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Nicaragua

Nicaragua

Population 6,2 millions
PIB par habitant 2 221 $US
D
Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2016 2017 2018 (e) 2019 (p)
Croissance PIB (%) 4,7 4,9 -4,0 -2,0
Inflation (moyenne annuelle, %) 3,5 3,9 5,9 8,0
Solde public / PIB (%) -1,6 -1,6 -3,6 -4,6
Solde courant / PIB (%) -7,5 -5,0 -6,2 -6,4
Dette publique / PIB (%) * 45,0 47,0 51,0 53,0

(e) : Estimation. (p) : Prévision. * Y compris dette banque centrale et reste du secteur public financier et non-financier.

POINTS FORTS

  • Ressources minérales (or) et agricoles (café, sucre, viande)
  • Appartenance aux zones de libre-échange Amérique centrale/États-Unis et Amérique centrale/UE
  • Flux importants de remises des expatriés

POINTS FAIBLES

  • Vulnérabilité forte aux catastrophes naturelles
  • Insuffisances en matière de santé, d’éducation et persistance de la pauvreté
  • Insuffisance des infrastructures (énergie, transport)
  • Dépendance à l’aide internationale et économie fortement dollarisée
  • Lacunes institutionnelles : concentration du pouvoir au sein de l’exécutif et du parti sandiniste, corruption
  • Plus faible environnement des affaires d’Amérique centrale (132/190 d’après le classement Doing Business 2019)

Appréciation du risque

Une croissance toujours affectée par les troubles politiques

Les retombées de la crise politique en cours depuis avril 2018 devraient continuer à se faire sentir sur l’activité économique en 2019. Les secteurs du tourisme et de la construction seront les plus touchés par l’instabilité politique et la hausse de l’insécurité, avec des effets sur le long terme (jusqu’à cinq ans pour le secteur touristique d’après la chambre nationale du tourisme) liés à la baisse des investissements. Le relatif apaisement des affrontements armés en fin d’année 2018 devrait toutefois permettre un certain déblocage du trafic routier et favoriser une reprise modérée dans les secteurs de vente en gros et au détail. Les investisseurs étrangers devraient continuer de se montrer frileux, alors même que la lune de miel entre le président Daniel Ortega et les entrepreneurs locaux a pris fin en réaction à la répression violente des manifestations par le pouvoir. En outre, l’investissement privé souffrira de la contraction du crédit due à la perte de liquidité des banques affectées par la forte diminution des dépôts (-15 % en août 2018 par rapport au mois d’avril).

Bien que soutenue par l’afflux de remises des expatriés (+9,0 % au deuxième trimestre de 2018 par rapport à la même période en 2017, notamment des États-Unis), la consommation privée devrait aussi souffrir des conséquences de la crise. Le taux de chômage devrait en effet continuer d’augmenter, tandis que l’inflation sera en hausse, due principalement à l’accroissement des prix de l’énergie et des biens alimentaires. La balance commerciale devrait contribuer négativement à la croissance, la crise ayant affecté les exportations malgré le dynamisme de la demande américaine.

 

Des comptes public et courant fragilisés par la crise politique

Déclenchée par une tentative de réforme de la sécurité sociale largement contestée, la crise politique a considérablement affecté les dépenses publiques déjà fragiles. Le budget 2019 prévoit une baisse importante des recettes fiscales (-17,6 % par rapport au premier budget 2018 avant modification) liée à la contraction de l’activité. La diminution parallèle des dépenses ne sera pas suffisante pour limiter l’augmentation du déficit public. La baisse anticipée des prêts multilatéraux en conséquence des tensions entre les organisations multinationales et l’administration Ortega ne permettra pas de répondre aux besoins de financement du gouvernement. Ce dernier envisage l’émission d’obligations souveraines pour combler cet écart, mais la réussite de cette stratégie reste incertaine. En effet, les investisseurs restent frileux face à la possibilité de sanctions américaines après l’adoption du Nicaragua Human Rights and Anticorruption Act par le Sénat américain fin septembre 2018. Ce texte fait suite à une première proposition de loi votée par la Chambre des représentants en 2017 souhaitant conditionner les futurs prêts au Nicaragua (prêts multilatéraux des organisations internationales inclus) à l’organisation d’élections anticipées. Soumis aux aléas de l’agenda politique aux États-Unis, le texte a cependant de fortes chances d’être adopté au cours de l’année 2019. En conséquence, le Nicaragua pourrait se rapprocher de la Chine pour obtenir des financements.

Le solde courant sera touché par la baisse des exportations de services touristiques qui ne compenseront que très partiellement le large déficit des biens. Structurellement élevé, ce dernier devrait, toutefois, être plus faible en 2019, en raison de la forte contraction des importations résultant de la baisse de la demande domestique. Les remises des expatriés seront insuffisantes pour équilibrer la balance courante. Les sorties de capitaux, limitant les possibilités de financement extérieur, forceront la banque centrale à puiser dans ses réserves de change afin de maintenir l’ancrage du cordoba au dollar (système de change fixe au sein d’une fenêtre de fluctuation), ces dernières étant passées de 3 à 2,3 milliards USD entre avril et fin septembre 2018. Dans ce contexte une dévaluation importante n’est pas à écarter bien que la banque centrale ait à sa disposition des outils à mettre en place au préalable pour contrôler la fuite des capitaux (limites de l’achat de dollar par les banques par exemple).

 

Un risque politique en hausse face à la répression meurtrière des mouvements de contestation

Après avoir remporté un troisième mandat consécutif lors des élections présidentielles de novembre 2016, le président Daniel Ortega du parti Frente Sandinista de Liberacion Nacional (FSLN) bénéficiait jusqu’à début 2018 d’une forte popularité. Toutefois, la tentative de réforme du système de retraite, abandonnée depuis, a déclenché un vaste mouvement de contestation à la mi-avril 2018. La répression des manifestations, causant plusieurs centaines de morts et l’arrestation d’un grand nombre d’individus, a durci le conflit. Les négociations de conciliation organisées par l’Église catholique peinent à déboucher sur un véritable accord, tandis que le gouvernement continue de réprimer les manifestants qui demandent le départ du président Daniel Ortega et de la vice-présidente Rosario Murillo, sa femme. Réunis sous la bannière Unidad Nacional Azul y Blanco depuis octobre 2018 mais sans leader désigné, les groupes d’opposition peinent à s’imposer face au contrôle qu’exercent les sandinistes sur les différentes institutions. Le couple présidentiel est ainsi encore susceptible de finir son mandat jusqu’aux prochaines élections en 2021. Dans ce contexte, les tensions avec la communauté internationale sont accrues.

 

Dernière mise à jour : Février 2019

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