et est 120ème sur 180 au classement 2019 de l’indice de Transparency International. Cependant, le PAS et ses alliés ne disposent que de 25 sièges sur 101 au Parlement tandis que l’opposition socialiste en détient 37, ce qui freinera nécessairement les tentatives de réforme de la nouvelle Présidente.

Par ailleurs, le pays reste en proie aux velléités séparatistes. En effet, la région russophone de la Transnistrie bénéficie d’un statut d’autonomie depuis qu’elle a autoproclamé son indépendance sous le nom de la République moldave du Dniestr en 1992. Des forces russes y sont présentes, ce qui attise les conflits internes dans le pays, d’autant plus que cette région de non-droit regroupe l’essentiel de l’industrie lourde du pays ainsi que la production électrique.

Enfin, le système bancaire et financier, au cœur d’un scandale de fraude bancaire en 2014, a été amélioré. Plusieurs nouvelles réglementations appliquées depuis février 2020 ont renforcé la surveillance du secteur (interdiction faite au secteur non-bancaire d’accepter des dépôts du grand public et signalement des activités auprès de l’administration). De plus, la transparence relative à l’actionnariat des quatre premières banques a été accrue et celles-ci sont à présent majoritairement détenues par des actionnaires étrangers, parmi lesquels la BRED. Les prêts non-performants, qui représentaient encore 10% de l’encours de crédit à octobre 2019, ne comptaient plus que 8,3% du total des encours en octobre 2020.

 

Dernière mise à jour : Février 2021

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