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Nicaragua

Nicaragua

Population 6,5 millions
PIB par habitant 1 920 $US
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Evaluation des risques pays
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2018 2019 2020 (e) 2021 (p)
Croissance PIB (%) -4.0 -3.9 -4.5 0.5
Inflation (moyenne annuelle, %) 4.9 5.4 4.4 4.0
Solde public / PIB (%) -3.0 -0.5 -4.3 -3.0
Solde courant / PIB (%) -1.9 6.0 10,0 6,0
Dette publique / PIB (%)* 37.6 42.1 48.3 50.3

(e) : Estimation (p) : Prévision *Comprend uniquement le gouvernement central, ce qui inclue l’organisme de sécurité sociale

POINTS FORTS

  • Ressources minérales (or) et agricoles (café, sucre, viande)
  • Appartenance aux zones de libre-échange Amérique centrale/Etats-Unis et Amérique centrale/UE
  • Flux importants de remises des expatriés

POINTS FAIBLES

  • Vulnérabilité forte aux catastrophes naturelles
  • Insuffisances en matière de santé, d’éducation et persistance de la pauvreté
  • Insuffisance des infrastructures (énergie, transport)
  • Lacunes institutionnelles : concentration du pouvoir au sein de l’exécutif et du parti sandiniste, corruption
  • Économie fortement dollarisée

Appréciation du risque

Fin de récession, mais pas de rebond

Le Nicaragua devrait éviter une quatrième année successive de croissance négative en 2021, sans pour autant bénéficier d’un rebond de l’activité. La crise politique, toujours sans solution depuis son déclenchement au printemps 2018, les sanctions américaines imposées pour mettre fin à la répression des opposants, le faible dynamisme de la demande aux Etats-Unis et les conditions climatiques sont autant de facteurs qui pèseront sur l’activité du pays. En 2020, le Nicaragua a été l’un des rares pays au monde à ne pas imposer de mesures de confinement pour contrer la propagation de la COVID-19. La demande domestique s’en est donc trouvée moins affectée qu’ailleurs, mais la progression de la pandémie reste encore très incertaine, alors que la confiance de la population dans les informations produites par le gouvernement sur sa diffusion est faible. Cette incertitude, couplée à la crise politique, devrait empêcher une véritable reprise de la consommation des ménages qui comptait pour 72% du PIB en 2019. Néanmoins, les flux de remises d’expatriés, relativement dynamiques, soutiendront cette demande atone. L’effet de rattrapage observé sur ces flux au second semestre 2020 avec la réouverture de l’Economie aux Etats-Unis devrait s’étioler en 2021. Le chômage au sein de la population latino aux Etats-Unis, principale source de ces flux, se fait plus lentement que pour le reste de la population. La demande publique restera contrainte par un manque de financement dû aux sanctions américaines qui limitent l’accès auprès de la plupart des prêteurs multilatéraux (FMI, Banque mondiale, Banque interaméricaine de développement). De plus, les investissements resteront limités, conséquence de ces mêmes sanctions américaines et du climat d’incertitude politique. Enfin, la demande externe restera contrainte, alors que les principaux partenaires (Etats-Unis, Europe, Costa Rica) ne connaîtront qu’une reprise modérée. Du point de vue de l’offre, le secteur agricole devrait souffrir du contrecoup des deux ouragans Eta et Iota qui ont touché le pays en novembre 2020, dont le coût économique représente 6% du PIB selon les premières estimations. L’inondation des terres agricoles, mais aussi la destruction des routes, devrait limiter le volume de la production de café sur la saison 2020-2021 (sept- août), ainsi que celle de sucre. L’industrie manufacturière, notamment celle des zones franches (composants électroniques, habillement), sera affectée par la faible reprise de la consommation aux Etats-Unis, et concurrencée par la production venue d’autres pays, notamment du Vietnam pour l’habillement. La production minière sera portée par un cours élevé de l’or, dopant les résultats des principales compagnies aurifères dans le pays.

 

Des comptes publics sous le coup des sanctions mais une position extérieure confortable

Le budget 2021 prévu par le gouvernement prend acte d’un faible accès aux sources extérieures de financement, prévoyant un montant limitée de dépenses qui devraient être financées à 98.9% par les recettes fiscales, sous l’hypothèse d’une hausse de ces recettes de 6,5% par rapport à 2020. Bien que la réforme fiscale de 2019 ait permis d’augmenter de façon importante les recettes fiscales (+8% en 2019),l’absence de rebond de l’activité en 2021 devrait rendre difficile l’atteinte de cet objectif en l’absence de nouvelle réforme. Le déficit devrait donc être supérieur à celui envisagé par le gouvernement. Les besoins de financement devrait être remplis grâce à l’obtention de prêts auprès de la Banque centre-américaine d’intégration économique non concernée par les sanctions américaines (prêt de USD 300 millions obtenu en décembre 2020).Du point de vue des comptes extérieurs, le déficit de la balance des biens, bien qu’encore réduit comparativement à son niveau d’avant crise, devrait augmenter en 2021. La reprise des importations attendue, en lien avec la stabilisation de l’économie, n’effacera qu’en partie leur très forte contraction de 2020 due à la chute de la demande intérieure et à la baisse de la facture pétrolière. Les exportations ne devraient pas compenser cette reprise, affectées par les moindres volumes exportés de café, de pièces d’habillement et de sucre, malgré la hausse de celles d’or. Les remises des expatriés devraient encore largement compenser ce déficit, mais le surplus courant qui en résultera sera inférieur à celui observé en 2020. Dans ce contexte, le pays continuera de consolider ses réserves, en hausse de 30% en septembre 2020 par rapport à l’année 2019, équivalentes à 8 mois d’importations. Cela permettra de soutenir l’ancrage mobile du cordoba (dépréciation annuelle de 2% l’an par rapport au dollar).

 

Le marasme politique en année électorale

Les manifestations antigouvernementales contre la corruption et le népotisme, commencées en avril 2018, se produisent régulièrement et sont réprimées avec force par le président Daniel Ortega (FSLN) au pouvoir depuis 2007. Nonobstant, une sortie de crise est peu probable en cette année électorale. Le président Daniel Ortega devrait très probablement se présenter à nouveau aux élections de novembre ou laisser sa place à sa femme, la vice-présidente Rosario Murillo. Dans ce contexte, les relations devraient rester tendues avec la communauté internationale, alors que s’amoncellent les sanctions américaines et européennes contre les proches du régime. Les relations diplomatiques du Nicaragua avec Taiwan, qui a fourni de l’aide pour la construction d’infrastructure et la lutte contre la pandémie, jouent un rôle important, alors qu’Etats-Unis et Chine (qui a déçu dans le projet de canal transocéanique) sont en compétition dans la région.

 

Dernière mise à jour : Mars 2021

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